Activ' Assistante n°9 mar/avr/mai 2015
Activ' Assistante n°9 mar/avr/mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de mar/avr/mai 2015

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : Groupe Réunir

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 24,2 Mo

  • Dans ce numéro : MICE & voyages d’affaires, les bons plans 2015.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ZOOM Belle histoire... 12 À l’école primaire, les enfants sont scolarisés par niveaux (maternelle, CE, CM) et les institutrices gèrent des groupes de 60 enfants et plus. Chaque bénévole de Planète Urgence prend en charge environ 15 à 20 enfants par demi-journée. « Avant de partir, nous avions été briefées sur notre mission », se souvient Valérie. « Mais c’est avec un petit nœud au ventre que nous nous sommes présentées devant nos classes », ajoute-t-elle. « Au départ, il était prévu que les enfants nous soient confiés par niveau homogène. Très vite, j’ai découvert que les connaissances des élèves de 8 à 14 ans dont j’avais la charge étaient très variées. Les enfants les plus en difficultés venaient probablement de familles 5 100 000 arbres plantés dans le cadre du programme Environnement & Développement 5 000 familles bénéficiaires du programme Environnement & Développement 113 000 kits scolaires distribués > ancrée en moi la vision d’un enfant unijambiste en où l’usage du français est peu ou pas pratiqué. Mais, pleurs. Jamais je ne pourrai l’oublier », nous confie passé ce détail, les enfants étaient tous souriants, Valérie. Puis l’heure du grand départ sonne : « Le soucieux de bien faire, appliqués et curieux de tout. trajet Antananarivo-Analalava devait durer deux jours Il m’a donc été très facile de m’adapter à eux tant ils en voiture », poursuit-elle. étaient volontaires et attentifs ». « Je dis bien "devait" car le véhicule est tombé en panne. Par chance, nous n’étions pas encore sur UN ENSEIGNEMENT À LA CARTE une piste perdue au milieu de nulle part mais sur une route nationale à proximité d’Antsohihy », précise Valérie. Le temps de récupérer la pièce défectueuse et rappeler la date du jour, pour aider les enfants à se situer « Au début de chaque demi-journée, j’ai choisi de de la remplacer, nous avons perdu 48 heures et nous dans le temps. Beaucoup habitent dans la brousse et sommes arrivées à destination lundi en fin de journée. Épuisées, mais heureuses d’être enfin à proxi- chez eux que le vendredi. Il me semblait important qu’ils arrivent à Analalava le dimanche soir pour ne repartir mité de l’école où nous étions attendues ». situent les jours qui rythment leur vie. Venaient ensuite l’alphabet et les sons puis la lecture », précise Valérie. UN PLUS UN... JUSQU’À SOIXANTE « Les trois premiers jours, je préparais ce que je voulais faire le lendemain. À partir du quatrième, j’ai alterné les séquences de travail avec des activités manuelles, pour m’occuper en tête à tête de chaque élève et le faire lire. Ce mode de fonctionnent a beaucoup plu aux enfants car je pouvais rire avec eux de leurs facéties, admirer leurs dessins ou bricolages, tout en aidant chacun à lire. Parmi les activités proposées, la création de masques, les dessins et les cocotes en papier ont été les plus appréciés. Mais, il faut l’avouer, la lecture restait leur principale motivation ». QUI APPREND À QUI ? Une fois par semaine, chaque groupe se rend à la bibliothèque. « Jamais je n’ai vu des enfants aussi
heureux ! Pour eux, les livres sont des trésors. A défaut d’Internet qu’ils ne connaissent pas encore (seuls les lycéens ont un ordinateur pour tout le lycée), les primaires s’ouvrent sur le monde grâce aux livres qu’ils dévorent des yeux. Certains connaissent même déjà le ski et la neige ! » À l’occasion d’une sortie pour visiter une rizière située à l’entrée du village, les rôles se sont inversés... « Les enfants m’ont appris une foule de choses sur la faune et la flore. C'était à mon tour d’être émerveillée. Car j’ignorais tout sur le manioc. Je n’avais jamais vu de près un bananier, ni autant de variétés de fleurs. Mais ce qui m’a le plus étonnée lors de cette promenade, ce fut de voir les enfants boire l’eau rouge de la rivière. Jamais je n’aurais osé ». UN INSTANT SOLENNEL « Le lundi 1er décembre a été un moment fort en émotions pour nous quatre », se rappelle Valérie. Ce jour-là, nous avons assisté à la levée de drapeau (qui a lieu tous les lundis). C’était à la fois impressionnant et émouvant. Tous les enfants étaient habillés de la même façon, face aux institutrices, et chacune a parlé de leur travail et de leur comportement. À l’issue de la cérémonie, tous ont chanté d’une même voix le magnifique hymne national. Nous étions très émues ». DÉJÀ LE DERNIER JOUR « Comment faire défiler quinze jours et perdre soimême la notion du temps ? Facile ! », conclut Valérie en riant. « Il suffit de passer d’un groupe à l’autre, de glisser d’activité en activité et le tour est joué. Du coup, le rappel du jour avant chaque leçon m’était bien utile ». « Puis le dernier jour est arrivé. Déjà ! Nous avions organisé une kermesse sur la plage pour les enfants : course en sacs, pêche à la ligne, chamboule-tout... Tous les classiques étaient au rendez-vous », se souvient Valérie. « A la fin de cette petite fête, les adieux se sont faits en douceur. Des enfants pleuraient, les larmes me piquaient les yeux. Puis je me suis éloignée. C’était fini et mon cœur était triste ». « À l’heure du départ, ce que je redoutais le plus avant de partir s’est réalisé : j’ai pris conscience que j’allais laisser dernière moi tous ces enfants qui m’avaient tant apporté. Après moi, d’autres bénévoles vont prendre le relais auprès d’eux. C’est rassurant ». « Mais, aussi étrange que cela puisse paraître, et même si certains vivent dans des conditions précaires, j’ai emporté avec moi leurs rires, leur nature plaisante, leur gentillesse et leur bonne humeur », ajoute-t-elle. UN AVANT ET UN APRÈS « Il est certain que d’autres actions respectueuses des habitants et de leurs coutumes pourraient être conduites sur le terrain. Un jour, je retournerai là-bas. Comment ? Avec quel organisme ? L’avenir me le dira. Mais j’ai le sentiment de ne pas avoir terminé ma mission, et surtout, d’avoir laissé une part de moi à Analalava. IL SUFFIRAIT DE PRESQUE RIEN... Pas d’internat, pas de cantine pour les enfants de la brousse... quel que soit leur âge, après l’école officielle, l’école de la débrouille s’impose. Chaque dimanche soir ou le lundi matin, les sentiers de la forêt poussent des dizaines d’enfants vers Analalava. Sur leurs frêles épaules, un petit balluchon avec de quoi manger pour la semaine, et, pour certains, quelques pièces en poche. Tous se dirigent vers de petits abris, loués par leur famille. Chaque fratrie vit dans « sa maison », sans aucun confort, ni eau courante. Cet habitat rudimentaire les abrite jusqu’au vendredi soir après l’école. Ils y prennent leurs repas le midi et le soir. Aucun adulte ne veille sur les plus petits. C’est l’école de la débrouille. À Analalava, Valérie Venuat a rencontré une personne qui souhaite organiser, pendant la semaine, l’accueil des enfants de la brousse, avec un système « d’oncle ou de tante » pour veiller sur eux. Le plus urgent serait de vérifier qu’ils aient de quoi boire, manger et avoir un minimum d’hygiène. Mais Valérie est confiante : « un petit rien à notre échelle peut tout changer à celle des enfants ». Une belle histoire à suivre... Activ’Assistante - Mars 2015 - 13



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