[24] Vivre en Périgord n°23 jan/fev 2010
[24] Vivre en Périgord n°23 jan/fev 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°23 de jan/fev 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Conseil Général de la Dordogne

  • Format : (211 x 298) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : un dossier sur l'économie et l'emploi en Dordogne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DOSSIER 12 Tandis que les experts et observateurs débattent pour savoir si les premiers effets d’un frémissement de la production sont dus à une ébauche de reprise ou à des anticipations, nous ne pouvons que constater, à l’échelle d’un département comme le nôtre, que les effets de la crise sont bien là et qu’ils n’ont peut-être pas encore donné leur pleine mesure. Cette crise économique a semblé amortie dans un premier temps parce que nombre d’entreprises périgourdines, œuvrant dans la sous-traitance, ont achevé leurs commandes avant de subir les effets de la baisse d’activité de leurs donneurs d’ordre. Puis, quelques grands de l’économie locale ont annoncé des plans sociaux, comme les menuiseries Grégoire (Montpon) ou Socat (Terrasson) qui travaille notamment pour l’automobile, premier secteur fortement touché. Ces plans se sont avérés au final moins importants Plus de 110M € investis par le Département en 2009 Dès le vote du budget primitif 2009, les conseillers généraux s’étaient engagés à accroître leurs investissements de 9 M €. Ils décidaient en juin d’assumer un second effort de relance, avec 6,3 M € de crédits pour de nouveaux investissements. Soit, avec les autres investissements programmés, un total de 110 millions d’euros pour l’année 2009, somme jamais atteinte dans l’histoire du Département. La nécessité d’un tel engagement n’a pas fait débat. Pour mieux diriger l’effort, le Conseil général avait demandé qu’ils n’avaient été envisagés. L’intervention du Conseil général et du Conseil régional va contribuer à stabiliser l’emploi dans ces deux entreprises. D’autres plans sociaux ont suivi, annonçant les suppressions de 10 à 40 emplois en divers points du département : Coloplast, OCP Répartition, Champion, Sotec, EDA (commerce de gros), le FJT de Périgueux, Barrière (équipements et mécanique), Plane Transports, Manufacture de Jumilhac... Deux fermetures Significatives Deux fermetures sont survenues, emblématiques de ce qu’est l’économie mondialisée. Sur un marché de la papeterie en tension, Albany a supprimé 88 emplois en fermant son site de Ribérac pour regrouper ses activités sur un site suédois. On peut penser que la crise n’a fait qu’accélérer le mouvement en À deux reprises, en 2009, le Conseil général a voté des plans de soutien à l’activité économique, engageant des investissements supplémentaires pour l’amélioration des routes, des équipements publics, du patrimoine… Repères Au 31 octobre 2009, la Dordogne comptait 22 904 demandeurs d’emploi (15 163 n’exerçant aucune activité : catégorie A), contre 17 086 (11 773 en catégorie A) en août 2008. Au 16 novembre 2009, 268 842 heures de chômage partiel avaient été consommées, touchant 5596 salariés. Après plus d’un an de crise, à ses services de recenser les entreprises artisanales et les PME mises en danger par la chute de leurs commandes. Les priorités retenues : • Le bâtiment : programme de travaux dans les bâtiments et collèges, et en projet phare, la restructuration du collège de Beaumont-du-Périgord.• Les routes : effort partagé entre réparation d’ouvrages d’art, aménagements liés à divers projets, travaux de sécurité, réparations des dégâts de l’hiver, accélération des déviations de Sarlat et Bergerac.• L’habitat : avec plus d’un demi-million d’euros supplémentaire pour les aides versées aux propriétaires privés pour rénover leurs logements : 1 euro de subvention, c’est plus de 3 euros de travaux.• L’aide aux communes, avec un apport de 830 000 euros pour l’embellissement des bourgs et du patrimoine. n
où en sommes-nous ? servant de prétexte commode, alors que le site de Ribérac présentait une bonne productivité et une profitabilité certaine. Chez Marbot (Neuvic) où les 76 derniers emplois disparaissent, c’est la fin d’une longue agonie due notamment au fait que les marchés de l’État (fournitures de l’armée) jouent le jeu de la concurrence internationale. On a enregistré également quelques bonnes nouvelles comme la reprise de Teton à Saint-Cyprien qui a annulé les 43 licenciements envisagés (sur un effectif de 65 personnes). Le Conseil général a participé à l’élaboration du plan de reprise, comme il a aidé d’autres entreprises à tenir (MEM, 65 emplois à La Coquille) et suit de près la situation de plusieurs autres employeurs phares de leur bassin d’emploi. D’autres inquiétudes Des nuages subsistent. Dans l’économie de production, on a utilisé successivement tous les moyens pour amortir la baisse d’activité : fin des missions d’intérim, contrats précaires non renouvelés, réduction du temps de travail, RTT, congés, congés formation, réorganisation du travail posté en 2x8 ou 3x8, chômage partiel... Ce qui a aussi fragilisé les trésoreries. On peut donc encore craindre des licenciements « d’épuisement ». Pour l’artisanat (du bâtiment notamment), l’agriculture, voire certains commerces, la perte d’un ou deux emplois, ici ou là, fait peu de bruit, mais provoque autant de dégâts que la disparition d’une PME. L’avenir de certains établissements de « l’État employeur » en Dordogne suscite également des inquiétudes : ESCAT, SNPE, Ateliers SNCF... Dans les activités de production, l’intérim, premier secteur à souffrir du ralentissement de l’activité, sera aussi le premier indicateur de la reprise. On n’en est pas encore là. Pour que le bâtiment et les travaux publics, soutenus fortement par l’intensification des investissements du Département et des collectivités, annoncent des signes de reprises, il faut que la confiance revienne chez les particuliers et que les entreprises retrouvent des marges suffisantes pour investir. Mais la sortie de crise ne résoudra pas tout. Acteurs économiques majeurs par leurs aides à l’innovation ou à l’aménagement, par leurs investissements aussi, les Départements se voient confrontés (lire l’entretien ci-contre) à la disparition de la taxe professionnelle qui les prive d’un moyen d’action, puis, par la suppression envisagée de la « clause de compétence générale » de leur capacité à conduire une politique économique. n « Pourra-t-on continuer à aider le développement économique ? » Questions à Jeannik Nadal, Conseiller général du canton de Montagrier, membre de la Commission des finances du Conseil général. Que va changer la suppression de la taxe professionnelle ? Le Département perçoit environ 140 millions d’euros de recettes fiscales. La Taxe Professionnelle qui représente près de 40% de ces recettes fiscales et nous permet d’avoir une politique économique : - aides à l’innovation des entreprises, - aides à l’immobilier d’entreprises, - aides aux entreprises qui traversent des difficultés. Avec la suppression de la TP, nous perdons l’un de nos moyens d’action. L’État compensera-t-il la perte de cette taxe ? Il le prétend, mais l’expérience des dernières années, à commencer par celle de l’APA pour les personnes âgées dépendantes, nous montre que la compensation ne suit pas l’évolution des besoins et des dépenses. Nous devons chaque année combler des différences qui se chiffrent en millions d’euros. Même si la compensation de la TP était favorable, notre développement ne dépendrait plus du dynamisme et du fruit des efforts des Périgourdins. C’est une perte d’autonomie ? Les lois de décentralisation ont donné aux Départements, une autonomie financière importante. La fin de la TP, la suppression des recettes de TH en 2011 et la réforme à venir des collectivités locales remettent en cause cette autonomie. Aujourd’hui, nous maîtrisons nos choix. Demain, nous ne pourrons plus être décideurs chez nous. Nous perdons notre faculté d’ini tiative. « Baisse générale d’activité » C’est ce que titrait la note générale de conjoncture de la Chambre économique de la Dordogne du 1er Semestre 2009 : baisse du chiffre d’affaires pour 43% des entreprises et stabilité des investissements pour 64%. A cette date, 10% des entreprises avaient réduit leurs effectifs (et 11% avaient recruté, évidemment dans des proportions différentes). Parmi les entreprises ayant sollicité une banque, près d’1 sur 5 n’a pas été soutenue dans son projet. Cette note montrait aussi que 49% des entrepreneurs dans tous les domaines gardaient confiance dans l’avenir, 27% s’avouant plus pessimistes. 13



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