[24] Vivre en Périgord n°34 jui/aoû 2012
[24] Vivre en Périgord n°34 jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le patrimoine de la Dordogne est un atout pour le développement du département.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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AU RYTHME DU PÉRIGORD H. Cartier-Bresson Château de Bridoire, le retour 26 Les sculptures d’Agustín Cárdenas Agustín Cárdenas, artiste cubain qui vécut longtemps en France, compte parmi les sculpteurs majeurs du XX e siècle. Cinquante de ses œuvres sont présentées à Biron. Aux confins du Périgord et de l’Agenais, la masse du château de Biron, l’une des quatre baronnies de l’ancienne province, domine le paysage. Liés à l’histoire des Gontaut-Biron pendant huit siècles qui se lisent encore dans la pierre, l’édifice monumental et son étonnante juxta position de monuments constituent un phare pour le tourisme de la Dordogne. Avec le cloître de Cadouin, l’abbaye de Saint- Avit-Sénieur, le château de Biron est au cœur d’un programme « sites majeurs d’Aquitaine » (lire le « Dossier » de ce numéro). Propriétaire du Château où il conduit d’importants programmes de restauration, le Département a choisi d’en faire l’écrin d’expositions événements d’art contemporain, confrontant l’éternité de la pierre aux créations d’artistes d’aujourd’hui qu’il est enrichissant de découvrir dans un tel environnement. L’exposition 2011 rend hommage au talent universel d’Agustín Cárdenas, dont l’œuvre se situe à la jonction des sculptures américaine, africaine et européenne. Cárdenas est considéré comme l’un des pères de la sculpture moderne. Styles, inspirations, matériaux ont 1er juillet 2012 : après trente ans d’abandon et neuf mois de travaux, le château de Bridoire ouvre ses portes au public. Au cœur du Bergeracois, près du château de Monbazillac, dans un site de vallons verdoyants, en surplombd’une route étroite, se dresse l’impressionnante muraille. Classé monument historique, le château fut une place-forte importante : en témoignent les éléments les plus massifs qui datent du XV e siècle. Il fut agrandi au XVII e, puis au XIX e sous l’impulsion de la famille de Foucauld (le père Charles de Foucauld y a dit quelques messes) il retrouva de l’ampleur tout en conservant l’esprit et l’authenticité du lieu. Bridoire est, depuis le 13 septembre 2011, la propriété de Catherine et Jacques Guyot. Eux aussi ont une histoire : Jacques Guyot a été, avec son frère Michel qui en est toujours le propriétaire, à l’origine de la renaissance du célèbre château de Saint-Fargeau. Puis Jacques Guyot a restauré le château de la Ferté-Saint-Aubin, dont il a fait le site le plus visité du Loiret (50 000 visiteurs). C’est aussi la famille Guyot qui est à l’initiative de ce pari fou qu’est la construction, avec les techniques d’époque, du châteaufort de Guédelon en Bourgogne. Il fallait sans doute cette passion, et cette expérience, saluées par de nombreux prix du patrimoine, pour venir au secours de Bridoire. Un château magnifique certes, immense aussi, mais laissé à l’abandon, squatté, vandalisé : pas une porte, une fenêtre, une boiserie n’y a résisté...
« Nous nous considérons comme des artisans du patrimoine. L’État nous a vendu le château sur notre projet de restauration et d’ouverture au public. Pour nous, c’est comme une délégation de service public », souligne Catherine Guyot. Dans la longue nuit traversée par le château, il y eut heureusement la lumière apportée par les bénévoles de l'association historique du Château de Bridoire qui a milité pour la sauvegarde du site et maintenu l’intérêt du public. « On ressent une véritable impatience. Nous avons ouvert les portes de Bridoire aux Journées du Patrimoine et lors de cette ouverture informelle, le château a reçu 3 000 personnes », confirment les propriétaires qui s’étaient donné le challenge de restaurer et remeubler toutes les salles du rezde-chaussée pour les ouvrir à la visite dès le 1er juillet. Pari tenu. Les visiteurs vont découvrir des parquets restaurés, des carrelages reposés, des boiseries reconstituées, des ouvertures réparées. Un effacement minutieux des années de saccage ! En complément, un petit aperçu des pièces du premier étage témoignera de l’état dans lequel se trouvait le château... Au château de Biron, depuis le 23 juin et jusqu’au 16 septembre. Tél. : 05 53 63 13 39 évolué, mais sa sculpture a toujours conservé son mystère, sa poésie, ainsi qu’une forme de dynamisme et une sensualité toute latine. Il a excellé successivement dans le travail du bois, de la pierre – le marbre en particulier – et du bronze, maîtrisant pleinement, à l’image d’un peintre, l’art de la lumière. C’est en 1955 qu’Agustín Cárdenas quitte Cuba, où il est né en 1927. Il s’installe à Montparnasse et rencontre André Breton qui lui offre dès 1956 de participer à une exposition. Jusqu’en 1997, Cárdenas participe à une centaine d’expositions de groupes, et trente quatre expositions personnelles lui sont consacrées. À partir de 1968, il vit et sculpte régulièrement à Meudon-Bellevue et Nogent-sur-Marne. Ses cinq fils naissent en France. Cárdenas a également travaillé au Canada, en Autriche, au Japon, en Israël, en Corée et surtout en Italie, à Carrare, où il sculpte le marbre, et à Pietrasanta, où sont fondues ses sculptures de bronze. En 1994, il repart pour La Havane où il meurt en 2001. Une cinquantaine d’œuvres sont présentées à Biron. Bois noirs et blancs, bronzes, marbres noirs de Belgique, marbres blancs de Carrare illustrent la richesse de l’art de Cárdenas. Les œuvres monumentales dialoguent avec les espaces extérieurs, les formats moyens et plus réduits habitent les volumes des salles historiques. Une telle exposition permet aussi de croiser les publics, amateurs d’art, d’histoire ou d’archi tecture, cinéphiles sur les traces des tournages célèbres qui ont lieu dans ces murs, familles attirées par les ateliers pédagogiques proposés par Semitour Périgord, promeneurs bien inspirés... n À découvrir en visite libre (visite guidée possible pour les groupes) dès cet été (tous les jours de 10h à 19h) à Ribagnac, à 12 km au sud de Bergerac. www.chateaudebridoire.com La femme au chewing-gum Bridoire, pour jouer avec l’histoire Mais, ouvrir un château ne suffit plus : « Il est nécessaire aujourd’hui de trouver une identité qui soit suffisamment attractive. Nous avons choisi de présenter le Jeu, sous toutes ses formes, à travers l’Histoire. Un campement de jeux médiévaux, des jeux traditionnels dans la cour, des jeux de société dans les salles, des jeux d’écriture et d’esprit aussi. On ne se contentera pas de regarder ces jeux qui témoignent d’époques anciennes, les visiteurs, autant les adultes que les enfants, pourront y jouer. Toutes ces animations auront un fond historique. » Circuits d’œnotourisme pour faire le lien avec le vignoble proche, aire de pique-nique et de repos dans la seconde cour, boutique de producteurs feront aussi du château un lieu à vivre. Autre étape envisagée, l’accueil des groupes scolaires en 2013. Les nouveaux hôtes de Bridoire veulent s’inscrire dans le développement touristique du Bergeracois en apportant un site supplémentaire, et différent, au pays de Cyrano : « Un château est le symbole d’une histoire écrite par le terroir qui l’entoure. On aimerait que le château sauvegardé et restauré devienne une fierté pour la Dordogne. » n 27



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