[24] Vivre en Périgord n°34 jui/aoû 2012
[24] Vivre en Périgord n°34 jui/aoû 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°34 de jui/aoû 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : le patrimoine de la Dordogne est un atout pour le développement du département.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER Archéologie : de la recherche à la sensibilisation Établir une datation préhistorique à partir d’un déchet de taille de silex ou de l’exposition au soleil d’un grain de sable... Le Service de l’Archéologie Départemental (SAD) a été créé en 1984 pour valoriser le patrimoine préhistorique et antique. Rapidement, anticipant les évolutions réglementaires, il a été l’un des premiers services agréés par l’État pour l’archéologie préventive. Cette mission domine aujourd’hui La présentation au public des recherches conduites sur le territoire départemental, par des visites, expositions, ateliers, conférences, est une constante de l’action du SAD. Dans le domaine de l’archéologie préventive, le service a travaillé récemment sur plusieurs projets routiers portés par la Direction des routes et du patrimoine paysager à Creysse, Bergerac, Prigonrieux et termine actuellement un important chantier de fouilles aux Bessinaudes à Saint- Médard de Mussidan (notre photo) sur le site du futur contournement ouest de Mussidan. 16 l’activité du service car elle permet à la collectivité de maîtriser les délais et les coûts liés aux recherches archéologiques conduites sur ses grands projets d’aménagement (routes, collèges). Parallèlement, le SAD assure des missions de médiation et met à disposition des partenaires culturels ou éducatifs des outils pédagogiques comme un module Saint-Médard-de-Mussidan : à chantier ouvert Des vestiges préhistoriques dans un état exceptionnel Ce chantier de cinq mois a fait l’objet de plusieurs visites de scolaires et d’adultes, de deux journées portes ouvertes, tandis que des animations (module de fouilles, expositions temporaires) étaient proposées au musée Voulgre et à la bibliothèque de Mussidan. Dans les sables et les limons déposés par la rivière, des vestiges de la préhistoire ancienne, datés entre -80 000 et -40 000 ans, ont été retrouvés dans un état de conservation exceptionnel. Ils sont fouillés sur une surface d’un hectare au moyen d’engins mécaniques, et une dizaine de zones avec Valoriser le patrimoine historique et antique de fouille expérimentale, un module d’art pariétal, une valise pédagogique « tailler le silex », etc. Il anime ou collabore à des projets scientifiques auprès des équipes de recherche universitaires, assure des formations, gère collections archéologiques et fonds documentaires. Il apporte son expertise aux projets du Pôle International de la Préhistoire. n des concentrations remarquables sont fouillées à la main. Le chantier est à la hauteur du gisement avec une dizaine de professionnels, membres du SAD ou recrutés pour le chantier : un topographe, des archéologues, des spécialistes préhistoriens et géologues. L’objectif n’est pas en effet seulement de mieux connaître la présence de l’homme de Néandertal en vallée de l’Isle, mais aussi de comprendre comment le site et le paysage ont évolué. Le silex taillé (l’outil fini) permet la datation, le déchet d’outil cerne la technique employée. Les différentes couches géologiques sont révélées avec soin à la pelle mécanique. Les pièces dégagées sont relevées en trois dimensions. Ensuite, un travail méticuleux est réalisé avec de petites spatules, des outils de dentiste... Le produit de chaque carré de 50 x 50 cm sur 2 cm de profondeur est déposé dans un seau, puis tamisé. Tous les objets de plus de 2 mm sont aussi récupérés, triés et, pour les pièces intéressantes, étiquetées et classées. Dès cet été, les archéologues du Département les étudieront au laboratoire des Communs du château de Campagne. Seront alors mis en perspective constats de terrain et enseignements de l’étude, ainsi que les connaissances tirées des autres sites fouillés dans la vallée de l’Isle. n
Le patrimoine et le public Tous les services du Département intervenant sur le patrimoine contribuent à sa connaissance et à son animation. D’autres développent une offre plus spécifiquement pédagogique et culturelle de découverte. Agence Culturelle L’art et les ateliers pour valoriser les sites La médiation - l’animation - du patrimoine, en particulier des sites restaurés par le Conseil général est l’une des missions de l’Agence culturelle départementale. Elle contribue à les valoriser par des actions artist i qu e s et de s actions de sen - sibilisation des publics. L’Agence culturelle accompagne ainsi dans l’accueil de résidences artistiques des associations gérant des sites départementaux comme aux forges de Savignac-Lédrier ou à la ferme du Parcot. En introduisant l’art contemporain dans des sites de patrimoine, ces initiatives apportent un regard nouveau, éclairent le travail Concert à la ferme du Parcot de restauration et élargissent le champ d’activité des associations gestionnaires. Elles ouvrent ces lieux à un public différent et font connaître au grand public les artistes investissant ces sites. Les actions de sensibilisation pédagogique sont souvent organisées d a n s l e c a d r e d’un site ou d’une thématique (conférences, visites animées…). En milieu scolaire, des valises pédagogiques, des ateliers, des parcours éducatifs sont proposés sur différents thèmes (les églises au Moyen Age, les monnaies, les écritures, les troubadours, etc). n Promouvoir la culture et la langue occitanes Quel patrimoine et pour qui ? Notre vision du patrimoine n’a cessé d’évoluer. Des monuments et sites incontour - nables, elle s’est étendue aux lieux de mémoire de l’histoire et de l’activité humaine, au petit patrimoine de pays (lavoirs, fontaines, croix de chemins, fours à pains…), au patrimoine écrit et en images. On dispose maintenant des moyens technologiques pour conserver et faire vivre le patrimoine immatériel, celui des savoirs, des savoir-faire et des expressions vivantes, telle la langue occitane. Que l’on parte de la grotte, de la pierre, du cartulaire médiéval, d’une gravure rare ou de la mémoire vivante, et quelles que soient les techniques mises en œuvre ou les sommes investies, la voie tracée est la même : étudier, sauvegarder, valoriser pour assurer la transmission au public, à tous les publics : passionnés et curieux, habitants et visiteurs, chercheurs et scolaires... Faire vivre le patrimoine, l’animer, c’est aussi le rendre acteur de la vie culturelle, c’est suggérer un regard contemporain sur ce patrimoine qui, restauré, révélé, respecté, répond aux besoins d’aujourd’hui : éveiller à la culture, à la connaissance, émouvoir, créer des emplois. Sous la responsabilité de Jean Ganiayre, conseiller général délégué à la langue et à la culture occitanes, un schéma départemental a été élaboré. Si 33 ateliers d’apprentissage de la langue existent dans le réseau associatif, la transmission reste faible dans le cadre scolaire, d’où la signature récente d’une convention entre l’État, la Région et le Département pour ouvrir, chaque année au moins un cursus complet d’enseignement de l’occitan par département. La présence visible de la langue pour la rendre plus familière et « marquer » le territoire, est une préoccupation qui fera l’objet de travaux avec les collectivités, les entreprises, les médias. Avec « Mémoire(s) de demain », le pôle occitan de l’Agence culturelle poursuit une collecte exhaustive de cette culture dans l’ensemble du Périgord. À travers les témoignages recueillis (enregistrés, filmés, archivés), naît la formidable mémoire collective d’une époque où l’occitan était couramment parlé. Ces entretiens montrent comment a été vécue cette évolution qui n’a pas été seulement celle de la langue, mais celle d’une société. Ce patrimoine immatériel a vocation à être mis à la disposition de tous les publics sur un site Internet, avec l’aide des Archives départementales et de la Banque numérique des savoirs d’Aquitaine. La mémoire collectée sert également de support à des créations artistiques. Ainsi, à partir de ces témoignages recueillis le vidéaste Georgette Power a réalisé un court métrage qui sera présenté aux assises européennes du multilinguisme à Rome. Loin d’isoler et de signifier un repli sur soi, la transmission des langues régionales est une préoccupation universelle. n 17



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