[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°36 mar/avr/mai 2014
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°36 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : des innovations pour vivre mieux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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rihôneAIpes N°36 — PRINTEMPS 2015 8 INNOVATION Il l’a dit Jean-Louis Gagnaire, vice-président au développement économique, à l’industrie, aux PME et à l’innovation. La Stratégie régionale d’innovation (SRI) que nous avons adoptée pour 2014- 2020 s’articule autour de sept domaines de spécialisation intelligente. Ces domaines sont construits sur la base des technologies clés développées en Rhône-Alpes dans le but d’apporter des réponses sur quelques-uns des grands enjeux d’avenir auxquels l’Europe fait face, notamment le changement climatique, la raréfaction des ressources, le renouveau de l’industrie, les évolutions démographiques et la santé. Nous disposons pour ces sept domaines de spécialisation intelligente de la taille critique industrielle, scientifique et d’une lisibilité à l’échelle européenne. Ils marqueront nos priorités d’investissement jusqu’en 2020. La SRI, c’est aussi de nouveaux outils qui irrigueront l’ensemble du système régional d’innovation, au-delà des filières industrielles et d’une vision purement technologique de l’innovation. C’est, par exemple, le cas avec l’innovation par les usages. Associer les usagers aux processus d’innovation, c’est créer de nouveaux produits et services mieux adaptés aux besoins. Dans un contexte de concurrence internationale accrue, l’innovation, le passage de l’idée au produit, constitue plus que jamais une nécessité. Notre territoire compte de nombreux atouts avec ses laboratoires de recherche, ses universités, ses entreprises, des filières industrielles fortes… L’enjeu de la SRI est de trouver ces combinaisons collectives qui nous permettront d’être le plus performant possible et de faire réussir la région et tous ses territoires.L.Danière Marc Chatelain Rosetta : les Grenoblois L a sonde spatiale européenne Rosetta et son petit robot Philae ont débuté leur voyage en 2004. Il leur a fallu dix ans pour gagner, le 12 novembre dernier, la comète Tchouri, située à 510 millions de kilomètres de la Terre. La mission a mobilisé 500 scientifiques et ingénieurs en Europe dont 150 en France. 21 instruments ont été embarqués à bord dont deux français, Civa et Consert. Rosetta ausculte toujours quotidiennement la comète. Malgré des problèmes de rebond, Philae a réalisé trois jours de mesures avant, faute d’énergie, d’être plongé en hibernation. Son réveil est prévu au printemps quand il sera exposé au soleil. Les scientifiques espèrent en tirer encore des informations car la comète est entrée dans une phase active due au réchauffement solaire. Mais les deux engins sont destinés à mourir quand le soleil aura brûlé leurs ailes. Laurence Tournecuillert > www.rosetta-cnes.fr > www.esa.int L’université Joseph Fourier aux avant-postes Alain Hérique, maître de conférences à l’université Joseph-Fourier Les chercheurs de l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble sont très impliqués dans l’aventure. Eric Quirico enseignant-chercheur a travaillé sur Virtis, le spectromètre haute résolution, installé sur la sonde Rosetta et qui a récolté des données de juillet à novembre. Son équipe va maintenant les analyser, les comparer avec les connaissances scientifiques d’autres comètes, avant de publier des résultats. Le chercheur le confirme : « Tchouri est étonnante. Elle présente un relief spécifique. Nous attendions une surface plutôt lisse et glacée. Ce n’est pas le cas. La géologie de surface est très variée. » D’après les résultats publiés dans « L’étude des comètes nous renseigne sur l’origine du système solaire. » la revue Nature en janvier, certaines régions sont lisses comme si elles étaient recouvertes de cendre, d’autres accidentées par des puits profonds ou encore dotées de reliefs comparables à une falaise sur la Terre. « Tchouri est très sombre, elle absorbe plus de 95% de la lumière du soleil, un taux bien supérieur à celui observé jusqu’ici par les astronomes. Cette couleur indique une grande richesse de matières carbonées », remarque le chercheur. Pour lui, l’astronomie a franchi un cap historique. « Nous avons fait un pas de plus dans la connaissance car les comètes sont comme des fossiles du système solaire, âgées de près de 4,5 milliards d’années. » Philae retrouvé grâce à Consert Son voisin de bureau, Alain Hérique, maître de conférences à l’université Joseph-Fourier, est un des principaux chercheurs sur l’instrument Consert auquel il a consacré vingt années de sa carrière, sous la houlette de Wlodek Kofman, directeur de recherche au CNRS. « Nous avons répondu à un appel d’offres, en lien avec un consortium international, pour concevoir puis développer Consert : un sondeur radar composé d’un émetteurrécepteur à bord de l’atterrisseur et d’un second embarqué sur la sonde ». Pour la première fois, les scientifiques étudient une comète sur plusieurs centaines de mètres de profondeur pour
N°36 — PRINTEMPS 2015 rihônAlpes 9 font des plans sur la comète Marc Chatelain Eric Quirico, enseignant chercheur à Grenoble connaître les propriétés internes du noyau. « L’instrument a aussi servi à retrouver Philae car durant l’atterrissage, au moment où il a rebondi, plus personne ne savait où il était et nous avons alors utilisé Consert « à l’envers » à la manière d’un GPS pour le localiser », raconte le chercheur. Cette mission était un pari un peu fou : personne n’avait tenté d’atterrir sur une comète avant et ne savait si le matériel allait résister à ce voyage de 10 ans… « Piloter un engin à 500 millions de kilomètres et avec trente minutes de décalage dans la réception des informations, découvrir la forme de canard de Tchouri, choisir la zone d’atterrissage, nous avons traversé une période d’une extrême intensité ». L’équipe attend le réveil de Philae. L’opération est déjà une grande réussite dont on est loin d’avoir tiré toutes les conclusions.L. T. > www.ujf-grenoble.fr ESA-C.Carreau Rosetta avant son envol au Centre européen des opérations spatiales à Darmstadt en Allemagne. e2v a la tête dans les étoiles Les caméras embarquées sur la sonde Rosetta et le robot Philae, c’est e2v. Cet automne, 200 des 350 employés de l’entreprise, du site de Saint- Egrève, se sont réunis pour vivre en direct les aventures de Rosetta, éblouis par l’exploit technique des Européens. Cette mission a occupé e2v entre 1995 et 2000, date à laquelle elle a conçu et livré des capteurs d’images haute résolution pour les caméras de navigation et un spectromètre d’imagerie thermique destiné à cartographier et étudier la nature des particules autour de la comète et la température à la surface de Tchouri. Les ingénieurs de l’entreprise mettent également au point les microcaméras qui analyseront en lumière infrarouge le noyau de la comète et les capteurs qui réaliseront toutes les images prises en phase d’atterrissage nécessaire au pilotage de l’engin. e2v a également équipé la navette Smart 1 pour cartographier la lune, le télescope spatial Hubble ou encore le robot Curiosity envoyé sur Mars. Le futur programme ExoMars, ce sera encore e2v. « Il n’existe pas de projets spatiaux sans que nous y soyons associés », assure Jean-Charles Terrien, responsable de l’imagerie spatiale. Cette multinationale anglaise a racheté en 2006 les anciennes usines Thomson, implantées à Saint-Egrève près de Grenoble, placées alors sous contrôle américain. Spécialisée dans les « Il n’existe pas de projets spatiaux sans que nous y soyons associés. » Juan Robert Jean-Charles Terrien, responsable de l’imagerie spatiale. it P + iktot i al semi-conducteurs de très haute fiabilité utilisés pour l’aérospatiale, ses produits d’imagerie équipent de nombreux satellites d’observation de la Terre « pour protéger leurs populations, observer les ressources naturelles, étudier le climat », précise le responsable. Les images vues sur Google Earth ont été réalisées grâce à leurs capteurs. L’entreprise en fabrique aussi pour le milieu médical, « afin de réaliser une radio dentaire », mais aussi dans l’industrie agroalimentaire où des caméras sont utilisées pour « trier des grains de riz ».L. T. ESA-J.Mai Juan Robert



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