Travail n°58 décembre 2006
Travail n°58 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de décembre 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : s'affranchir ensemble de la pauvreté par le travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L'ÉLIMINATION DE LA PAUVRETÉ » M. Crozet/BIT loppement. L’amélioration de la productivité, des revenus et des conditions de travail dans l’agriculture constitue donc un facteur décisif de développement. La réduction de l’extrême pauvreté dépend dans une large mesure de l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs et des petits exploitants agricoles et de la création d’emplois non agricoles dans les zones rurales. Si l’on veut éliminer les poches de pauvreté dans les zones rurales, il faut non seulement investir dans les infrastructures et dans l’éducation, mais aussi prendre des mesures énergiques en vue de la création d’organisations collectives de travailleurs et de petits exploitants agricoles, telles que les coopératives. Dans quelle mesure la sécurité sociale peut-elle contribuer à réduire la pauvreté et les inégalités ? Juan Somavia : Au cours des dernières années, un certain nombre de pays en développement ont mis en place des dispositifs qui prévoient le versement d’un minimum vieillesse et d’allocations familiales universelles. Ces systèmes, financés par les recettes fiscales, se révèlent être un moyen efficace de lutter contre la pauvreté. Des preuves tangibles d’expériences réussies nous viennent de pays aussi différents que le Brésil, Maurice, la Namibie, le Népal et l’Afrique du Sud. Même si ces pays constituent des modèles dans la lutte contre la pauvreté à travers des dispositifs de sécurité sociale, il ne faut pas oublier que 20 pour cent seulement de la population mondiale dispose d’une couverture sociale satisfaisante. Les 80 pour cent restants en ont tout autant besoin, mais doivent s’en passer. C’est pourquoi l’OIT a lancé une Campagne mondiale sur la sécurité sociale et la couverture pour tous, destinée à promouvoir l’élargissement de la couverture sociale comme moyen de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Que peut-on faire d’autre pour réduire la pauvreté dans le monde ? TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 Juan Somavia : Un immense effort est nécessaire pour améliorer la productivité, les salaires et les conditions de travail, de manière à réduire la pauvreté qui touche près de la moitié des travailleurs dans le monde. Nous vivons une époque d’opportunités et d’incertitudes dans laquelle certains des obstacles qui ont empêché des femmes et des hommes de pleinement réaliser leur potentiel sont tombés, mais dans laquelle les bons emplois, qui apportent la sécurité nécessaire pour bâtir une vie meilleure, sont de plus en plus difficiles à trouver. Dans les pays développés comme dans le monde en développement, la nécessité d’endiguer la misère absolue et de réduire les disparités de revenus est largement reconnue non seulement comme un impératif moral, mais aussi comme un moyen de lutter contre les causes sous-jacentes de l’instabilité sociale, économique et politique. Dans le monde entier, il arrive fréquemment que des élections se gagnent ou se perdent sur la question de l’emploi. Comment pouvons-nous intégrer l’Agenda de l’OIT pour le travail décent dans les stratégies en faveur de la réduction de la pauvreté et d’une mondialisation équitable ? Juan Somavia : Notre Organisation a pour mandat d’apporter son appui aux gouvernements et aux organisations d’employeurs et de travailleurs dans leurs efforts pour atteindre l’objectif du travail décent pour tous. Et dans un monde où les influences internationales sur le travail et le marché de l’emploi sont de plus en plus fortes, l’OIT, à travers l’engagement et la volonté de ses mandants, peut jouer un rôle décisif dans l’évolution du monde du travail. La réalisation concrète de l’objectif du travail décent pour tous requiert toutefois l’adoption d’un éventail de politiques qui dépasse les principaux domaines d’expertise de l’OIT et de ses mandants. Le travail décent comme objectif global exige une approche concertée de la part de l’ensemble du système multilatéral, l’OIT jouant un rôle majeur en facilitant l’intégration de l’Agenda pour le travail décent dans les stratégies en faveur de la réduction de la pauvreté et d’une mondialisation plus juste et inclusive. M. Crozet/BIT
M. Crozet/BIT JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION DE LA PAUVRETÉ ALLOCUTION PRONONCÉE PAR JUAN SOMAVIA, DIRECTEUR GÉNÉRAL DU BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL, 17 OCTOBRE 2006 Aujourd’hui, la communauté mondiale célèbre de différentes façons la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, mais, chaque jour, des dizaines de millions de personnes dans le monde entier se démènent d’une façon ou d’une autre pour sortir de la pauvreté et elles le font tout simplement en travaillant. Malgré tous leurs efforts, un grand nombre d’entre elles ne parviennent cependant pas à se dégager du piège de la pauvreté. Ceux et celles qui vivent et travaillent dans la pauvreté ne demandent pas des miracles, mais seulement des opportunités et des résultats. Ils veulent pouvoir accéder à un emploi décent. Célébrons donc cette Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté en nous engageant à satisfaire l’aspiration de millions de femmes et d’hommes à un emploi et à des conditions de travail dignes, une revendication fondamentale dans toute démocratie. En termes absolus, le nombre de travailleurs vivant, eux et leur famille, avec un maximum de 2 dollars par jour est le même qu’il y a dix ans. Il représente actuellement près de la moitié de la population active mondiale. En Afrique, le nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour a quasiment doublé au cours des vingt-cinq dernières années. De surcroît, la plupart des nouveaux emplois sont créés dans l’économie informelle, un secteur saturé où des millions d’hommes et de femmes vivotent en étant peu productifs et donc en gagnant peu. Malgré la bonne tenue de l’économie mondiale, l’absence de corrélation entre croissance et création d’emplois décents a pour effet d’aggraver les inégalités de revenus, d’aiguiser les tensions sociales et d’entraver les efforts déployés au niveau mondial pour éliminer la pauvreté. Pour que cette situation puisse changer, il nous faut changer de politique. Comme l’a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan : « Nous devons repenser notre façon d’aborder le problème et placer la création d’emplois au même rang que la croissance économique dans nos politiques économiques et sociales, nationales et internationales. Lorsque, par exemple, on parle de politique macroéconomique, le réflexe institutionnel devrait toujours être de se demander : « Quelles incidences cela peut-il avoir sur l’emploi ? » La communauté internationale commence à se mobiliser pour que la croissance économique puisse déboucher sur la création d’emplois décents pour les femmes et les hommes. Les chefs d’Etat et de gouvernements présents au Sommet mondial des Nations Unies de TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 2005 ont pris l’engagement d’œuvrer en faveur d’une mondialisation équitable, du plein emploi productif et du travail décent pour tous et d’en faire un objectif mondial et une réalité nationale. Ils ont reconnu que c’était là un moyen de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment celui relatif à la réduction de la pauvreté. Sur un plan concret, les participants au récent débat de haut niveau du Conseil économique et social (ECOSOC) ont adopté une déclaration dans laquelle ils exhortent vivement les institutions du système des Nations Unies à agir de façon concertée pour promouvoir l’emploi de qualité. La contribution de l’OIT à cet effort inclut les programmes par pays de promotion du travail décent, que l’ECOSOC a mis en exergue comme l’une des « approches les plus cohérentes et pragmatiques des Nations Unies en matière de développement. » Engageons-nous donc à unir nos efforts pour que la prise de conscience croissante du rôle décisif de l’emploi dans la réduction de la pauvreté se traduise concrètement par des politiques, des programmes et des investissements ayant un impact positif sur les hommes et les femmes, leur famille et les communautés dans lesquelles ils vivent et travaillent. BIT PHOTO 7



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