[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°36 mar/avr/mai 2014
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°36 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : des innovations pour vivre mieux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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iihôneAIpes N°36 — PRINTEMPS 2015 32 LA SAGA Un festival d’animations La tenue à Lyon du Congrès mondial des sociétés de roses est l’occasion d’un bouquet de festivités. Le cœur en sera le parc de la Tête d’Or, avec des expositions, un parcours pédagogique au Jardin botanique et un point d’orgue le week-end des 30 et 31 mai. Dès le 9 avril et jusqu’au 12 juillet, le Musée de l’imprimerie et de la communication graphique se penchera sur ce thème suivi, du 21 mai au 30 août, par le musée Gadagne et les Archives municipales, du 19 mai au 21 août. On pourra aussi découvrir les meilleurs spécialistes européens d’art floral à l’Hôtel de Ville les 29, 30 et 31 mai ou participer à diverses animations dans les bibliothèques, résidences seniors et lycées horticoles. Hors de Lyon, d’autres manifestations sont prévues : sous l’égide de l’association Roses anciennes en France, les artistes de Cité Création ont créé un parcours de fresques murales dans les communes liées à l’histoire de la rose (Lyon 8e, Vénissieux, Champagne-au-Mont-d’Or). Le parc de Lacroix-Laval, à Charbonnières-les-Bains, où se trouve le Conservatoire de botanique appliquée chargé de conserver les anciens rosiers lyonnais, sera le théâtre d’un salon, du 28 au 31 mai, intitulé Scènes de jardin. C’est aussi l’occasion de découvrir les carrés de roses plantés dans l’ancien cimetière de Vénissieux, où sont inhumés plusieurs grands rosiéristes, ou La Bonne Maison, à La Mulatière, jardin privé riche de plus de 800 variétés de roses anciennes, ou encore d’autres jardins remarquables de la région, tels La Maison-Dieu à Saint-Galmier (Loire), le château de la Chaize à Odenas (Rhône), la Roseraie de Berty à Largentière (Ardèche) ou le domaine Croix à Bourg-Argental (Loire). Meilland International Les amateurs viennent de loin pour choisir leurs rosiers dans les centres de production rhônalpins comme ici, chez Meilland-Richardier, en Isère. w semis, Jacques Plantier, installé le long de l’actuelle grande rue de la Guillotière, fait naître, dès 1825, le premier rosier hybride remontant, c’est-à-dire avec deux floraisons. Son nom : Gloire des rosomanes. En 1843, Jean Beluze obtient, sur les pentes de la Duchère, une délicate rose bourbon dénommée Souvenirs de la Malmaison, car « en voyant cette rose, raconte Pierrick Eberhard, écrivain « rosomane » lyonnais 2, le tsar Nicolas, grand amateur, trouva qu’elle lui rappelait sa dernière Meilland International En 1964, Grace Kelly est à Lyon, à l’invitation du maire Louis Pradel, pour l’inauguration de la roseraie du Parc de la Tête d’Or. visite à la Malmaison ». Douze ans plus tôt, pour les stimuler, la Société française des roses avait créé, au Parc de la Tête d’Or, une roseraie de compétition où les obtenteurs du monde entier concourent encore aujourd’hui. L’invention d’une technique révolutionnaire d’obtention, en 1867, par l’impétueux Jean- Baptiste Guillot, marque une étape importante. En créant La France, le premier hybride de rosier thé, qui n’a, du thé, que le parfum, il ouvre la voie de la rose dite « moderne ». En effet, comme le rapportent les auteurs de l’ouvrage Fleurs, fruits, légumes – l’épopée lyonnaise 3 : « Les hybrides de thé sont non seulement plus résistants au froid, mais la perfection de leur forme, leur tenue en vase, leurs coloris et leur floribondité [NDLR : aux fleurs abondantes] leur donnent plusieurs longueurs d’avance sur les roses déjà présentes dans les catalogues. » Joseph Pernet-Ducher, grand obtenteur lui aussi, « était appelé, un peu partout dans le monde, « le magicien de la rose » », rapporte Daniel Boulens, directeur des espaces verts de la Ville de Lyon. En tête de son palmarès : Soleil d’or, créée en 1900, « la première rose d’un jaune stable et fleurissant toute l’année ». Une clientèle internationale Tous ces pionniers étaient, à l’origine, des jardiniers venus trouver de l’embauche dans les grandes propriétés lyonnaises. Certains, comme Guillot, Pernet-Ducher, puis Meilland ont créé de véritables dynasties. Si l’urbanisation a progressivement bouté hors de la ville leurs exploitations, les entreprises se sont néanmoins maintenues et développées. « Je suis le représentant de la 6 e génération », lance fièrement Mathias Meilland, l’un des responsables de la société familiale qui produit aujourd’hui dans le nord de l’Isère, comme Laperrière, rosiériste autrefois à Champagne-au-Mont-d’Or. En épluchant les livres de compte et les archives de ces familles, Nathalie Ferrand, historienne, a
rZhôneAIpes N°36 — PRINTEMPS 2015 33 50% des plants sont issus de Rhône-Alpes. _r ti +.,., - MP,.r'r x " -...Ai }"., f`- pi !' : i.. :., - "=, i +rr... {r. -. 1, "tc't 5r - iv l'Meilland International w Aujourd’hui, plus de la moitié des rosiéristes créateurs français sont installés en Rhône-Alpes et environ 50% des plants de roses français y sont produits. Les obtenteurs lyonnais sont également partenaires, avec le Jardin botanique de Lyon, du laboratoire Reproduction et Développement des plantes de l’École normale supérieure. En marge du Congrès des sociétés de roses, une rencontre scientifique a d’ailleurs lieu sur le génome du rosier. Sources : « Points d’actu » du 30 juin 2011, bibliothèque municipale de Lyon révélé 4 l’élévation du niveau de vie d’une génération à l’autre : « Les Guillot, par exemple, ont acquis à la Belle Époque une clientèle très internationale, très aisée. Ils se sont ainsi élevés dans l’échelle sociale. » Pour preuve de cette notoriété internationale, la présence de personnalités telles que Grace Kelly, en 1964, lorsque le maire Louis Pradel, inaugure la roseraie de 100 000 rosiers, créée au parc de la Tête d’Or. « Ou encore, ajoute Josiane Pierre-Bisset, tous les pieds plus que centenaires de « Caroline Testoud », une création Pernet-Ducher de 1890, qui fleurissent, encore aujourd’hui, à Portland, aux États-Unis ». Les quelque 600 congressistes et les 300 000 visiteurs des manifestations prévues ce printemps et cet été à Lyon vont pouvoir se plonger dans le parfum de gloire de cette histoire lyonnaise, loin d’être à l’eau de rose. Véronique Vigne-Lepage 1. Organisé par la Société française des roses, la Société lyonnaise d’horticulture, et l’association Roses anciennes en France, avec la Ville de Lyon. 2. Lyon-Rose 1796-2006, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 2007, 240 p.3. Stéphane Crozat, Philippe Marchenay, Laurence Bérard, id. 4.Créateurs de roses, les dynasties lyonnaises à la conquête des marchés 1820- 1939, PUG, 350 p (à paraître avril 2015). À Bourg-Argental, les roseraies Paul Croix Coloris fuchsia, cœur jaune très clair, voici la rose Parc du Pilat, issue d’un rosier buisson à fleurs groupées, très florifère. Cette rose était à l’honneur lors du 40 e anniversaire du Parc naturel régional Pilat, à l’automne dernier. Créée par Dominique Croix, au sein des pépinières et roseraies Paul Croix à Bourg-Argental, elle illustre la vitalité du domaine fondé au début du XIX e siècle. Dominique Croix et Jacques Ranchon, héritiers d’une longue tradition, mettent leur passion au service du public en réalisant chaque année des milliers d’hybridations, en ouvrant les pépinières et leur immense jardin au grand public pour faire partager leur amour des roses. Peut-être un jour trouverontils la « rose parfaite », celle de leurs rêves… > www.pepinieres-paul-croix.com Hybridation de rosier à la Roseraie Paul Croix. Peace ou Cuisse de nymphe émue Baptiser une nouvelle rose est l’occasion de rendre un hommage. Une centaine de roses portent ainsi le nom de Lyon. Peace, créée par Meilland en 1945, a célébré la fin de la guerre. Les rosiéristes honorent aussi leur femme, leur père ou des personnalités, comme Madame Édouard Herriot ou Bernard Pivot. Mais Pierrick Eberhard remet la palme de la poésie à cette rose ancienne : Cuisse de nymphe émue. Marc Chatelain



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