VoX n°4 jan à mai 2013
VoX n°4 jan à mai 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan à mai 2013

  • Périodicité : irrégulier

  • Editeur : voxlemag.wordpress.com

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 19,2 Mo

  • Dans ce numéro : dissection... chroniques de la censure ordinaire.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Bonne année 2013 ! Et l’année démarre fort, car nous avons franchi cette maudite fin du monde, ce 21 décembre 2012 où l’on nous prédisait une pluie de boulettes géantes de feu, ou ce genre de déluge à la noix. Bravo à tous pour avoir survécu ! Pourtant, il y a bien eu de gros dégâts en ce crépuscule 2012, avec l’extinction sur le Net d’une référence que nous voulons saluer  : OWNI.fr. OWNI était un média libre et gratuit, concentrant des articles et des documents essentiels sur nos sociétés numériques, les graphismes, la surveillance, les projets liberticides, la philosophie hacker Bref, un média en phase avec son époque. L’équipe de VoX fut saisie d’effroi à la découverte de la fermeture de cette bouffée d’air frais du Web, et nous pouvons dire sans risque que beaucoup d’anon francophones ont partagé ce même sentiment. OWNI, Merci, Merci pour tout. Merci d’avoir existé. Merci de laisser tes archives ouvertes. Nous espérons que sous une forme ou une autre, tu renaîtras un jour de tes cendres. Ce sentiment d’effroi, de frustration intellectuelle qu’est la perte d’un grand média, de la perte d’un vecteur d’information, voilà un point commun avec le grand thème de ce numéro 4 de VoX  : la censure. La première opération Anonymous a été initiée en réponse à une censure sur la toile  : la suppression d’une vidéo de Tom Cruise par la scientologie. L’acteur de Top Gun (pour ne citer que ce chef d’œuvre), et numéro 2 (au passage) de la secte, y parlait justement de son petit clan, de son super bonheur et de ses supers pouvoirs EDITO d’être scientologue (voir le numéro spécial de VoX sur la Scientologie si vous voulez en savoir plus). La confrérie de Ron Hubbard est experte dans cette pratique de censure, de suppression et de manipulation de l’information ; sans oublier la censure individuelle, les adeptes ne pouvant plus parler (ni même penser) librement. La censure, c’est cette volonté de contrôler son environnement immédiat, d’imposer des mœurs et des idées par la négation de propos qui n’entre pas dans l’idéologie officielle. L’antidémocratie a l’état pur. N’omettons pas de rappeler l’opération Megaupload, il y a un an  : pour mémoire, la plateforme de téléchargement Megaupload avait été fermée du jour au lendemain par le FBI, privant des millions d’utilisateurs de leurs propres données et productions, dont ceux d’artistes et de professionnels. La lutte contre la censure est donc bien dans la principale ligne de mire d’Anonymous. D’un point de vue historique, la censure s’est toujours imposée dans l’histoire en opposition en grandes vagues libertaires (voir notre dossier « Histoire de la censure ») ; elle a même parfois façonné l’histoire. Les historiens pourraient vous en citer des exemples, mais aujourd’hui encore il suffit de faire un petit tour dans les pays qui ont empire sur les médias, comme la Chine, et qui réécrivent l’histoire à coup de suppression et de modification d’évènements. Dans nos sociétés, la censure s’est confortablement installée. Elle parvient même à prendre une certaine légitimité sous couvert de la loi et des mœurs. Alors qu’il aurait fallu une procédure judiciaire impartiale pour retirer une image ou un commentaire de la sphère publique et en condamner l’auteur, il
suffit aujourd’hui de cliquer sur un petit bouton pour exclure ce qui dérange (voir l’article « chroniques de la censure ordinaire »). Internet va vite, la censure se met au pas. La censure s’automatise, devient systématique. Des projets de législations internationales tentent de prendre forme dans leurs coins. Ce fut par exemple le cas de WCIT qui n’aura heureusement pas atteint son but, mais qui démontre cependant ce désir des grandes puissances (particulièrement les intérêts privés) d’avoir une emprise totale sur le Net (voir l’article « Adieu Internet libre »). La censure ne peut être systématisée. Même lorsqu’elle semble légitime, contre des propos racistes par exemple, elle n’est pas instrument de justice et d’harmonie, mais de déni. On ne résout pas un problème en faisant comme s’il n’avait pas existé. Organiser le déni d’un problème, c’est risquer que ce problème resurgisse ailleurs, plus fort, plus violent. Il y a d’autres solutions. Lesquelles ? Tout simplement celles que nous avons toujours utilisées jusqu’ici  : raisonner l’autre si c’est possible, et lorsque ce n’est pas le cas et que celui-ci franchit la ligne rouge, les procédures classiques se mettent en place. La censure appliquée aux mœurs, sous toutes ses formes, est contre-productive. Bien pire encore quand celle-ci touche la culture, la connaissance, le libre partage, les contre-pouvoirs... C’est même bien souvent lié  : au nom de la lutte contre le tabagisme, on va par exemple supprimer d’une affiche de Jacques Tati une pipe remplacée par un petit moulin à vent jaune. On n’aurait pas pu faire pire pour rendre hommage à cet acteur-réalisateur. Enfin, la censure c’est aussi, à défaut de supprimer l’information ou le média, en limiter l’accès. En fonction de votre situation sociale, de vos compétences en informatique ou non qui vous permettront de contourner ces limitations, tout le monde n’est pas à égalité. Ce type de limitation, de plus en plus courant, est d’une effroyable injustice. Petit exemple dans l’article Chronique de la censure ordinaire II. La disponibilité quasi immédiate de l’information, la vitesse et la non-limitation des informations et de la communication ne doit pas s’accompagner de la célérité des procédures judiciaires (quand procédure il y a, c’est de moins en moins le cas). Anonymous lutte pour éviter que la censure devienne systématique, que les infrastructures sur Internet qui rendraient possible la surveillance des données et la suppression en masse de ces informations ne soient pas installées. C’est aussi l’un des objectifs de l’OpBigBrother (voir l’article « #OpBigBrother »). Voilà du grain à moudre qui méritait tout un numéro, et sans doute plus. Nous aurons l’occasion d’en reparler à l’avenir. En parlant d’avenir, sachez que VoX va fêter sa première année, le 14 février prochain pour fêter les tous débuts du projet, et début avril pour la sortie du premier numéro. Venez nous rendre visite ces jours-là (sur notre chan, voir le numéro 2 de VoX pour nous contacter), nous vous distribuerons des bols de Chocapics et de Miel pops, virtuels bien sûr. Et passez faire un tour de temps en temps sur le blog, des surprises sont en préparation. Soyez ouvert et critique, résistons et construisons ensemble, Bonne lecture L’équipe de VoX



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