Travail n°74 mai 2012
Travail n°74 mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de mai 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : un meilleur départ pour les jeunes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 40 - 41  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
40 41
APEX/OIT 40 | Mai 2012, n o 74 | Nouvelles subissent des millions de travailleurs et leurs familles », a déclaré M. Somavia. « La sortie ou non de cette crise dépendra en fin de compte de l’efficacité des politiques mises en place par les gouvernements. Or ces politiques ne seront efficaces que si elles ont un impact positif sur la vie des gens. » Le rapport plaide en faveur de mesures ciblées pour soutenir la croissance de l’emploi dans l’économie réelle et avertit que de nouvelles mesures d’aide publique ne suffiront pas à forger une reprise durable. « Les responsables politiques doivent agir de manière déterminée et coordonnée pour réduire les craintes et les doutes qui freinent les investissements privés afin que le secteur privé puisse relancer le principal moteur de la création mondiale d’emplois », indique le rapport. Il prévient aussi qu’en période d’essoufflement de la demande une nouvelle relance est utile et peut être conduite sans mettre en péril la stabilité des finances publiques. Le rapport préconise que les efforts d’assainissement budgétaire soient menés de manière socialement responsable, avec comme principaux objectifs les perspectives de croissance et d’emploi.• 3 L’emploi vulnérable est défini comme la somme des travailleurs à leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés. Les principaux enseignements du rapport:• Le rythme de la réduction du nombre de travailleurs pauvres a connu un ralentissement marqué. Près de 30 pour cent des travailleurs dans le monde – plus de 900 millions de personnes – vivaient avec leur famille sous le seuil de pauvreté de 2 dollars par jour en 2011, soit environ 55 millions de plus que prévu par les tendances d’avant la crise. Sur les 900 millions de travailleurs pauvres, près de la moitié vivait au-dessous du seuil d’extrême pauvreté de 1,25 dollar.• En 2011, le nombre de travailleurs occupant un emploi vulnérable 3 dans le monde était estimé à 1,52 milliard, soit une hausse de 136 millions depuis 2000 et de près de 23 millions depuis 2009.• Parmi les femmes, 50,5 pour cent occupaient un emploi vulnérable, un taux qui dépassait la proportion constatée chez les hommes (48,2).• Des conditions économiques favorables ont dopé les taux de création d’emplois au-delà de la croissance de la main-d’œuvre, soutenant ainsi la demande intérieure, surtout dans les grandes économies émergentes d’Amérique latine et d’Asie de l’Est.• Le différentiel de productivité du travail entre les pays développés et le monde en développement – un indicateur important pour mesurer la convergence des niveaux de revenus entre les pays – s’est réduit au cours des vingt dernières années, mais demeure substantiel : en 2011, la production par travailleur dans les économies développées et l’Union européenne équivalait à 72 900 dollars contre une moyenne de 13 600 dollars dans les régions en développement.
WEF Lors du récent Forum économique mondial de Davos, le Directeur général de l’OIT, Juan Somavia, a plaidé pour l’adoption d’un nouveau paradigme politique afin de promouvoir une croissance inclusive et riche en emplois pour près de 75 millions de jeunes chômeurs, âgés de 15 à 24 ans, dans le monde. S’exprimant dans le cadre d’un panel ayant pour thème « Eviter la perte d’une génération » lors du forum, M. Somavia a déclaré que la crise de l’emploi des jeunes avait atteint des dimensions inédites et intolérables, avec quatre chômeurs sur dix dans le monde qui sont des jeunes, hommes ou femmes. Il a rappelé que le principal facteur à l’origine de cette crise était l’atonie de la demande au niveau international et, dans certains cas, au niveau national. Il a indiqué qu’il était temps de se concentrer sur des stratégies proemploi en faveur des jeunes qui pourraient en fin de compte soutenir la consommation, stimuler la demande, promouvoir la croissance et créer davantage d’emplois. Cette priorité ne doit pas seulement figurer à l’ordre du jour des gouvernements mais aussi à celui des entreprises et du secteur privé, a déclaré M. Somavia, ajoutant que la toute première contrainte qui pèse sur les petites et moyennes entreprises pour embaucher des jeunes est la difficulté d’accès au crédit. Le Directeur général de l’OIT a également fait référence au rôle primordial de l’éducation et de la formation, surtout en période de crise, précisant que les gouvernements devraient travailler en étroite collaboration avec le secteur privé afin de réduire les décalages de compétences. Certains PDG participant au Forum de Davos ont fait part de leurs difficultés à remplir Juan Somavia met l’accent sur l’emploi des jeunes certains postes en dépit du niveau élevé du chômage. M. Somavia a cité l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Suisse et la Norvège, qui offrent des systèmes d’apprentissage dual, alliant l’enseignement scolaire et la formation en entreprise, comme autant d’exemples efficaces d’adéquation des compétences. Il a également souligné la nécessité de proposer une large gamme d’incitations pour favoriser l’emploi des jeunes : subventions à l’embauche, bourses de formation, services de reconversion pour faciliter la transition entre deux emplois, y compris l’orientation de carrière, des contacts effectifs avec les entreprises et des conseils sur la préparation des entretiens d’embauche. En outre, il a plaidé pour la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des partenariats entre les services publics d’emploi et les agences privées. De récents programmes d’emploi public innovants ont fait preuve de leur efficacité en fournissant emploi et protection sociale aux jeunes qui vivent dans la pauvreté, tout en créant des infrastructures à petite échelle pour augmenter la productivité dans les économies défavorisées (SNGER en Inde, programmes de travaux publics en Afrique du Sud, en Ethiopie, au Kenya et au Mali). Mai 2012, n o 74 | Nouvelles | 41 PHOTO OIT Selon M. Somavia, de jeunes travailleurs du monde entier ont perdu espoir dans le modèle actuel. L’économie mondiale ne travaille tout simplement pas pour eux. Ce désenchantement est perceptible de bien des manières, en particulier par les mouvements de protestation des jeunes qui se sont multipliés au fil des mois et ont touché un millier de villes dans 82 pays. Les revendications d’emplois décents, de justice sociale et de dignité, d’un côté, et la colère contre les inégalités et la cupidité, de l’autre, ont été les mots d’ordre de ces manifestations et pourraient donner lieu à plus d’instabilité politique et sociale, a déclaré M. Somavia, ajoutant qu’une véritable transformation était indispensable pour réformer les politiques actuelles.• APEX/OIT



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :