Yegg n°81 juin 2019
Yegg n°81 juin 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°81 de juin 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Yegg Magazine

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 16,5 Mo

  • Dans ce numéro : le choc des consciences.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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CÉLIAN RAMIS Celle qui arbore une créativité sans fin Au XIXe siècle, le monde découvrait l’imagination prolifique de Lewis Carroll grâce à son roman Alice au pays des merveilles. Au XXIe siècle, le farfelu prend un nouvel envol, sous la forme d’une fresque géante en réalité augmentée, La Grande Histoire du Dessin Sans Fin, signée Elly Oldman, illustratrice rennaise à la créativité débordante, découverte sur le tard. C’est lors d’une période d’immobilisation due à une forte crise d’épilepsie menant à une entorse que Loona commence à griffonner  : « Je me faisais chier, je traçais des traits et j’en ai eu marre, j’ai commencé à faire des dessins approximatifs et moches. En 2017, j’ai chopé une tablette graphique avec un stabilisateur, du coup ça me permettait de contrôler ma main. Et là, j’arrivais à dessiner ce que je voulais dessiner ! » Autodidacte, elle se lance dans le Dessin Sans Fin dont elle poste les avancées sur Instagram, où elle bâtit progressivement sa communauté de followers. « Je m’amusais. Je me suis inspirée de mes potes, de mon chat, de films, séries, musiques, arts visuels, sacs à main, etc. C’est vraiment de la pop culture. Au début, mes premiers personnages n’étaient pas très aboutis mais j’ai bossé. Pendant 6 mois, 6 à 7h par jour, et puis j’ai commencé à mettre une chasse au trésor dans le dessin et à faire gagner des stickers et des magnets que je fabriquais. », explique-t-elle. Elle est repérée par Electroni(k) qui souhaite alors exposer son œuvre. Problème  : elle mesure près de 15 mètres de haut sur environ 60 centimètres de large. « Ça ne ressemble à rien. Pas grave ! J’ai choisi de dessiner la suite sur un format plus adapté en taille, pour qu’on puisse marcher dessus en chaussettes et pour que ça puisse voyager dans plein d’endroits, des petits comme des grands. La fresque doit être terminée en septembre. Sachant que 1 ligne prend 5h de taf. Et qu’on doit ajouter de la réalité augmentée. À la fin, il y aura 2500 objets et personnages. Il m’en reste encore environ 1000 à faire. », précise l’artiste qui ne recule devant rien. Début mai, elle montait sur la scène du Liberté à Rennes pour présenter son projet devant plus de 3000 personnes à l’occasion du plus grand TEDx de France  : « J’ai halluciné quand ils m’ont contactée et en fait, j’ai réalisé que mon projet, il était pas si con et qu’il était écolo. » Engagée dans des actions citoyennes, Loona a co-fondé avec une amie le collectif RiveRennes pour lutter contre les incivilités. Ramasser les déchets, cela relève du bon sens pour elle. « C’est pas compliqué ! Tu vas boire des coups, bah en chemin, tu ramasses les mégots et tu les jettes à la poubelle. C’est l’occasion d’être moins bête  : ne pas mettre des mains au cul, ne pas pisser partout, ne pas jeter ses canettes par terre… C’est exactement ça la problématique sur la fresque. » Elle nous embarque dans une aventure loufoque dans laquelle on suit une petite fille et un robot farfelu qui, alerté-e-s par une chèvre en costume lisant un livre enfermée dans un bocal tombé du ciel, décident de partir aider les mondes parallèles à ne pas s’effondrer et à sauver le marécage complètement bousillé par l’Infâme Fils de Prince qui en a pillé toutes les ressources. Le message est clair, le concept ludique. Un Où est Charlie ? version Elly écolo et son méli mélo bouillonnant de références à trouver, dénicher, identifier. Pendant ce temps-là, l’inconscient absorbe le propos  : « Je veux développer le réflexe chez les enfants (et les adultes) que ramasser les déchets, c’est mieux que de les laisser par terre. La fresque va être exposée à Rennes en octobre, et puis on pourra l’emmener dans les écoles et j’aimerais beaucoup qu’on puisse la diffuser dans les hôpitaux pour les enfants qui sont hospitalisés sur des longues durées. » En attendant, on peut suivre les épopées crayonnées de l’illustratrice sur les réseaux sociaux, mais surtout on peut d’ores et déjà retrouver une autre fille dessinée par Elly Oldman. Les cheveux noirs, deux couettes, une frange, un blouson bleu et l’air un peu impertinent, cette gentille sale gosse affiche en lettres majuscules son appartenance à la scène musicale rennaise  : La petite fille d’Elly Oldman est la représentante de la prochaine édition du festival I’m from Rennes. « J’ai résumé là tous mes potes, clients, l’esprit de la musique que j’écoute, cet état d’esprit qui définit bien Rennes de joie gentiment débile rock’n’roll. Elle dit ça je trouve avec sa tête de « j’t’aime bien et j’t’emmerde aussi un peu ». », conclut-elle, l’air innocemment provocateur. On adhère, à fond. I M.C. Juin 2019/yeggmag.fr/03
... YEGG... ÉDITO l ALLEZ LES BLEUES !!! PAR MARINE COMBE, RÉDACTRICE EN CHEF. « Mais comment une petite fille de 4 – 5 ans a l’idée de taper dans un ballon ? » Le 29 mai, la journaliste de France Inter, Léa Salamé, interroge la capitaine de l’équipe de France de foot, Amandine Henry qui rétorque instantanément  : « Bah comme a l’idée un petit garçon de 4 – 5 ans, y a pas de différence au final… » On ne critiquera pas la question de notre consœur posée pour embrayer sur la vraie différence actuelle  : le statut des footballeuses, encore peu nombreuses à pouvoir en vivre (et quand elles y parviennent, elles sont loooooooiiiiiiiiin d’être autant rémunérées que les footballeurs), les conditions dans lesquelles elles s’entrainent et jouent ainsi que les a priori sur les joueuses. Et c’est là que ça nous agace. Pas tant dans la forme. Mais dans le fond. En 2019, les femmes doivent encore répéter et prouver qu’elles peuvent être sportives et féminines. Qu’en dehors du terrain, elles sont maquillées et bien habillées. Pour rassurer tout le monde... Mais ça veut dire quoi ? Que la féminité ne s’acquière que par les efforts que l’on fait pour ressembler à l’image supposée de la norme féminine ? Que si une footballeuse, handballeuse, joueuse de rugby, volleyeuse et on en passe, ne s’apprête pas, elle n’est pas féminine et mérite finalement l’infâme étiquette de « garçon manqué » qui lui colle à la peau depuis la cour de récré parce qu’elle a osé affronter les remarques et moqueries des garçons (qui eux n’ont jamais eu à prouver qu’ils savaient taper et courir derrière un ballon) qui ont fini par l’accepter (grands princes de mes f*****) ? C’est usant, sérieusement. Alors oui, on se réjouit de la médiatisation de la Coupe du monde féminine de football qui a lieu du 7 juin au 7 juillet, pour la première fois en France (et surtout, on est ravi-e-s que des matchs se déroulent à Rennes). Oui, on espère que l’engouement actuel suscité par l’événement ne retombera pas comme un soufflé dès la fin de la finale ou plus vite, si les Françaises sont rapidement éliminées. Mais surtout, surtout, ce que l’on espère par dessus tout parce que vraiment ça nous compresse les viscères, c’est qu’on en viendra à réfléchir à comment ne plus dire « coupe du monde féminine », « coupe du monde de foot féminin », « équipe féminine de foot », et plus largement « artiste féminine » et autre En fait, qu’on arrête d’envisager le monde à travers le prisme masculin. Tout simplement. Alors pour tout ça, allez les bleues !!! Juini 2019/yeggmag.fr/05...



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