Univers Interactif n°1 fév/mar 1995
Univers Interactif n°1 fév/mar 1995
  • Prix facial : 28 F

  • Parution : n°1 de fév/mar 1995

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Pressimage

  • Format : (204 x 266) mm

  • Nombre de pages : 116

  • Taille du fichier PDF : 102 Mo

  • Dans ce numéro : 20 médias (qui ne sont pas TF1), les étranges enfants du Japon techno et l'Académie français de l'interactivité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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reprogrammer l'acquisition d'écriture de l'appareil, je laisse tomber et je vais changer ma roue sous la pluie battante. Dans le coffre, heureusement j'ai ma trousse à outils, mon cric et mon ciré jaune de marin pêcheur. Tous portables, cela va sans dire. >Mine de rien, c'est une sacré nouvelle ça. UNIVERS INTERACTIF QUI ME PROPOSE UN CONTRAT ! Cela tombe à point nommé, après la traversée du désert que je viens de subir. Moi qui avait toujours été au top, je ne comprenais plus pourquoi on ne m'appelait plus. Avec l'expérience que j'ai ! Dingue ! Car je suis de la vieille école. Les vieux routards comme moi, nous avons toujours appris à nous débrouiller avec trois bouts de ficelle, sans moyens, sans matériel, et dans des conditions extrêmes. Fallait voir ce qu'on faisait avec des trucs aussi archaïques qu'un papier et un crayon. On était les rois. Je n'irai pas jusqu'à dire que Mac Gyver, c'est moi qui l'ai formé, mais tout juste. En tout cas, il pourrait tous nous remercier. On avait bien remarqué qu'il nous écoutait en sirotant son kir au Café des Sports quand on parlait boutique entre collègues. Mais faut bien qu'il gagne sa croûte lui aussi. C'est clair, le vent a tourné. Les clients maintenant ne sont rassurés QUE SI ON SE POINTE SUPER- ÉQUIPÉS, H igh-tech, cyber et tout. C'est pourquoi, j'ai investi dans le matériel portable. J'ai revendu la Lamborghini. Avec la somme j'ai acheté la R19 (plus discret, pas plus mal) et tout mon matos. En plus du Powerbook, 78 >interactif Février 1995 ! du Psion, de l'organiseur Casio, de mes deux téléphones portables (Le Bi-bop c'est pour la ville, le Motorola pour la route. Il faut répartir les tâches pour s'en sortir), j'ai pris également : - une TV470 Casio pour regarder Arte dans la voiture, branchée sur l'allumecigare (260 g. Dans mon job relationnel, ilfaut être au jus côté culture) ; - une calculatrice scientifique Casio FX991S (74 g. Parfois pour mes frais j'ai des divisions à trois chiffres) ; - une montre Swatch pager Numeric (30 g. Pour que Betty puisse me contacter) ; - un fax modem pour mon Newton (120 g. Si j'ai des plans de passages secrets à faxer aux gars du labo) et un autre pour mon Powerbook afin de consulter la météo sur Internet ; - un walkman laser DCC Philips (parce que j'aime bien écouter Santana en surfant sur le Net) ; - une game boy Nintendo (ça délasse, j'ai un rythme tellement stressant) ; - une traductrice Sharp (pour comprendre les manuels qui ne sont pas tous en français) et un DataDiscman Sony (450 g. Avec les disques Sony English Teacher pour pouvoir utiliser moins souvent la traductrice) ; - un QuickTake 100 (il m'arrive d'avoir des photos de flagrants délits d'adultère à réaliser. Pas passionnant, mais lucratif) ; - une valise Géolink (8 kg qui me permet de connaître ma position par satellite) ; - un dictaphone Pearlcoder 5921 Olympus (180 g. Pour noter les idées de poêmes pour Betty qui me viennent comme ça). >JE N'AI PAS ACHETÉ DE CAMÉSCOPE pour ne pas m'encombrer. Betty me fait déjà des réflexions sur mon poids lorsque nous prenons l'ascenseur. Je la laisse dire pour l'instant. Bref, j'arrive à Univers Interactif. Le boss me dit : "On nous a dit qu'il y avait quelque chose à faire à l'élevage d'autruche de Montmachout, en Seine-et- Marne". Comme c'est un journal hyper branché communication et que ces garslà baignent dans l'information, je me dis qu'ils connaissent leur affaire. Les autruches, je ne vois pas en quoi c'est interactif, mais je joue le jeu. La presse est un milieu où on se comprend à demimot. J'acquiesce en faisant un signe du doigt en direction de mon gilet plein de matos pour qu'ils comprennent que je suis l'homme de la situation. Cela étant fait, nous discutons de mon tarif journalier (plus les frais). Je tape le contrat sur mon Powerbook, dérange tout le mobilier pour brancher mon modem et trouver une prise d'alimentation, et lui faxe aussitôt le document. Pendant qu'il va chercher le papier dans le bureau d'à côté, j'inscris sur mon Newton : "Mission à Montmachoux". Il enregistre : "Camion en deux choux". Je l'éteins et sors le Psion pour noter "Penser à reprogrammer l'acquisition d'écriture du Newton". Je recopie cette note sur mon organiseur Casio. Lorsque le boss revient avec mon fax, je rallume le Psion pour noter une idée qui me vient : "Trouver un portable qui transmettrait par infra rouge mes notes à chacun de mes appareils pour éviter de recopier". Nous signons le contrat. Il propose de me le faxer, mais comme je n'ai pas encore de fax portable, je lui demande de m'excuser et récupère le document tout de suite. Le boss me regarde d'un drôle d'air. Je sens qu'il me trouve drôlement efficace. C'est bon pour moi. J'aurais donc à l'avenir d'autres occasions de travailler avec eux. Dehors, la pluie. C'est ma terreur, car mon matos ne la supporte absolument pas. La technologie portable a horreur des court-circuits. Je sors en courant et me réfugie, cent
mètres plus loin, dans une cabine téléphonique. Cette aventure commence à peine et je suis déjà en sueur. Trop chargé. Heureusement, je n'ai pas emporté les chargeurs de batterie et tous les cablages, ni même la valise satellite car j'ai appris à me repérer dans Paris avec le nom des rues. Je suis un professionnel. La cabine téléphonique pour se servir d'un Bibop, c'est l'idéal. D'abord, on est près d'une borne et ensuite il y une tablette pour poser mon répertoire électronique. Il faut dire que téléphoner dans la rue, avec le bruit ambiant, accroupi, l'agenda de guingois sur les genoux, et les enfants qui tirent sur les jambes du pantalon en demandant pourquoi on parle tout seul, c'est pas humain. Au moins, des cabines téléphoniques, il y en a presque partout. Voilà un truc que les fabricants de téléphones portables devraient creuser : mettre plus de cabines. >Soudain, un trou de mémoire. IMPOSSIBLE DE ME SOUVENIR DU CODE CONFIDENTIEL PERMETTANT DE DÉVERROUILLER MON BIBOP. Le Motorola non plus ne veut rien savoir. Ça lui arrive parfois, on ne sait pas trop pourquoi. Un nuage devant le satellite, un pigeon qui passe, le réseau saturé, peut-être. On ne maîtrise pas tout. Du coup, j'utilise ma carte Pastel (10 g), un des premiers trucs portables de France Telecom et, mine de rien, pas si mal foutu. Faut éviter simplement de confondre le code secret avec celui de sa carte de crédit ou ceux verrouillant tous les appareils portables, c'est tout. J'appelle Niko, un photographe du journal (70 kg) qui va me suivre en mission. Il couvrira tout ça en m'évitant d'avoir à emporter mon Quicktake. En grande banlieue, si loin de l'autre côté du périphérique, je ne sais pas si la région est sûre. Il vaut mieux n'emporter que le strict minimum, et c'est ce que je suggère à Niko. Tout au plus, une gourde. Je saute dans ma voiture et sur le chemin de chez Niko j'appelle Betty avec le Motorola, ce qui implique de nombreuses manipulations pour composer le numéro en tenant le volant, avec des zigs-zags à la clé. Les autres voitures klaxonnent derrière. J'entends des bruits de tôle froissée. Je conseille à Betty de se pomponner pour ce soir. Nous allons fêter mon contrat. En bas de chez Niko je consulte sur mon Powerbook le chemin à prendre et je procède à l'estimation des frais kilométriques par avance avec le logiciel SignPost. Mais comme je n'ai qu'une version de démo, je n'obtiens que le chemin entre l'aéroport de Bordeaux et la gare de Perpignan. Furieux, je grimpe quatre à quatre chez Niko. En sueur, le pas pesant je me branche sur Internet avec le powerbook et son modem. Au bout d'une demi-heure, je finis par trouver un service de la National Geographic Society de Boston qui m'indique qu'il faut que je quitte le périphérique à Porte de Bercy et que je me dirige sur l'autoroute en direction de Montereau. Ils ont écrit Montero. Les américains sont fort techniquement, mais on ne m'empèchera pas de dire qu'ils devraient faire des progrès en français. On ne va pas les attendre et, s'ils continuent comme ça, ils les prendront tout seul leurs autoroutes de l'information. Je vérifie tout de même sur ma traductrice Sharp que Montero ne signifie pas quelque chose qui m'aurait échappé. Niko me dit que c'est plus simple sur minitel. Je vérifie aussitôt. C'est lui qui paie les communications après tout. Effectivement, c'est plus facile, mais ça ne m'empêche pas de trouver ça ringard. Sur l'autoroute, j'appelle le répondeur interrogeable à distance de mon bureau à l'Agence. C'est un appareil qui fonctionne avec un beeper avec lequel je ne parviens pas à obtenir la fonction de lecture des messages. C'est toujours pareil. Le beeper ne fonctionne pas avec les téléphones portables et le soir quand je rentre, j'ai un paquet de messages où on entend des bips et des jurons pendant des heures sans que cela ne déclenche en rien l'interrogation à distance. Je prête mon Newton à Niko afin qu'il me note que je dois changer de répondeur ou dire aux gens de m'appeler sur les lignes de mes portables. Niko marque avec le stylet "Changer de répondeur" et le Newton décrypte "Strasbourg mangeons murs". Je dis à Niko que ce n'est pas important. Il n'a qu'à transmettre la note à mon Powerbook par infra-rouge. Je me souviendrai de ce que cela veut dire. J'ai une idée qui me vient (c'est dingue comme la technologie stimule ma créativité) : utiliser le Newton pour crypter des messages secrets. Je défie le type qui arrivera à trouver la clé. Le problème c'est que le Newton interprète souvent l'écriture de façon aléatoire. Si on ne se souvient pas de la phrase qu'il a choisie par lui-même, on ne sait plus ce que voulait dire la note qu'on a cryptée. Question confidentialité, on ne peut pas mieux faire. >NOUS FAISONS UNE PAUSE DANS LE POSTE DES CRS du péage pour interroger la météo sur le Net. D'après la carte, il fait beau. Un CRS me dit que lui, il regarde par la fenêtre pour savoir. Je le laisse dire, je ne m'énerve pas. J'ai des PV à faire sauter et on ne peut pas s'offrir le luxe d'une garde à vue puisqu'il faut qu'on gagne Montmachoux avant la nuit et que les batteries de mes portables ne sont pas éternelles. Nous sommes à 160 sur l'autoroute, un peu avant la bretelle de sortie. Ma montre Swatch pager Numeric me bipe en indiquant le code 573. "C'est Betty qui pense à toi", me dis-je en donnant un bon coup de frein : J'ai failli louper le nouveau poste de péage en déchiffrant le message du pager. La Swatch pager Numéeric m'envoie des codes dont Betty et moi sommes les seuls à connaitre la signification. Toutefois, le manque de pratique fait que je ne parviens pas à retenir le sens de tous les chiffres. Je >interactif n°1 Février 1995 79



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