[24] Vivre en Périgord n°23 jan/fev 2010
[24] Vivre en Périgord n°23 jan/fev 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de jan/fev 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (211 x 298) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : un dossier sur l'économie et l'emploi en Dordogne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER Mission Locale de l’agglomération périgourdine, « un afflux de jeunes depuis 2008 » S’adressant à un public spécifique – les jeunes de 16 à 25 ans sortis du système scolaire et rencontrant des difficultés d’insertion professionnelle et sociale – les Missions Locales sont immédiatement frappées par l’impact d’un ralentissement économique. En effet, ces jeunes passent le plus souvent par des phases de contrats précaires et de missions en intérim, premiers emplois supprimés lorsque les commandes baissent. « D ès le 2e semestre 2008, et cela s’est poursuivi au même rythme en 2009, nous avons dû faire face à un afflux de jeunes, confirme Annie Siorac, directrice de la Mission Locale de l’agglomération périgourdine. Nous réalisions 500 à 600 premiers accueils chaque année, nous constatons une progression de 40% depuis le début de la crise. Nous devons veiller à ce que cela ne remette pas en cause la qualité de l’accueil et de l’accompagnement de ces jeunes qui est notre cœur de métier. » C’est d’autant plus délicat pour les 5 Missions Locales qui couvrent la Dordogne que Des services mutualisés pour un accompagnement optimal 16 les contrats de travail, aussi bien les contrats en alternance que les missions d’intérim - qui peuvent être l’aboutissement des parcours d’insertion de ces jeunes - sont en forte baisse et que l’offre de formation, même si elle est importante et diversifiée car adaptée à notre territoire, ne peut accueillir davantage de jeunes. En 2008, la Mission Locale de l’agglomération périgourdine a suivi 1800 jeunes. Pour 870 d’entre eux, des solutions ont pu aboutir. La Mission Locale utilise toutes les ressources financières que l’État, le Conseil régional, le Conseil général, la ville de Périgueux, les communes et communautés de communes de son territoire d’intervention mettent à sa disposition pour faciliter ou renforcer le travail d’accompagnement pour chaque jeune. Elle dispose également d’un autre atout : « Toutes les structures travaillant à l’insertion professionnelle et à l’emploi dans l’agglomération sont réunies sous le même toit. Ainsi, nombre de services ont pu être mutualisés : l’emploi et la formation, le centre ressources, l’accueil guichet ainsi que le service communication. » n Espace économie emploi du Ribéra Au 36 rue du 26-mars-1944 à Ribérac, cohabitent Espace Économie Emploi et Mission Locale du Ribéracois (ainsi que le point d’accueil local de Pôle Emploi). Alors que la situation de l’emploi se dégrade et demande une mobilisation nouvelle, ces structures locales, pourtant les plus proches des demandeurs d’emploi, ont l’impression de ne plus donner leur pleine mesure au moment où on a le plus besoin d’elles. À l’échelle d’un territoire Répondant à la recommandation du Conseil général, les EEE du département ont engagé une enquête de conjoncture pour mieux mesurer l’impact réel de la crise et les perspectives. Dans le Ribéracois (4 cantons, 53 communes), au-delà du choc social provoqué par la fermeture de l’entreprise Albany, il en ressort sans surprise, une conjoncture morose marquée par la baisse sensible de l’activité dans le BTP, l’industrie et, plus récemment les transports. Dans les services, les agences immobilières et les sociétés d’intérim ont été les premières touchées. Si 100 emplois stables ont disparu, et bien que la consommation alimentaire ou de certains services (le multimédia) soit peu touchée, on remarque que la grande distribution n’a pas fait ses habituels recrutements saisonniers pour la fin de l’année. Quant aux perspectives, chargée de l’observatoire de l’EEE du Ribéracois, Stéphanie Barbier les synthétise : « Seules 3% des entreprises interrogées envisagent une hausse de l’activité et 33% une stabilité. Tous secteurs confondus, la visibilité de l’activité est inférieure à 6 mois pour la moitié des entreprises. 60% s’attendent à des commandes plus faibles et aussi plus irrégulières. Aujourd’hui, 15% des établissements utilisent moins de 50% de leur capacité de production. » 2010 devrait permettre d’éclaircir la situation et de donner davantage de visibilité aux entrepreneurs locaux.
cois : « Il serait urgent de prendre le temps » Les 9 Espace Économie Emploi (EEE) répartis sur le département, dont le fonctionnement est pris en charge par les collectivités locales et le Conseil général et par l’État dans le cadre du programme « Maison de l’emploi », constituent sur les territoires des guichets uniques pour répondre aux préoccupations des personnes en recherche d’emploi, des créateurs d’entreprises, des collectivités. « Notre taux d’accès à l’emploi était bon, il est en train de dégringoler, » commente Sophie Heurtebise, directrice de l’EEE et de la Mission Locale du Ribéracois. L’enquête de conjoncture du 2 e semestre (lire cicontre) a mesuré les effets de la crise et la crainte des difficultés à venir lorsque les effets du traitement social du chômage auront atteint leurs limites : durée d’indemnisation, contrats aidés dans le secteur public : « Nous nous interrogeons sur la destruction des emplois industriels : que deviennent les salariés, quels transferts de compétences, mais aussi quelle politique de formation des jeunes ? » Trop de procédures, d’injonctions... Face à des décisions souvent prises bien loin du territoire, de nouvelles formes, plus solidaires, d’utilisation des réseaux et relais de proximité seraient nécessaires, mais... « Alors que la crise semble autant structurelle que conjoncturelle, nous évoluons dans un environnement très instable : réforme de l’État, collectivités dans l’attente de changements, conséquences de la fusion ANPE-Assedic intervenue au plus mauvais moment. Pour faire face à la crise, nous aurions d’abord besoin de stabilité institutionnelle, de conserver ce qui marche. Il serait urgent de prendre le temps. Mais les injonctions, les objectifs de résultats, les contrats, les procédures, changent sans cesse. La qualité des services rendus au public – les demandeurs d’emploi notamment – s’altère malgré des organisations en surrégime. Nous veillons à ne pas perdre en humanité. » S’il faut retirer un impact « positif » de ce ralentissement économique, c’est sans doute la prise de conscience chez certains jeunes de la nécessité de développer leurs compétences, de se former : « Même en travail précaire, des jeunes tiraient leur épingle du jeu en passant d’un emploi à un autre. Ils ont bien compris qu’ils étaient les premiers touchés par la crise. Certains d’entre eux en ont tiré une motivation suffisante pour s’impliquer dans une véritable formation. » n « Les collectivités développent leurs investissements » Conseiller général du canton de Bergerac 1, ville dont il est maire, président de la Communauté de communes Bergerac Pourpre, Dominique Rousseau évoque les conséquences de la crise et les moyens d’action qu’utilisent les collectivités locales « La faible hausse d'activité enregistrée ces derniers temps reste très insuffisante pour corriger les baisses importantes des mois précédents. Il faudra du temps pour que les effets de la reprise se ressentent dans nos PME et PMI. Le chômage touche près de 10% de la population active, cela représente 40 000 personnes sur l’arrondissement. C'est la première fois depuis longtemps que nous constatons une baisse des créations et des reprises d'entreprises. Encore ces créations sontelles souvent le fait d’auto-entrepreneurs qui ne génèrent pas de chiffre d'affaires dans les premiers mois. La bonne nouvelle, c'est que nos PME s'en tirent plutôt bien par rapport aux grandes entreprises. Elles savent mieux s’adapter aux difficultés économiques conjoncturelles ou structurelles. L’avenir des entreprises liées à l’État nous inquiète, à la SNPE, on entrevoit de grosses difficultés pour Eurenco et BNC, sans parler de la fermeture de l'ESCAT en 2014. Nous voulons travailler à la reconversion industrielle de ces sites, mais l’État a engagé un diagnostic de 42 mois, alors que c’est maintenant qu'il faut agir. L’économie, ce n’est pas seulement l’industrie. Le commerce de proximité, la viticulture font également l'objet d'une très grande attention, c’est un secteur économique à part entière qui est aussi un outil précieux de valorisation touristique du territoire : nous devons capter davantage l’attention des touristes entre Saint-Emilion et Sarlat. Lorsque les déviations Est et Ouest de la Ville seront achevées, elles seront, avec l’aéroport, les instruments d’un désenclavement qui favorisera le développement économique de Bergerac et du Bergeracois. » 17



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