VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : voxlemag.wordpress.com

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur les netocrates.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 44 - 45  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
44 45
44 Vo CHRONIQUE Les netocrates  : le grand péril bien remplie des meilleures informations possibles qu’on est moins bête. Bien au contraire, nous sommes dans l’illusion de connaître, d’être à la page, et de moins en moins de monde ne fait l’effort de prendre un peu de temps pour vérifier l’information en question, lier cette info à d’autres. Même les journalistes aujourd’hui ne peuvent plus vérifier leurs sources, pas par manque de compétences ou de sérieux, mais parce que la masse de données les écrase littéralement. Deux solutions s’ouvrent à nous  : soit on prend ce problème à bras le corps et on essaie de ramener un peu de lenteur et de recul dans ce mélimélo de données, ce qu’essaient de faire de nombreux hacktivistes, chercheurs et journalistes ; soit on laisse faire les netocrates en les laissant manipuler et peser les informations en fonction de leurs valeurs attentionnelles, ce qui fera de nous de vulgaires consommateurs avide de divertissements informationnels. ; u La fin de l’humanisme uLe nouveau paradigme informationnaliste et la société netocrate mettent un coup d’arrêt aux vieilles idées bourgeoises, dont l’humanisme associée (à tord) à cette pensée bourgeoise. L’ouvrage d’Alexander Bard et de Jan Söderqvist décrit très bien ce transfert, mais il est assez dommageable qu’il évoque uniquement l’humanisme bourgeois. Humanisme et Bourgeoisie sont interconnectés, or il est possible de penser un autre humanisme, non bourgeois, qui une fois de plus, nous aidera à comprendre les problèmes de la netocratie. L’humanisme est né dans l’Italie de la Re-
naissance et n’a cessé de se remodeler au fil des siècles. L’humanisme de Pétrarque n’est pas le même humanisme que celui de l’après-guerre par exemple. C’est une erreur de considérer l’humanisme comme une sorte de courant uniforme qui traverse les âges sans bouger. Ce que l’on entend nommer « humanisme bourgeois » n’est qu’une modalité de l’humanisme. La caractéristique de l’humanisme bourgeois est qu’il vise un homme désincarné, la figure d’un homme abstrait dans le ciel des idées. Autrement dit, on peut se dire humaniste en refaisant tranquillement le monde chez soi, bien au chaud, en proclamant des valeurs toutes mignonnes dont l’agir, l’action concrète, est nul. L’humanisme bourgeois est d’abord une religion laïque, sans dieu, mais qui garde des préceptes de l’ordre de la transcendance. La pensée chrétienne y est pour beaucoup dans cette abstraction. L’Homme de l’humanisme bourgeois prend une majuscule, car c’est du concept de l’homme dont on parle, d’un homme ontologique, non d’un homme réel qui pète et qui rote. Avec l’humanisme bourgeois, il est tout à fait possible de tomber sur un humaniste misanthrope, de tomber sur un humaniste prêt à faire quelques dons pour parfaire son image tout en favorisant la traite humaine dans son entreprise, ou encore un humaniste qui prône l’accès au savoir et à la connaissance pour tous mais qui garde jalousement quelques secrets qui auraient pu profiter à autrui. Bref, l’humanisme bourgeois, c’est d’abord du vent, une idéologie trompe-l’œil, efficace dans le passé, inopérant à l’époque d’Internet (car il est désormais difficile d’être aussi crédule...quoique). Contre un humanisme qui pense l’homme abstrait, il nous faut désormais envisager un humanisme qui tend vers l’homme concret, l’homme que l’on croise dans la rue, l’homme ici et maintenant. Un humanisme concret, voilà ce qu’il nous faudrait. L’idée est la suivante  : nous sommes tous différents, nous avons tous nos points de vue, nous avons une culture ou une religion différente, nous avons chacun nos petits problèmes (...), mais merde nous sommes d’abord tous dans le même bateau. L’idée CHRONIQUE Les netocrates  : le grand péril de cet humanisme consiste à agir concrètement pour l’épanouissement de chacun, pas forcément par de grandes actions altruistes, mais par des petits gestes, voir des petites bidouilles (hacking...). Pas besoin de vendre des capsules Nespresso pour faire bouger les choses, sur le pas de votre porte vous aurez déjà pas mal à faire. Pas besoin de grands moyens internationaux, l’action doit être à la portée de tous pour tous, sans pression ni culpabilisation. Ce que nous voulons dire aux pro-netocrate, c’est qu’ils risquent de faire l’erreur de jeter l’humanisme tout court en rejetant l’humanisme bourgeois. Pour éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain, un minimum de réflexion en dehors des réseaux s’impose. Mais là est le problème  : la réalité du netocrate, c’est d’abord le réseau, ce qu’il y a dehors ne l’intéresse que trop peu, à moins que cela passe par le prisme du Net. ; u Vogl Voki 45



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :