Univers Interactif n°1 fév/mar 1995
Univers Interactif n°1 fév/mar 1995
  • Prix facial : 28 F

  • Parution : n°1 de fév/mar 1995

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Pressimage

  • Format : (204 x 266) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 102 Mo

  • Dans ce numéro : 20 médias (qui ne sont pas TF1), les étranges enfants du Japon techno et l'Académie français de l'interactivité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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profite de l'arrêt pour vérifier le sens de 573 sur mon Psio : cela signifie que sa mère sera ce soir avec nous. J'accuse le coup dur sans trop de problèmes puisque je suis surentraîné et au mieux de ma forme. Je décroche le Motorola et j'appelle Betty tout en payant. La caissière est rudement impressionnée par mon air occupé. Elle m'envoie une oeillade. C'est ça aussi, les bienfaits de l'équipement nomade. Ça classe immédiatement son homme. On apprécie, quand, comme moi, on s'est traîné longtemps avec des pièces plein les poches pour téléphoner. Les caissières ne me regardaient que pour me demander de faire l'appoint en m'entendant marcher. >JE CONFIRME À BETTY QUE J'AI BIEN REÇU SON APPEL et je raccroche. Ensuite, je réveille Niko qui s'est endormi en regardant la chaîne de la connaissance sur la TV Casio 470 tout en jouant au game-boy, le casque du DCC sur les oreilles. Je lui dis de me faire penser à acheter des fleurs pour la mère de Betty. Il me demande si je veux le noter sur le Newton et je lui répond simplement "non". Les fleurs pour la mère de Betty, c'est trop important. Intérieurement, je pense que si j'avais emmené le Quicktake plutôt que Niko, j'aurais bien été obligé de le noter sur le Newton, puis sur le Psion et l'organiseur Casio. Absolument pas pratique lorsque 80 >interactif n°1 Février 1995 on est au volant sur les routes nationales et qu'il faut redoubler de vigilance. >Rapidement nous arrivons à L'ÉLEVAGE D'AUTRUCHES DE MONTMACHOUX. La propriétaire est charmante et passionnée par ses bêtes. pomme je ne connais rien des autruches, émeus et autres nandous, je commence à la brancher technique et à déballer mon matériel pour bien montrer que je suis dans le coup. Ainsi, je cherche indirectement pourquoi Univers Interactif m'a envoyé ici. La propriétaire me guide dans une pièce de la ferme qui fait office de bureau. Là, je me prends une claque, car il y a du matos pour trois fois la valeur du mien. Il faut dire que l'élevage est important et que ça ne se gère pas sur un coin de table. J'ai bien fait de m'équiper, sinon je serais vraiment passé pour un perdant. Le photocopieur est à lui seul gros comme ma R19. Remarquez, il n'est pas portable. J'en profite pour envoyer par fax au journal la liste prévisionnelle de mes frais et un mot confirmant que les autruches, c'est une bonne piste, mais que j'essaie vraiment d'en savoir plus. Je lorgne du côté de la météo. Rien à craindre, l'anticyclone des Açores retient toujours la dépression loin de Montmachout. Je devrais être peinard pour l'après-midi. Un typhon ravage la Guadeloupe mais il ne semble pas se ramener. Avec des conditions aussi précises, cette mission devrait toujours bien se dérouler et je n'ai rien à craindre pour le matériel. Niko et moi essayons de travailler les autruches au corps. Je les branche au dictaphone et au téléphone portable, je leur fais des croquis au Newton (très pratique). Rien à faire. Elles se taisent obstinément. En revanche, elles picorent joyeusement mon parka, mon gilet et le matériel. Ça craint. Ces petits bijoux ne sont pas faits pour être emportés en milieu hostile. Un coup de bec un peu trop enthousiaste pour les nouvelles technologies et c'est la vitre de mon Newton qui dégage, voire l'antenne du téléphone. Je me vois expliquer ça à mon assureur : "Une autruche, si, si une autruche". >J'ai beau déployer des trésors de séduction, je ne tire pas une info de CES VOLAILLES GÉANTES. Elles doivent pourtant en savoir un bout sinon on ne m'aurait pas envoyé là. Leur mutisme et cette manière ironique qu'elles ont de nous observer avec leur long cous et leurs grands yeux aux longs cils aiguisent mes soupçons. Les nandous ne sont pas plus bavards quoiqu'ils aient l'air plus affables. Peut-être dissimulentils simplement mieux leur jeu. J'angoisse, car même les trois lamas (des ruminants) nous ignorent et refusent de cracher le morceau. C'est la conspiration du silence. Que doivent-ils tous savoir sur l'interaCtivité, le multimédia et les autoroutes de l'information ? Sont-ils cybers ? Rien à en tirer. Dingue. Et le ciel qui se couvre. Je file au bureau faxer à Univers Interactif un texte expliquant, longuement, que je n'ai rien à dire. Je consulte à nouveau la météo sur Internet afin de savoir si on a le temps de refaire quelques images. Le temps d'accéder au service, je dois règler le contraste de l'écran du Powerbook. Le soleil doit être revenu, ou alors... je n'ose y penser... mes batteries en un coup dans l'aile ! Je panique. J'attrappe Niko et lui dit qu'il nous faut filer rapidos car tout mon matos va bien finir par se décharger. En partant, je croise le regard malicieux de la propriétaire de l'élevage. A mon avis, on s'est attaqué à un trop gros morceau. L'àutruche, ça doit être une couverture. J'appelle Univers Interactif à la sortie du village pour leur donner mes impressions à chaud. J'ai tout noté sur le Powerbook que j'ouvre sur le capot de la R19. Je leur avoue : "Le Motorola marche impec à 80 km de Paris en pleine cambrousse. Ça c'est du sûr, quand à ma piste, c'est déjà moins certain." Je préfère leur rappeler que je suis équipé afin qu'ils comprennent que si nous n'avons pas progressé dans l'enquête, ce n'est tout de même pas faute d'y avoir mis les moyens. Je ne dis rien sur le niveau des batteries du portable. Je ne tiens pas à les inquiéter. Avant de raccrocher, je leur confirme ce que j'ai annoncé par fax à propos de mes frais. Niko et moi déjeunons dans l'auberge de Montmachoux. A table, au fur et à mesure que nous prenons la commande j'en note le détail (deux menus + deux cafés dont un déca) sur mon Newton afin de ne rien oublier, question de mes frais (un souci constant). Miracle ! Newton reconnaît DOU MENUI + DEUX KEPIS DONT UN COCA. Je me dis que ça ira bien comme ça, je n'essaie plus de corriger. De notre table, je transmets les
infos par infra-rouge au mac portable rangé dans le vestiaire. Mais je m'en apercevrais plus tard, il n'aura rien enregistré. Soit il n'était pas en veille, soit il y avait du plombdans la porte de l'armoire normande. Très inquiétant. >SUR L'AUTOROUTE, JE DEVIENS COMPLÈTEMENT PARANO. Des choses curieuses se passent à Montmachoux. C'est certain. Est-il possible que tous le village trempe dans l'affaire ? Et d'abord quelle affaire ? J'aimerais bien savoir comment Univers Interactif a eu des soupçons sur cet endroit. Et puis, comment se fait-il que mes batteries aient déjà un coup dans l'aile ? Je m'arrête sur une aire de stationnement. Niko et moi consultons la caisse de notices de tout mon équipement. On ne comprend pas. La seule explication pour la décharge des batteries serait -je dis bien serait- le fait qu'on s'en soit servi. Très étrange. J'ose à peine allumer le Psion, l'organiseur, la calculette, la traductrice, la gaine-boy et le Discman. Et s'ils ne marchaient plus ? Et si la décharge du powerbook était contagieuse ? J'en ai des sueurs froides rien qu'en pensant à ce que nous pourrions devenir, alourdis par du matériel portable inerte, avec seulement une gourde pour deux. Il faut absolument que nous rentrions en zone de couverture Bibop pour avoir une possibilité de téléphoner en sus de celle du Motorola. Il y va de notre sauvegarde. >20 heures. Sur la TV Casio DES INFOS TERRIBLES DU MONDE nous parviennent, déprimantes. Je gare la voiture près de la bouche de métro. Nous contrôlons les appareils toujours laissés en veille au cas où. Les batteries sont arrivées à leur terme et les écrans nous regardent de leurs yeux morts. C'est le désespoir. Je ne peux plus joindre personne car les coordonnées de la mère de Betty sont dans les puces de mes Personnal Information Managers, inaccessibles. Je comprend que je n'étais pas encore assez équipé, qu'il me faut plus de marges de sécurité. Ou alors trop équipé... ce que je n'ose croire, car ce ne serait pas dans le sens du progrès. Niko prend le métro. Nous nous quittons sans entrain et avec l'impression terrible que c'est la dernière fois. La baisse des batteries des appareils nous a vraiment affectés et nous nous sentons faibles nous-mêmes. Dans le métro, j'essaie une dernière fois de joindre des amis avec des numéros que je crois être les bons. De tête, c'est à dire sans aucune fiabilité. Je remonte à la surface. Le monde va et vient, fourmillant, indifférent à mon manque d'énergie. On a forcé ma voiture. Le Powerbook, la TV, la game boy, les modems, la traductrice, la calculette... tout a disparu du coffre qui ne contient plus qu'un brassard lumineux de vélo. Inconvénient du nomadisme électronique : si on n'a pas tout sur soi, on risque le pire. Ils m'ont laissé l'autoradio, un vieux truc de série. Les gars n'étaient pas fous. Il ne me reste plus que ce que j'ai sur moi, c'està-dire les deux téléphones, le Newton, le discman, le Psion, la swatch pager numéric et le dictaphone. Certains sont à plat. Comment vais-je survivre avec si peu ? >Ecceuré, J'AVANCE AU HASARD DANS LES RUES griffées par les lampadaires halogènes. Je m'arrête de temps à autres pour essayer de relancer l'organiseur, pianoter sur mon Discman, à la lueur blafarde de ma lampe, guettant d'éventuels soubresauts des batteries, ces éléments fragiles et éphémères. Je lève les yeux au ciel. Les étoiles sont étouffées par les nuages. S'il pleut, c'est le comble. Par les fenêtres des• immeubles je vois des écrans bleutés. Des veinards certainement branchés sur la planète cyber. Dans une ruelle, j'entends des pas derrière moi. Je suis prêt à défendre coûte que coûte le matos qui me reste. Je donnerais une batterie nickel pour être armé. J'aurai dû penser à m'acheter une alarme portative. Je vais bien finir par me faire détrousser. J'allume le Newton. J'écris sur son écran de verre, ce qui est, j'en suis persuadé, mon épitaphe : "Prenez garde, le contact avec la nature neutralise le pouvoir du matériel". Newton transforme alors la phrase ainsi, lettre à lettre:"CRISER NOMADE TRAME SUR...". Je l'éteins. Je respire un bon coup et je me dis. Allez, c'est reparti. Je reprends la R19. Première. Deuxième. J'allume la radio. Un type est en train de parler des autruches, de leur vie, de leur oeuvre. L'importance qu'elles prennent dans le monde moderne, tout ça. Aussitôt je réagis : la coïncidence est trop troublante. Il se passe vraiment quelque chose de ce côté. Je prend mon Bibop. J'appelle la station. J'insiste pour avoir le type. Finalement, il accepte de me répondre pendant qu'ils passent un disque. Juste au moment où je vais savoir en quoi les autruches sont primordiales pour l'interactivité, le feu passe au vert. Je démarre. Et paf, ça coupe la ligne.< li >interactif n°1 Février 1995 81



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