VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
VoX n°5 jun/jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de jun/jui/aoû 2013

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : voxlemag.wordpress.com

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 12 Mo

  • Dans ce numéro : dossier sur les netocrates.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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VoP41 10 VoP41 DOSSIER Les netocrates « Assurément, vous ne sortirez pas indemne de votre rencontre avec Les Netocrates » la quatrième de couverture n’aura pas menti  : VoX n’est, en effet, pas sorti indemne de cette lecture, au points que nos rédacteurs aient voulu y consacrer tant de pages. Ce fut tant une lecture éprouvante, enthousiaste, dégoûtante, palpitante, écœurante, fatigante, formidable que nous ne pouvions pas passer à côté sans vous en toucher deux mots (un peu plus, il est vrai). Cette lecture permet d’éclairer notre présent, voire notre potentiel futur, ses menaces, ses joies à venir et VoX comme Anonymous ne peut que se sentir concerné par de telles réflexions, où Internet devient le dieu, ou du moins le point fictif, pour reprendre les termes des auteurs. Attention, néanmoins. Le terme de netocrate se retrouve sur le net, se voit flatteur, des blogueurs enfilent naïvement le costume de la future aristocratie et certains attendent l’avènement de la netocratie avec impatience. Nous espérons qu’ils n’ont pas lu le livre ou sont très mal informés sur la question. « Selon Deleuze, la tache de philosophie est bien plus modeste [que la quête totaliste d’une vérité universelle]  : elle doit créer des concepts fonctionnels qui aident les gens à s’orienter dans l’existence et les encouragent à faire de leur vie une œuvre d’art. » [les netocrates] Avec les Netocrates, les auteurs nous proposent un essai de philosophie politique d’anticipation et, leur vision de l’objectif de la philosophie, est celle de Deleuze  : par la création de cette classe de netocrates, ils créent ce concept fonctionnel, ils n’entendent pas poser une vérité universelle ; il s’agit, par la théorie qu’ils proposent, de clarifier le monde actuel et à venir, offrir un socle de pensées qui ouvre le débat, la réflexion et la « prévention » de certains futurs possibles. Pour parler vulgairement, ils ne disent pas « la netocratie c’est génial, c’est la société qu’il faut, foncez, devenez tous netocrates, les netocrates, c’est cool, c’est bien ». Le but est bien de commencer un dialogue, une réflexion poussée sur la façon dont les nouvelles technologies vont changer la société. Pas d’énoncer la façon dont le monde devrait être. « Nous ne sommes pas des représentants de commerce  : nous n’essayons pas de vendre l’Âge de l’Information aux consommateurs français, et nous ne faisons la promotion d’aucune idéologie. Nous affirmons simplement que ces changements arrivent, nous nous demandons pourquoi ils opèrent maintenant et pourquoi c’est une bonne idée d’essayer de les comprendre - pour ne plus être hors sujet. » Interview Chronic art L’origine du livre Les Netocrates (conçu fin des années 90) prend ses racines dans la frustration de ses auteurs quant au débat public sur l’avenir numérique (teinté d’énormités idéologiques, déprimant...), dans la vision si erronée que portaient les patrons capitalistes (se résumant à internet = possibilité de faire de l’argent). Leur but était bien de stimuler le débat sur la réforme des institutions politiques et éducatives, comme sur la façon de faire face au futur. Nous avons vu chaque jour le terme netocratie ou netocrate pris de travers, selon des interprétations parfois orgueilleuses, parfois dangereuses. Ces personnes savaient-elles de quoi elles parlaient réellement ? Quelle que soit la réponse, nous avons décidé d’évoquer le plus clairement et le plus objectivement possible la pensée des auteurs dans un premier temps, puis nous nous sommes permis d’élargir la réflexion sur les pistes lancées par Alexander Bard et Jan Söderqvist (page X). ; u
DOSSIER Les netocrates iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Vogl OUTILS d’interprétation et d’analyse uLes auteurs font le constat d’un défaut croissant de vue d’ensemble sur notre monde, notre société. Tout est devenu particulièrement complexe, nous sommes inondés d’informations parfois contradictoires sur le moindre des détails. Cherchez ne serait-ce que la « bonne façon » de cuire des pâtes et vous vous verrez inonder d’avis, de conseils tous différents, peut être même que vous assisterez à des combats internes entre les utilisateurs d’huile ou de beurre. Alors comprendre la société, la façon dont elle roule ou ne roule pas, déceler les vrais pouvoirs, l’important ou le futile, la réalité ou le mensonge peut s’avérer une rude tâche, ou chaque pouvoir (médias compris) pourra vous renvoyer à son modèle interprétatif, contradictoire à l’autre et, au final, bon nombre seront perdus. Ou manipulés. Les auteurs vont donc nous offrir avec Les Netocrates un outil d’interprétation et d’analyse du monde clair et relativement simple qui permet de saisir les problématiques, les pouvoirs en place et la façon dont tout cela s’agence. Cet outil, d’abord utilisé pour voir la façon dont s’est déroulé le passé puis notre présent s’attellera à être appliqué à un futur probable. Paradigme « Un paradigme est une représentation du monde, une manière de voir les choses, un modèle cohérent de vision du monde qui repose sur une base définie (matrice disciplinaire, modèle théorique ou courant de pensée). C’est une forme de rail de la pensée dont les lois ne doivent pas être confondues avec celles d’un autre paradigme et qui, le cas échéant, peuvent aussi faire obstacle à l’introduction de nouvelles solutions mieux adaptées. » [definition wikipédia] Un exemple simple de paradigme  : Dieu et la religion du temps féodal. Ce « paradigme » définissait quelles pensées pouvaient être pensées (impossible d’envisager au moyen âge que le roi puisse être un imposteur, car c’est Dieu qui lui a donné son pouvoir ; Dieu ne peut qu’exister, donc le roi est forcément légitime), il représente l’ensemble des préjugés et des valeurs (ceux qui ne croient pas en Dieu sont donc des barbares) et il est dans une logique exclusive  : deux paradigmes ne peuvent pas coexister chez un même individu (on ne peut pas croire en Dieu, et ne pas croire en Dieu). Vo K1 11



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