Cerveau & Conscience n°2 mai/jun 2015
Cerveau & Conscience n°2 mai/jun 2015
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°2 de mai/jun 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 25,4 Mo

  • Dans ce numéro : de plus en plus intelligent avec l'âge ?

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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26 DOSSIER GARDER Garder UN CERVEAU un cerveau JEUNE jeune Tout dépend du parcours de vie Si le vieillissement biologique fait depuis plusieurs décennies l’objet de recherches scientifiques visant à en identifier les causes, les conséquences et les mécanismes, l’étude approfondie de son retentissement sur la cognition, c’est-à-dire sur les fonctions mentales élémentaires et de haut niveau, est d’inspiration plus récente. Bien qu’elles se heurtent à des difficultés conceptuelles et méthodologiques, les connaissances actuelles progressent et permettent de mieux cerner les effets de l’âge sur les performances cognitives. Les évolutions constatées ne relèvent pas seulement de la pathologie ou de la 10 Science - Cerveau magazine & conscience n°28 perte homogène. Si l’intégralité des facultés intellectuelles est affectée lors du processus naturel de vieillissement, elles ne le sont pas toutes de façon équivalente. En outre, les individus ne sont pas atteints de la même manière et au même rythme, la variabilité interindividuelle allant croissant avec l’âge et étant étroitement associée à la diversité des parcours de vie. Dans une société caractérisée par une révolution de la longévité, ces observations sortent des laboratoires et soulèvent des enjeux dans la sphère professionnelle pour l’emploi des plus de 50 ans, dans la sphère de l’aide à la personne âgée pour les aidants professionnels et familiaux, et plus généralement dans une visée de promotion de la qualité de la vie et du vieillissement en bonne santé. Plutôt que de vieillissement, le biologiste parle de sénescence pour décrire « l’ensemble des phénomènes naturels non morbides, propres au sujet âgé. Il s’agit essentiellement d’altérations régressives, d’intensité variable, touchant la plupart des tissus et des organes ». Ce phénomène inéluctable est inégal d’un individu à l’autre car il est la résultante du patrimoine génétique et du parcours de vie. Tout comme la sénescence a un effet sur les facultés motrices ou sensorielles, elle affecte les capacités mentales : on parle alors de « vieillissement cognitif ». Initialement, les études se limitaient à évaluer les performances à l’aide de scores d’intelligence générale, en comparant
transversalement un groupe de personnes âgées à de jeunes adultes. Elles concluaient majoritairement à un déclin intellectuel sous l’effet des années. Avec la mise en évidence plus récente d’une pluralité de fonctions cognitives et la réalisation d’études longitudinales et séquentielles, les évaluations sont aujourd’hui plus complexes et nuancées. GARDER UN CERVEAU JEUNE Certes, avec l’avancée en âge, l’ensemble des fonctions cérébrales supérieures connaît une dégradation, qu’il s’agisse de la perception, de l’attention, de la résolution de problèmes, de la mémoire ou du langage (qui demeure la capacité la mieux préservée). Cependant, il existe une forte hétérogénéité inter- et intraindividuelle selon les capacités considérées et leurs sous-dimensions. Certaines compétences s'améliorent en vieillissant Une première distinction a été opérée entre l’intelligence fluide (fonctionnement opérationnel, adaptatif, intuitif, rapide), qui décline de manière importante, et l’intelligence cristallisée (développement de raisonnements à partir de ses expériences et connaissances), qui semble préservée. La majorité des études démontre également une importante détérioration mnésique avec l’âge, mais de façon variable selon le type de mémoire étudié. Il semble que la mémoire à court terme et la mémoire épisodique (événements personnels) soient plus affectées que la mémoire sémantique (connaissances générales) et a fortiori que la mémoire implicite (représentations perceptives) et procédurale (capacités motrices automatiques). De la même façon, les déficits de l’attention sélective (choisir l’information pertinente) et de l’attention partagée (traiter deux choses simultanément), sont plus importants que ceux de l’attention soutenue (rester concentré longtemps). Ainsi, plus la tâche est complexe, plus elle demande vitesse et flexibilité, plus la différence observée entre les groupes d’âge est importante, et ce dès la cinquantaine. Afin d’expliquer ce phénomène, deux hypothèses, mutuellement non exclusives, sont avancées : celle du ralentissement cognitif dû à une diminution de la vitesse de traitement des informations et celle du déficit des processus attentionnels inhibiteurs qui engendre une sensibilité à l’interférence. Avec du temps et dans un environnement calme, la plupart des seniors en bonne santé peuvent alors rattraper voire égaler les performances des plus jeunes aux tests cognitifs basiques. Les atteintes cognitives sous l’effet des années ne sont donc pas immuables. D’autres données positives sont issues d’expérimentations en cognition sociale, qui étudie les habilités en jeu lors des interactions sociales, à l’image de la gestion de conflits, de la prise de risque mesurée ou de la « sagesse ». Bien que les recherches en la matière demeurent rares, les résultats disponibles tendent à montrer une préservation voire une amélioration avec l’âge. Ils donnent donc consistance à DOSSIER la croyance populaire qui oppose à la fougue instinctive des plus jeunes la réflexion posée des aînés, du fait de l’expérience accumulée au fil du temps. Comme le concluent Patrick Lemaire et Delphine Gandini, « à travers les expériences de vie, […] la capacité à ne pas se laisser dominer par une émotion trop forte, à lui donner un sens dans le parcours de vie et à ne pas interférer négativement dans les relations à autrui est nettement meilleure chez les personnes âgées ». Cependant, le repli sur soi souvent constaté avec l’avancée dans le grand âge pourrait limiter l’expression de ces habilités. Moins de neurones et une transmission d'informations ralentie À une approche qui considère l’âge comme la principale cause de la sénescence cérébrale, s’oppose une « perspective développementale » où l’âge est une dimension sur laquelle s’inscrivent des variables causales, de nature biologique, environnementale, psychologique et sociale. Le vieillissement cognitif est alors appréhendé, non comme un simple déclin, mais comme une évolution adaptative qui résulte de l’interaction entre le sujet et l’environnement : c’est le modèle biopsychosocial. Comme tous les organes, le cerveau subit des modifications physiques et chimiques au fil des années, généralement à partir de la cinquantaine et à un rythme plus rapide après 70 ans. Tout d’abord, le vieillissement cérébral est caractérisé par des évolutions macroscopiques et notamment par une atrophie corticale. Entre 65 et 88 ans on observe une atrophie corticale moyenne de 5,3 cm3 par an et une dilatation des ventricules. La perte de poids du cerveau subséquente est estimée à 300 grammes en moyenne, soit 15% à 25% du total. La circulation sanguine cérébrale a tendance à diminuer, ce qui influe sur les performances cognitives en abaissant l’oxygénation de l’organe. Deuxièmement, le cerveau connaît d’importantes modifications histologiques : au fil des ans, le nombre total de neurones diminue mais différemment selon les régions. Par exemple, l’hippocampe, qui intervient dans l’apprentissage et la mémoire, voit 5% de ses neurones disparaître chaque décennie après l’âge de 50 ans. En outre, certains neurones connaissent des modifications structurales : atrophie des pro- Science Cerveau magazine & conscience n°28 - 11 27



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