[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°36 mar/avr/mai 2014
[Rhône-Alpes] Rhône-Alpes n°36 mar/avr/mai 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°36 de mar/avr/mai 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Régional de Rhône-Alpes

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : des innovations pour vivre mieux.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 INNOVATION ET SANTÉ N°36 — PRINTEMPS 2015 Traiter le cancer avec la radiologie En décembre, le Centre Léon Bérard, à Lyon, a inauguré un bloc de radiologie interventionnelle de 15 lits. Il permet d’établir des diagnostics profonds et de traiter des douleurs et des cancers. En salle d’angiographie, le P r Pilleul, radiologue, s’apprête à détruire un caillot de sang. Le scanner, couplé à la cryothérapie, permet de réduire les tumeurs. Marc Chatelain Étrange bloc opératoire où trône un scanner. Nous sommes dans l’une des deux salles du plateau de « radiologie interventionnelle » du Centre Léon Bérard (CLB), inauguré en décembre dernier. Debout devant l’équipement sur lequel est allongée une patiente, le D r Bertrand Richioud, radiologue, met progressivement en place cinq aiguilles de cryothérapie en passant par le dos. Du pied, il déclenche régulièrement le scanner pour obtenir un cliché rapide de chaque trajectoire. Une fois en place – avec l’aide de deux manipulateurs en électroradiologie –, sous l’œil de l’anesthésiste, le médecin active les aiguilles qui, en refroidissant à - 40 °C, détruisent une tumeur. Celle-ci est « non maligne à évolution lente », mais trop volumineuse et proche du foie. « Sans ces interventions qui associent radiologie et cryothérapie, cette personne aurait dû subir une ou plusieurs opérations chirurgicales plus lourdes, relève le D r Bertrand Richioud. Là, on l’a endormie, mais sans l’inciser. Après deux ou trois jours ici, elle rentrera chez elle, sans point et sans cicatrice. » Mini-invasive, la radiologie interventionnelle s’impose, aux côtés de la chimiothérapie, de la radiothérapie ou de la chirurgie, comme une nouvelle arme contre le cancer. Elle conjugue la visualisation avec des dispositifs qui atteignent le cœur du corps, sans le bousculer. Un lasso contre un caillot Innovante, même si « cette discipline se développe petit à petit depuis plus de trente ans », explique le D r Philippe Thiesse, chef de service de radiologie du CLB. Aujourd’hui, elle bénéficie surtout de l’amélioration du matériel, d’aiguilles plus fines, d’images numériques mieux définies, de matériaux souples et d’ondes mieux ciblées. « Ces progrès permettent des gestes multiples, poursuit le médecin. On peut faire des biopsies profondes. Mais aussi réduire une douleur en quelques heures en injectant, par exemple, un ciment qui immobilise une vertèbre. Détruire des tumeurs par le froid ou la chaleur. Et, grâce à l’angiographe installé ici en mai 2014, on peut obturer un vaisseau ou réduire un caillot qui bloque une voie centrale sans opérer ». C’est ce qui se déroule ce matin-là dans la deuxième salle du plateau, occupée par l’angiographe flambant neuf du CLB. Le P r Franck Pilleul, radiologue, introduit depuis la cuisse, via la veine cave inférieure, un « fil » doté d’une boucle, un « lasso » qu’il remonte jusqu’au niveau de la poitrine pour attraper, enserrer et détruire le caillot de sang apparu dans une voie veineuse centrale. (Ce dispositif vise à introduire un cathéter dans une veine de gros calibre, afin de dispenser une chimiothérapie). L’intervention, sous anesthésie locale et sous imagerie, a évité le recours à la chirurgie. Comme la majorité des patients, la personne ne restera que deux ou trois jours dans la nouvelle unité de quinze lits qui complète le bloc de radio interventionnelle. Florence Roux L’hypnose peut remplacer l’anesthésie Depuis un an, à l’hôpital Lyon- Sud, une vingtaine d’hommes ont préféré l’hypnose à l’anesthésie générale, pour le traitement d’un cancer de la prostate par curiethérapie. « Ces deux techniques sont bien validées aujourd’hui, explique le P r Olivier Chapet, chef du service de radiothérapie-oncologie, qui travaille en partenariat avec le service d’anesthésie de l’établissement. En les combinant, nous offrons plus de confort au patient. » Pendant les deux heures que dure l’implantation dans la prostate de capsules contenant de l’iode 125, le D r Edwige Rigal, anesthésiste, place l’opéré dans un état de conscience décalé qui le transfère dans un environnement agréable, « à la pêche ou dans son jardin ». En fin d’intervention, elle ramène le patient à la conscience en cinq minutes. « La récupération est quasi instantanée, sans les effets classiques du réveil de l’anesthésie générale, ce qui facilite le traitement en ambulatoire, mis en place en mai 2014, note le P r Chapet. On évite aussi les risques liés à l’anesthésie. » F. R.
N°36 — PRINTEMPS 2015 13 Cancer : mieux doser les radiations En Europe et aux États-Unis, plus de 2 millions de personnes atteintes du cancer sont traitées par radiothérapie. Parmi elles, 500 000 doivent faire face à de graves effets secondaires après l’exposition aux rayons. Pour mieux doser le niveau de radiation, la société lyonnaise Neolys Diagnostics veut proposer aux radiothérapeutes un test rapide (en 48 heures) pour dépister les patients à risque et renseigner le praticien sur le futur comportement de la tumeur et du patient face aux radiations. Il s’agit de calculer un niveau minimum pour l’efficacité du traitement et un niveau maximum pour chaque personne soignée. Au cœur de cette innovation, un algorithme secret et des brevets gérés par la Société d’accélération de transfert de technologie (SATT) Lyon Saint-Étienne. À l’origine de cette technologie, issue d’un groupe de chercheurs de l’Insermdirigé par Nicolas Foray, Neolys Diagnostics estime à 5 millions d’euros l’enveloppe nécessaire pour industrialiser ces tests dans un délai de quatre ans. Avec pour ambition de devenir leader sur ce marché évalué à 2 milliards de dollars. Dans l’immédiat, un premier test clinique a été lancé en partenariat avec le Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes, avant un second dans le Grand Est. > www.neolysdiagnostics.com Dengue : enfin un vaccin Sanofi Pasteur/Vincent Moncorgé Fin 2015, Sanofi Pasteur devrait livrer les premières doses du vaccin contre la dengue. La production a démarré sur son site de Neuville-sur-Saône. Le laboratoire, qui travaille depuis vingt ans sur le sujet, a passé avec succès les essais de phase III auprès de 31 000 volontaires : ils ont montré une protection contre la dengue et la dengue sévère, ainsi qu’une réduction des hospitalisations dues à cette pathologie. L’enjeu est énorme, notamment dans les régions tropicales et subtropicales d’Amérique latine et en d’Asie. En effet, cette maladie, transmise par des moustiques, touche jusqu’à 100 millions d’individus par an, avec, le plus souvent, de fortes fièvres et de violents maux de tête. Parmi eux, 500 000 personnes développent une forme hémorragique qui peut entraîner un syndrome de choc et la mort. Pour l’instant, il n’existe aucun traitement spécifique. > www.sanofipasteur.com « Il peut s’écouler dix à quinze ans entre une découverte et sa mise sur le marché » « Nous accompagnons les PME, de l’idée jusqu’à la production », explique Florence Agostino-Etchetto, directrice de Lyonbiopôle. Alexa Brunet Trois questions à Florence Agostino-Etchetto, directrice de Lyonbiopôle, qui soutient les projets innovants dans le domaine de la santé. Qu’est-ce que Lyonbiopôle ? C’est un pôle de compétitivité situé en région Rhône-Alpes, une association créée en 2005 par quatre industriels de la santé, tels que Sanofi Pasteur ou Merial, et deux centres de compétences. Lyonbiopôle a pour objectif d’aider les projets innovants dans le secteur de la santé, afin de susciter leur émergence. Nous soutenons nos 170 membres, dont 154 sont des PME, tout en répondant à de grands enjeux de santé publique. Favoriser l’innovation est notre objectif et l’accompagnement du développement des PME, notre cœur de métier. Quels sont vos champs d’intervention ? Centré à l’origine sur les maladies infectieuses, Lyonbiopôle a effectué en 2013 une ouverture thématique sur des domaines comme le cancer ou les pathologies métaboliques, par exemple. Quatre domaines d’action stratégiques sont couverts : les médicaments à usage humain, les médicaments vétérinaires, le diagnostic in vitro, les dispositifs médicaux et les technologies médicales. Comment accompagne-t-on une PME innovante ? L’innovation est un processus à long terme. Il peut s’écouler dix à quinze ans entre la découverte fondamentale et la mise sur le marché d’un produit. Nous accompagnons donc les PME à différents stades de leur avancée, de l’idée jusqu’à la bioproduction. Certaines structures adhèrent à Lyonbiopôle pour être conseillées sur un marché spécifique. D’autres trouveront un appui technique grâce à un réseau d’experts. L’accompagnement se fait aussi sur des aspects financiers ou juridiques : aide à la levée de fonds, gestion de la propriété intellectuelle. Enfin, nous hébergeons depuis 2009 une vingtaine de PME dans notre Centre d’Infectiologie et au sein de la plateforme d’innovation Accinov. Notre offre d’infrastructures dispose de laboratoires sécurisés P2 et P3 et d’unités de bioproduction. Les occupants y bénéficient de l’accompagnement et de l’expertise d’une équipe dédiée. Comment susciter l’innovation ? La région Rhône-Alpes est un territoire privilégié dans le domaine de la santé grâce, notamment, à un riche réseau d’acteurs de qualité. Notre mission prioritaire est de faire se rencontrer chercheurs, entrepreneurs, PME-PMI et grandes entreprises pour capitaliser leurs compétences. Des temps dédiés au travail commun et à la mise en réseau des compétences prennent place au sein de nos événements de networking. Propos recueillis par Florence Roux



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