VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : voxlemag.wordpress.com

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur les netocrates.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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VoP41 22 VoP41 DOSSIER Les netocrates Pour citer des exemples passés, rappelonsnous de la période Sarkozy ou le public était, lors des apparitions publiques, choisi en fonction de sa taille (surtout pas plus grand que lui) ; ou encore composé d’un public de fans (de son parti politique) et donc forcément hautement enthousiaste malgré une côte de popularité au plus bas. L’autre technique de l’ère capitaliste était d’utiliser une propagande exprimée de manière pédagogique. Le but était précisément d’éduquer le citoyen à devenir son propre policier moral. « Personne n’est assez mince, assez beau, assez bien habillé pour être laissé en paix et éviter les incitations répétées à devenir meilleur » [les netocrates] Les structures de pouvoir utilisant la fiction Homme n’étaient pas uniquement l’Etat et le parlement, mais bien tous les organismes capitalistes. Ainsi, il fallait perpétuellement distiller la haine de soi afin que la classe inférieure se soigne par l’hyperconsommation. Concernant le travail, la tâche incombant à la classe inférieure des travailleurs consistait à être productif en toute circonstance  : c’était là, la définition même d’un humain prospère. La fiction Homme, rappelons-le, devait forcer (en l’esprit de chacun) (« dans l’esprit de tous » ou « de quiconque » pour eviter la répétition de chacun chacun de ses travailleurs à devenir parfait, notamment pour son entreprise. Les parias étaient ceux ne se normalisant pas d’après cet idéal fictionnel. Le capitaliste devait maximiser les profits pour nourrir son identité individuelle et garder son pouvoir sur autrui. Toute activité qui n’était pas enregistrée, mesurée en termes économiques, générait l’hostilité du capitaliste qui y perdait la main mise  : il ne pouvait pas enregistrer l’activité, la quantifier ni la taxer. Elle avait donc une valeur nulle, alors il a vite fallu transformer des activités qui n’étaient pas systématiquement salariées (comme la garde des enfants par exemple) en contrats. Le droit de grève permettait aux capitalistes de maximiser les profits  : les grèves servaient d’indicateurs des conditions et des salaires. Il suffisait de fixer ceux-ci juste au-dessus du seuil critique afin d’ajourner toute rébellion. Ainsi, le travailleur se sentait respecté  : il avait le droit de se rebeller, mais le cadre étant restreint, les structures de pouvoir se maintenaient et la classe inférieure restait inférieure tout en permettant de maximiser leur profit (donc d’acquérir encore plus de pouvoir). Pour pacifier le travailleur, les capitalistes lui permettaient de faire des alliances, de s’élever. Son auto-développement canalisait son énergie à sa seule personne. Tout comme au temps de la féodalité, mais avec d’autres modalités, on faisait taire la rébellion en la faisant accéder à un statut supérieur. Pour conclure, on peut constater le verrouillage de ce système qui maintient toujours les inférieurs à leur place et la classe supérieure toujours supérieure. C’est plus subtil et sans doute moins violent que la féodalité, mais les structures de bases et les stratégies se ressemblent fortement. La fiction est maintenue par tous les moyens  : en manipulant l’opinion, en la faisant passer pour vérité universelle, en culpabilisant l’individu de ne pas être à sa hauteur (le système étant tellement rodé que les autres individus ne manquent pas de le rappeler aux autres, en alliance inconsciente avec les Etats et les corporations ou les médias), en l’éduquant sans cesse à être son propre policier moral (et donc à s’auto inculquer les règles et punitions liées à cette fiction), en cloisonnant l’imagination (on ne peut pas inventer d’autres concepts que l’Etat), en lui faisant peur (du changement, de la différence, de l’étranger, de la foule), en lui faisant croire que tout est possible, qu’il est libre (avec le droit de grève, le droit de vote...). N’allez pas imaginer une assemblée de complotistes illuminatis qui alimentent en secret cette fiction dans des lieux secrets tenus par les franc-maçons ou par la confrérie des Poneys  : la fiction est si bien pensée qu’elle s’alimente d’elle-même, que tous lui portent foi, que tous pensent que c’est la bonne chose à faire. Évidemment, surtout les puissants, car ils ont tout à gagner à ce que le monde ne change pas. ; u
DOSSIER Les netocrates Du capitalisme à l’informationnalisme Data center de Google « s’informer c’est tenter de synchroniser ce qui se passe sous votre crâne et la réalité du monde extérieur » [les netocrates] Pour expliquer l’importance fondamentale de l’information (qui nous mènera ensuite à l'informationnalisme), les auteurs prennent différents exemples frappants  : Celui du soldat japonais, qui faute d’avoir pu communiquer avec autrui, faute d’avoir eu l’information essentielle, avait continué la guerre des années après qu’elle se soit arrêtée. L’autre exemple est celui d’un chef inca  : Francisco Pizarro capture un chef inca avec 168 hommes contre une armée de plus de 80 000 soldats. Les Incas ne connaissaient rien de leurs hôtes alors que les Espagnols étaient très bien informés. Chaque échec prouve alors une défaillance dans l'information  : « nous n'avons pas été aussi bien informés que nous le pensions ou l'espérions. Le décalage entre notre perception de la réalité et cette des autres, entre nos fictions personnelles et la réalité était trop important » [les netocrates] 23



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