Univers Interactif n°11 jui/aoû 1996
Univers Interactif n°11 jui/aoû 1996
  • Prix facial : 30 F

  • Parution : n°11 de jui/aoû 1996

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Pressimage

  • Format : (204 x 265) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 77,5 Mo

  • Dans ce numéro : pourquoi nous avons tant de mal à grandir, le Monde des Semi-Adultes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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dans l'espace oral/tactile du XXlème siècle sera l'inefficacité ce n'est pas tout à fint exact. En fait, le produit fait la promotion du consommateur. La publicité donne au groupe de consommateurs son identité et sa raison d'être, et avec un petit peu d'aide, le groupe commence alors à interagir et à s'amuser. L'existence de la communauté de consommateurs persuade d'autres individus (qui sont alertés par la publicité) de participer. L'angoisse de l'étranger peut être surmonté en consommant le produit, ce qui fait de lui un membre de la communauté. Réfléchiriez-vous à un travail plus important, peutêtre dans le nouveau média ? Je suis ouvert au opportunités de travail. Je ne laisse jamais les erreurs de ma vie passée m'empêcher de commettre de nouvelles erreurs. En ce moment, je pense à la lettre d'information The Deus-Lire. Le problème avec'nie Dew-Lire, franchement, c'était que cela demandait trop de travail, et bien que j'ai été en colère contre Tony Schwartz quand il a décidé d'arrêter, j'ai réalisé depuis que ce n'était pas de sa faute. Avez-vous déjà vu le paquet de cartes que nous avons fabriqué ? L'idée était de créer un tarot moderne -pas au sens occulte, mais plutôt comme une série de jeux de mots et d'images, sans aucun rapport entre eux, qui stimulerait les dirigeants sclérosés et les forcerait à être imaginatifs. Il fallait 68 >interactif n°11 Eté 1996 tourner une carte, et décrire comment elle pouvait entrer en relation avec la situation actuelle. Ma carte favorite montrait une fille avec des pâtisseries sur les seins, l'axiome sur la carte disait : "Merci pour les mammaires". Je pense vraiment que si les dirigeants avaient essayé rien qu'un fois, cette carte à elle seule aurait pu guérir leurs ulcères. Aujourd'hui, nous nageons dans l'information. C'est une sorte de nier lactée. Dans le village global émergeant, n'est-ce pas impérialiste d'attendre que tout le monde ait les mêmes valeurs (les nôtres), obéissent aux mêmes lois (les nôtres) et communiquent en anglais américain ? L'Amérique n'est plus une puissance globale : c'est une marque globale. L'Amérique en tant que marque représente la liberté, l'argent et le sexe. Cette combinaison est difficile à battre. Certains pays ont réussi à se transformer en marque. Prenez la France. Pouvez-vous imaginer un monde sans vin français, fromage français, "culture" française (un mélange étonnant de livres, de mode et d'accent), ou sans les idylles françaises (qui consistent surtout en des démonstrations d'affection en public, des baisers en plein milieu de rues bondées, etc.) ? La France récolte d'immenses masses d'argent du fait de sa francité, qui n'a que très peu à voir avec la France en tant que structure militaire
ou bureaucratique, à l'exception du fait que l'Etat français fonctionne de plus en plus comme un office du tourisme surdimensionné. L'Amérique devrait prendre des leçons sur le dépôt de marque globale. Pour réussir en tant que marque, l'Amérique devrait réduire son armée, réduire son corps diplomatique, retirer ses participations publiques dans les meetings politiques et les sommets. Cela permettrait aux produits américains, des films aux ordinateurs en passant par les sodas, de devenir beaucoup plus précieux et puissants. Le Web est-il chaud ou froid ? Le Web est froid. Plus froid que la télévision, qui est bien plus froide que l'imprimé. Sur le Web, une si grande participation est demandée qu'aucun personnage cohérent, convaincant, clairement défini ne peut être créé sans tomber dans la comédie ou la paranoïa de la conspiration. Les médias conventionnels, comme Time Magazine, doivent comprendre cela s'ils veulent réussir. Le Bouddhisme Zen, qui est très froid et qui a fleuri dans les années 50, quand le développement de la télévision créait chez les gens un besoin de se former des personnalités plus "cool", sera à nouveau une industrie florissante à la fin des années 90. Le succès dans un médium froid prend une ou deux formes. Soit vous avez un moment de gloire suprême -populaire niais transitoire- soit vous devenez partie intégrante du paysage. S'intégrer dans le paysage est très difficile dans un médium froid. Votre marque doit toujours être présente au fond de l'esprit de l'utilisateur. Tout ce qu'ils voient, aussi éloigné que ce soit, doit vous rappeler à son bon souvenir. Tout moment d'interrogation ou d'hésitation (et il y en aura énormément, car le média froid demande beaucoup de participation et de choix) devrait amener la suggestion "Cliquez ici". Pour devenir partie intégrante du décor, il faut se connecter de façon mythique à la structure du médium. Impossible ? Ça marche pour Jésus, qui est "toujours dans mon esprit" comme le proclament les Protestants dans leurs églises et leurs chansons country. Avez-vous votre page Web ? Non, je n'en ai pas. Je m'entraîne dans une discipline qui mène au stade suivant des médias : la discipline de la disparition. Le secret du succès est le secret. Un programme qui demande une participation active aura toujours un impact plus fort dans un média "cool". C'est pour cela que les gourous vivent en haut des montagnes, non ? Qu'avez-vous fait de ce trou noir médiatique, le procès O. J. ? Marcia Clark a demandé au jury de suivre les gouttes de sang sur le trottoir, juste comme des lettres sur une page ou une séquence de points, ou de virgules. Mais le jury était dans le monde tactile "cool" de la télévision, où tout arrive au même moment, pas dans le monde chaud de l'imprimé où les choses se suivent de façon logique, donc ils n'ont pas voulu émettre une sentence à la fin des points. Un verdict de non-culpabilité est beaucoup plus facile, "cool", qu'un verdict de culpabilité car aucune preuve n'est requise pour juger quelqu'un innocent. Ils ont trouvé O. J. innocent, mais ils ont trouvé l'idée de la preuve très coupable. Rien ne peut être prouvé à la télévision. Sur les cinq procès criminels populaires ces dernières années, seul celui qui ne fut pas retransmis -celui de Mike Tyson- se termina sur une condamnation. A votre avis, quelle a été votre contribution au monde du business ? J'ai été consultant pour des entreprises. Je nie débrouillais plutôt bien en faisant des speechs à des dirigeants et en donnant des conseils aux magazines. Howard Gossage m'y a aidé : "Sauve le monde et voyage en première classe" était sa devise. Mais la travail de consultant d'entreprises s'est compliqué quand l'idée obsolète d'efficacité refusa de disparaître. La pire des choses pour l'organisation est l'efficacité. Vous allez très vite et vous finissez au mauvais endroit. La clé du business dans l'espace oral/tactile du XXlème siècle sera l'inefficacité, quand inefficacité signifie une multiplicité d'inputs et d'outputs, d'entrées et de sorties. Les tangentes sont la clé. Les meilleures affaires à l'âge de l'électronique seront partout en même temps : elles constitueront une partie essentielle du décor. Leur message sera vague mais ubiquiste. Pas fuyant mais iconique et ironique. Seul un produit, qui aura trop d'applications et de sens possibles, marchera. Avant je disais : si ça marche, c'est que c'est obsolète. Mais récemment j'ai entendu un nouveau slogan qui semble être parfait pour cette nouvelle économie : "Bienvenue dans le futur - Il est en panne". Ceci n'est pas annoncé sur un ton désespéré, mais d'une voix claire et joyeuse. Etre en panne est beaucoup plus productif. La différence entre être productif et perdre son temps est en train de disparaître, et nous retournons ainsi à une configuration préindustrielle. Les entreprises, qui s'imaginent poursuivre efficacement leurs objectifs, vont se réveiller un jour et se retrouver totalement seules, sans profits, et ruinées. Cela explique la "fusion mania" actuelle. L'idée de "synergie" est illusoire. Ce que ces immenses compagnies recherchent vraiment est l'inefficacité. C'est pour cela que le Net est l'invention première de l'ère digitale. Il ne s'agit pas de trouver quoi que ce soit. Il s'agit de connexions superflues et de perte de temps. Comme vous le savez, seuls les jeunes, les primitifs et les excentriques perdent leur temps. C'est pour cela que les plus utiles des inventions viennent d'eux. Ils n'ont pas à être productifs, et peuvent donc perdre leur temps à chercher le sans-intérêt pour découvrir la vraie nouveauté. Actuellement, l'efficacité de l'âge de la machine ne peut rien découvrir qui en vaille la peine. *L'ID-card est l'équivalent américain de la carte d'identité. >interactif n°11 Eté 1996 69



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