Travail n°74 mai 2012
Travail n°74 mai 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de mai 2012

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : un meilleur départ pour les jeunes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 10 - 11  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
10 11
10 | Mai 2012, n o 74 | En couverture Mais la situation générale en Tunisie pose encore beaucoup de problèmes. « La révolution a peut-être renversé le régime, mais elle n’a pas débarrassé la Tunisie du chômage, en particulier chez les jeunes diplômés. Un jeune sur trois est au chômage ici ; ce chiffre de 30 pour cent est élevé et choquant pour un pays qui dispose d’une main-d’œuvre bien éduquée », explique-t-elle. Un marché de l’emploi incapable d’absorber les jeunes Chaque année, la Tunisie compte 20 000 nouveaux arrivants sur un marché du travail qui ne peut pas les absorber. Paradoxalement, il est plus facile de trouver du travail si vous n’êtes pas diplômé du supérieur parce que la majorité des emplois sont créés par l’économie informelle, dans des secteurs à faibles qualifications comme l’agriculture ou le commerce. Mais ces emplois ne sont guère rémunérateurs et les conditions de travail peuvent s’avérer dangereuses. Les personnes très instruites et hautement qualifiées ont des aspirations élevées lorsqu’elles sont diplômées de l’université – elles veulent un travail décent. Comme le précise Lassaad Labidi, directeur de l’Institut national du travail et des études sociales de Tunis, « Le grand défi, c’est de trouver du travail après avoir terminé ses études. Nos étudiants suivent les cours mais en ayant toujours à l’esprit une question lancinante : quels débouchés aurons-nous en fin de compte ? » En Egypte aussi, c’est l’économie informelle qui crée la plupart des nouveaux emplois. « La création d’emplois est une priorité absolue pour les nouveaux gouvernements des deux pays mais tout ne se fera pas en un jour. Cependant, à APEX/OIT moyen terme, on pourrait déjà beaucoup avancer si l’on axait davantage la formation des jeunes sur les besoins des employeurs et des entreprises. A leur tour, les employeurs devraient améliorer les conditions de travail faites aux jeunes et leur attitude à leur égard », déclare M me Schmidt. Un autre point important soulevé par la spécialiste de l’OIT est que les politiques du marché du travail devraient veiller à ce que l’offre et la demande s’équilibrent. A cet égard, les services d’emploi, publics ou privés, doivent être renforcés pour remplir leur mission et faire coïncider les personnes qui cherchent du travail avec les emplois disponibles. Enfin, « il faut encourager les jeunes entrepreneurs à créer leur propre entreprise. Les PME créent l’essentiel des emplois dans le monde actuel », dit-elle, ajoutant que le soutien du secteur privé, surtout pour le développement des micro et petites entreprises qui ont un fort potentiel d’offre d’emplois pour les jeunes, est crucial. Les programmes de l’OIT visant à promouvoir l’emploi des jeunes s’étendent à de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Ils cherchent à améliorer la transition entre l’école et l’emploi, y compris par la formulation et la mise en œuvre de panoplies complètes de politiques actives du marché du travail qui ciblent les jeunes défavorisés. L’OIT soutient par ailleurs des réformes institutionnelles en vue d’améliorer la gouvernance du marché du travail. En Afrique du Nord, ces programmes sont actuellement financés par le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, l’Italie et l’Union européenne. « En raison de l’ampleur du défi que représente le chômage des jeunes dans la région, nous sommes en train de chercher à étendre nos programmes en bâtissant des partenariats élargis », conclut Gianni Rosas, coordinateur du Programme de l’OIT pour l’emploi des jeunes. Les projets impliquant l’Australie, le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suisse sont sur le point d’être finalisés. Leur approche intégrée permettra de s’attaquer au défi de l’emploi sous tous les angles : du côté de l’offre par l’intermédiaire de la formation qualifiante, du côté de la demande par la création d’emplois et par un processus de rapprochement entre demandeurs d’emploi et employeurs. Dans le même temps, les projets renforceront le dialogue social et la protection sociale et feront la promotion des normes internationales du travail.•
Mai 2012, n o 74 | En couverture | 11 Un mouvement naissant en faveur de l’emploi des jeunes au Kenya En Afrique subsaharienne, des millions de jeunes travailleurs participent à des activités de survie, pour la plupart dans l’économie informelle. La journaliste Anne Holmes a effectué un reportage au Kenya, dans le deuxième plus grand bidonville africain où les coopératives et les emplois verts contribuent à relever le défi de l’emploi des jeunes. Avec l’appui de l’OIT, l’essor des coopératives est une priorité du plan d’action kényen en faveur de l’emploi des jeunes. Au Kenya, les coopératives aident les jeunes à sortir de la misère. Elles ont créé des emplois grâce à des projets de potagers communautaires, de transformation des déchets en biocombustibles ou d’assainissement. Victor Matioli, 34 ans, est l’un des bénéficiaires de ces projets. Dans la serre communautaire, il dispose déjà d’un projet qui crée des emplois pour les jeunes. Il explique comment la ferme biologique de Youth Reforma vu le jour : « Depuis les violences postélectorales, nous avons commencé à cultiver. Nous avons eu l’idée de rassembler les jeunes et de les réadapter pour faire de belles choses. » Au cours des violences qui ont suivi les élections il y a trois ans, les jeunes avaient arraché les rails du chemin de fer qui traverse Kibera, rendus furieux par le manque d’emplois et le chômage record. Des milliers de jeunes oisifs étaient descendus dans la rue pour saccager les commerces et brûler les logements de ceux qu’ils percevaient comme des privilégiés sur le plan économique. A présent, les résidents ont reconstruit leur communauté et l’animation qui règne dans ce quartier informel ne résulte plus de la violence et des frustrations mais d’un travail productif. Sur la principale artère de Kibera, une entreprise de lavage de voitures déborde d’énergie. Gabriel Owino gère la coopérative qu’il a lancée avec un groupe d’amis il y a une dizaine d’années et supervise également un atelier de mécanique à proximité de la source. « Ces personnes disposent de leurs propres qualifications pour travailler. Certains vont et viennent et trouvent de bons emplois », dit-il. « Ici, il y a des gens qui vont à l’école. Des gens qui ont des diplômes mais pas d’emploi. Alors nous essayons de nous occuper, dans les rues. » Des toilettes volantes Dans ces quartiers, l’un des principaux défis est l’absence de services d’assainissement adaptés. Des « toilettes volantes » – des sacs en polyuréthane utilisés pour faire ses besoins puis jetés sur le bas côté de la route – polluent le paysage ; l’absence de systèmes d’égout appropriés fait que les latrines se bouchent et débordent par temps de pluie. « A Kibera, le plus gros problème, ce sont les toilettes et les douches, dit M. Matioli, les gens n’en ont pas. » Cette lacune des services publics constitue l’un des gisements d’emplois les plus stables pour les résidents de Kibera qui ont décidé de prendre les choses en main. L’Umande Trust, une organisation subventionnée par COOP Africa – le Programme régional de coopération technique du programme de l’OIT pour les coopératives – par l’intermédiaire de son Challenge Fund, est l’un des acteurs les plus innovants. Il emploie beaucoup de jeunes et de femmes pour construire et faire fonctionner ce qu’il appelle des « centres bio », des latrines publiques qui utilisent la biomasse générée par les déchets organiques pour chauffer l’eau des douches publiques. Le gaz est également vendu aux résidents locaux pour cuisiner. « Nous considérons dorénavant les déchets organiques comme un investissement pour produire du biogaz ; c’est une énergie propre. Nous sommes capables de l’exploiter et de garantir des services d’assainissement propres et dignes pour la communauté », déclare Paul Muchire, directeur de la communication d’Umande Trust. « Souvenez-vous qu’il s’agit de méthane, or le méthane est plus dangereux que le carbone ; de ce fait, quand vous brûlez ce méthane, vous réduisez le niveau de nuisances pour l’environnement. » L’Umande possède 50 centres similaires à travers tout le Kenya qui sont gérés par des groupes communautaires indépendants. La plupart d’entre eux sont situés dans les bidonvilles de Nairobi.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :