[24] Vivre en Périgord n°23 jan/fev 2010
[24] Vivre en Périgord n°23 jan/fev 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de jan/fev 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (211 x 298) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : un dossier sur l'économie et l'emploi en Dordogne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PLANÈTE PÉRIGORD Une première plateforme de méthanisation agricole C’est la première en Aquitaine ! La ferme expérimentale de l’oie à Coulaures va produire de l’électricité et du gaz avec du lisier 22 Àla ferme de l’oie à Coulaures, Asseldor (l’association des éleveurs de la Dordogne) intègre progressivement à ses expérimentations tout ce qui relève d’une meilleure qualité environnementale : les parcours des palmipèdes, leur alimentation, les économies et la protection de l’eau. La question de la valorisation du lisier, produit polluant s’il en est (odeurs, nitrates, etc.), s’est naturellement posée. Une première expérience avait été faite avec l’utilisation du lisier dans la fabrication du compost. Si le résultat technique était satisfaisant, cela ne réglait pas le problème puisqu’on n’éliminait ainsi qu’un tiers du lisier. Il fallait trouver autre chose : « Dès 2003, nous avons mené une préétude sur un projet de méthanisation, avec le concours de l’ADEME et de la Région, rappelle Jean-Pierre Dubois, responsable du site de Coulaures. Elle a montré qu’avec le lisier de notre station, les graisses animales, le fumier de la ferme ovine à proximité, nous avions le potentiel suffisant pour produire du méthane. » Mais il a fallu attendre quelques années que les conditions financières soient réunies : une bonification du prix de vente de l’électricité à EDF, un financement État obtenu dans le cadre du Pôle d’excellence rurale de la filière gras, les aides prévues de l’ADEME et de la Région auxquelles s’est ajoutée celle du Département. « C’est devenu possible économiquement, nous avons donc L’équipe de la ferme expérimentale mesure au quotidien la matière traitée, la qualité et la quantité de gaz, la production d’électricité, le temps de fonctionnement des pompes. Comment ça marche ? Les effluents de l’élevage des oies sont pré-stockés en fosse étanche. Pour les homogénéiser, les recharger en matière sèche, ils sont mélangés avec du fumier, des herbes (qui peuvent venir aussi bien des tontes de pelouse, des parcours des volailles, de bords de route...), de la graisse de conserverie. Le produit ainsi formé est dirigé vers le digesteur. Chauffé et brassé dans cette cuve, il fermente en aérobie et produit du gaz stocké dans une bulle souple. Ce méthane a les mêmes qualités que le gaz naturel. Actionnant un moteur thermique, il va produire électricité et chaleur, tandis que les matières compostées forment un digestat qui a perdu toute – mauvaise – odeur et conservé ses qualités d’engrais organique. Asseldor et la ferme expérimentale de Coulaures ont eu recours à la technologie d’une entreprise toulousaine : Aria environnement. lancé cet investissement de 270 000 euros en tablant sur une durée d’amortissement de 5 à 6 ans avant que les comptes ne s’équilibrent. » D’autres projets en Dordogne Inaugurée à l’automne devant tous les partenaires financiers et de nombreux professionnels, le plateforme a été mise en route progressivement. Elle doit produire 500 000 kw/h/an, de l’électricité vendue à EDF et de la chaleur utilisée pour le chauffage des bâtiments. Ce gaz pourrait tout aussi bien être récupéré par GDF ou, avec le matériel nécessaire, être comprimé pour faire tourner tracteurs et engins agricoles. La plateforme de Coulaures a déjà fait l’objet d’une vingtaine de visites et va guider – c’est aussi le but de l’expérimentation – d’autres projets de plateforme de méthanisation dans le milieu agricole : « Les grandes exploitations ou les CUMA ont le potentiel nécessaire pour faire fonctionner ce type d’équipements puisque tous les lisiers agricoles peuvent convenir. Nous avons constitué un groupe avec ceux qui ont des projets. Les services de la Chambre d’agriculture les aideront à monter leur dossier. » En France, on ne compte encore qu’une poignée de plateformes de méthanisation agricole, contre 4000 en Allemagne : « Nous sommes obligés de compter sur des aides publiques à l’investissement parce que le prix de rachat du courant est insuffisant : 14 centimes le kw/h contre 20 en Allemagne. Là-bas, un éleveur de porcs a plus intérêt à s’équiper d’une plateforme de méthanisation qu’à agrandir sa porcherie... » n
Sa situation géographique a fait de la Dordogne l’un des départements les plus touchés par la fièvre catarrhale ovine (FCO). Se sont en effet croisées en Dordogne les deux variantes de la maladie, l’une descendue du Nord du pays et l’autre remontant de la frontière espagnole. Avec plus de 700 foyers concernés, le cheptel départemental a été lourdement marqué. Aux cas de mortalité animale s’ajoutent la baisse de production laitière (de 20 à 25%), l’amaigrissement sensible des animaux, mais aussi des difficultés qui auront des conséquences durables sur les troupeaux : stérilité des mâles, gestation des femelles, avortements plus nombreux... Cette situation, jointe à la difficulté ou 3 questions à Didier Vignal, Conseiller général du canton de Bussière- Badil, délégué au développement durable, qui, avec Jean Ganiayre, Conseiller général du canton de Brantôme, représentait le Conseil général au sommet de Copenhague. Quel est pour vous le bilan du sommet ? Un objectif, sans engagement réel, de limiter à 2° la hausse des températures, c’est incontestablement une déception et un rendez-vous raté. Il y avait deux scénarios possibles, mais il n’a pas été possible de trouver un compromis. Malgré la bonne volonté de certains, l’Europe notamment, l’intransigeance des grands pays économiquement dominants comme les États-Unis, la Chine ou même l’Inde ont empêché d’aller plus loin. Cela nous renvoie au sommet de Mexico dans deux ans, alors qu’il y a urgence. Ce sont aussi beaucoup d’efforts et un travail très sérieux de préparation réduits à néant parce que les intérêts particuliers et nationaux ont prévalu. Ce sommet s’est déroulé dans un climat de tension, avec une mise à l’écart des ONG pourtant fortement engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique. Votre déplacement était aussi un voyage d’études ? à l’impossibilité de commercialiser des animaux issus d’un département touché par la FCO, a pénalisé les résultats économiques des exploitations. Un impact estimé à 2,8 millions d’euros par la Chambre d’agriculture. Tandis que se déroulaient (avec la participation du Département), les campagnes de vaccinations des ovins et des caprins, seule parade à une plus grande propagation du virus, le Conseil général décidait de constituer un fonds d’urgence et de solidarité pour les éleveurs les plus touchés. En concertation avec les services de l’État (DDA), a été établie la liste des exploitations bénéficiaires de cette aide plafonnée à 1400 euros et déduite des Copenhague, « un rendez-vous raté » Bien sûr. Notre délégation réunissait des maires de grandes villes, des parlementaires, des représentants des Départements et des Régions. Nous avons eu l’occasion Fièvre catarrhale : un plan d’urgence pour les éleveurs Un fonds d’urgence et de solidarité constitué par le Conseil général est venu en aide aux éleveurs. autres aides perçues par ailleurs. Ont ainsi été secourus des dossiers retenus par la MSA et/ou proposés par le groupement de défense sanitaire du bétail (GDSB) ainsi que des exploitations, les plus petites notamment, qui n’ont pas obtenu d’aides de l’État. Cette action s’est organisée en un temps record à l’automne 2009, les 92 éleveurs concernés ont reçu cette aide fin décembre. Apportant son soutien financier à l’action du GDSB, au moyen d’une subvention annuelle de 328 000 €, le Département a inclus des aides à l’achat de matériel de contention des animaux dans ses plans triennaux accompagnant le développement des filières d’élevage. n de découvrir à Copenhague la place donnée aux piétons et aux vélos (40% des Danois utilisent le vélo tous les jours). Nous avons vu comment la ville de Malmö en Suède a transformé un immense chantier naval en un nouveau quartier répondant à tous les critères écologiques. Nous avons rencontré également des spécialistes, notamment un architecte danois qui fait autorité pour l’intégration du photovoltaïque dans les programmes de construction. Nous avons vu comment des réseaux de chaleur peuvent aujourd’hui stocker en sous-sol l’énergie captée l’été, pour la réutiliser l’hiver. Ces techniques sont-elles utilisables en Dordogne ? Dans une dimension différente, oui bien sûr. Nous ne sommes pas ici dans des milieux urbains très denses et nous sommes attachés à notre bâti traditionnel. Mais il faut d’abord que les élus connaissent ces techniques, puis les fassent connaître au public, avec le concours des techniciens. C’est pourquoi sous l’égide du Conseil général de la Dordogne, avec le concours de notre Agence technique départementale et du CAUE de la Dordogne, nous venons de créer un réseau d’élus pour confronter et enrichir nos projets d’écolotissements. 23



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