VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : voxlemag.wordpress.com

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur les netocrates.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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mamma= II uAm VAELATA MVO, 04 50 CHRONIQUE Les netocrates  : le grand péril Internet et Démocratie ul m aim roam D cii 4 `eu - Nz e w M■■MEEIMARNMOM kJ MilA 30MMAVM:='A's.0 -PArt■tt,411F° i ;. wommumuLm4Imr5m, A3A e111rdillU,WElw mtlicroM■OF■■ildtj MN7.1W. Mc) -3- J"W ANIVI oo11 1 ; MM TP4V W  : DAIM - MAAM,UiRd V411 A■ AATml WA di AAAS Sv'g PRIM F ! -gA- I■A■. iAm - =1 A w Ammil■ # murAan o m i`ABmigin 114110(0M MOM ■EA  : ô.0 MRA UVI LM wtS °EiliATUUR itIV UnA, uTAI ; Iv o-o 4 ANaar.0 o fl o-fl AAA c-°0F_. All D (°titJA* 46aa, 2 C W0101 4 T L gAv°modrblt.'i « Les décisions politiques ne se prennent plus lors d’élections, dans les parlements, ou même lors de référendums sur le Net, mais à l’intérieur de réseaux fermés dont les membres, tels ceux des guildes médiévales, sont cooptés dans leurs propres rangs. Les principes nétocratiques remplacent les principes étatistes. Les mesures de force remplacent les idéologies. La nouvelle classe dirigeante dont nous observons la naissance n’est plus intéressée par la démocratie, au-delà d’une simple curiosité nostalgique. Le souci de l’appareil idéologique netocratique  : faire que le processus tout entier paraisse « naturel » ».Les Netocrates, p.84. uDans la société netocratique, la démocratie n’est plus qu’un pâle fantôme des âges passés. Désormais, le pouvoir est sur le Net. Certains pensent naïvement qu’Internet peut se subsister à la démocratie, car il est plus facile de s’exprimer et de se parler. C’est là un préjugé qu’il nous faut démonter. Internet est un outil, un magnifique outil dont les potentialités sont infinies. Ne transformons pas cet outil en finalité, ne substituons pas l’IRL à l’Internet. Internet est une opportunité pour repenser nos démocraties, souvent court-circuité par de multiples Kratos, mais nullement une opportunité pour les supplanter. Internet pen- 0 p o
sée comme lieu de contre-pouvoirs, évidemment, là on peut évoquer Anonymous et l’Hacktivisme par exemple, mais Internet pensé comme nouvelle capitale du pouvoir, c’est le retour à la loi de la jungle. Nous voulons aborder deux points essentiels qui rendent impossible tous projets démocratiques via le Net exclusivement  : le regroupement des Internautes selon des critères communs ; la violence symbolique sur le Web. ; Des relations à la carte La démocratie suppose différents points de vue, différentes idées, différentes idéologies, selon différents critères et degrés. La société démocratique est ce lieu où ces points de vue, parfois opposés, peuvent se parler, débattre, dialoguer. Même les minorités peuvent s’exprimer et prendre la parole. Regardez autour de vous, nul doute qu’il y a dans votre ville une multiplicité de points de vue, des gens avec qui vous travaillez qui pensent différemment, ce qui ne vous empêche pas de discuter avec eux. Dans la société, on ne choisit pas forcément qui on fréquente, on peut certes choisir ses relations amicales, mais dans la vie quotidienne on rencontre tout le temps la différence. Ces différences sont enrichissantes quand elles s’opèrent dans un tissu commun qu’est le dialogue. La démocratie encourage cet enrichissement, cette confrontation raisonnable et paisible de différentes perspectives. La démocratie ne suppose pas qu’un camp ait raison sur un autre, personne n’est détenteur d’une vérité, tout est question de compromis, le meilleur des compromis étant au bénéfice du plus grand nombre, tout en sachant que ces compromis sont toujours renégociés, car la démocratie est en constant mouvement. En théorie, les pouvoirs doivent toujours bouger (en théorie, car malheureusement dans la réalité on voit toujours les mêmes têtes), et ces pouvoirs sont limités par des contre-pouvoirs (là, Internet peut jouer un rôle déterminant). Maintenant, regardons ce qui se passe de plus près sur le Web. Dans la société, on ne CHRONIQUE Les netocrates  : le grand péril choisit pas dans quel cercle on va évoluer, on doit jouer avec toutes les différences que nous rencontrerons, dans le plus grand respect des autres ; sur Internet, on peut choisir un cercle dans lequel évoluer, on peut s’agréger à des groupes pour lesquelles nous adhérons dans le thème ou l’idée. Sur Internet, on peut éviter de se frotter aux différences, on peut fuir les opinions qui ne sont pas les nôtres ou qui nous dérangent, on peut à la carte tisser un réseau qui nous ressemblera le plus. Bref, sur Internet, on a tendance à rester avec ses semblables, à côtoyer des gens avec qui on a tout en commun. Et s’il y a désaccord avec un membre du réseau, cela se traduit généralement par un départ volontaire, ou un bannissement. Sur le Net, on se confronte moins aux différentes opinions que dans la société. Certes, on peut naviguer sur le Web, prendre un peu la température, lire les commentaires des autres, recenser les opinions, mais cela ne se fait jamais dans le cadre d’un débat serein, d’un vrai dialogue. Et quand un vrai dialogue il y a, on n’est jamais à l’abri d’un petit malin ou d’un Troll qui viendra mettre son grain de sel, juste pour le fun. Internet est un bon endroit pour se faire une idée des opinions en tout genre, mais un très mauvais endroit pour installer un débat constructif démocratique, si ce n’est dans des réseaux fermés peut-être. Mais si le réseau est fermé, à quoi bon débattre ? Bref, le serpent se mord la queue. Attention, nous ne disons pas que les débats ne sont pas possibles, nous disons juste que les débats sont bien plus difficiles à mettre en place qu’à l’extérieur. « Si l’on peut facilement trouver sur le Net des gens avec qui l’on a tout en commun et fuir ceux qui ne nous correspondent pas, le Net devient inutile comme défense de la démocratie » Les Netocrates, p.83. Les violences symboliques sur le Net  : les ringards, les cons et les noobs L’idée de « violence symbolique » a été pensée et formulée par Bourdieu et Passeron afin de mieux comprendre les rapports de forces qui s’opèrent en cachette dans Vogl Voki 51



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