Travail n°58 décembre 2006
Travail n°58 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de décembre 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : s'affranchir ensemble de la pauvreté par le travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L'ÉLIMINATION DE LA PAUVRETÉ 1 Voir Changements dans le monde du travail, Rapport du Directeur général à la Conférence internationale du Travail, 95 e session 2006, BIT, Genève ; S'affranchir de la pauvreté par le travail, Rapport du Directeur général à la Conférence internationale du Travail, 91 e session 2003, BIT, Genève. S’affranchir ensemble de la pauvreté par le travail Ils ne demandent pas des miracles, seulement des emplois décents M. Crozet/BIT C haque jour, des dizaines de millions de personnes dans le monde entier se démènent d’une façon ou d’une autre pour sortir de la pauvreté, et elles le font tout simplement en travaillant. Malgré tous leurs efforts, un grand nombre d’entre elles ne parviennent cependant pas à se dégager du piège de la pauvreté. La raison en est qu’elles ont besoin de véritables emplois et, si possible, d’emplois décents. A l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, célébrée en octobre, l’OIT a lancé un appel en faveur de l’adoption de mesures visant à lutter contre la pauvreté à l’échelle mondiale. Ce numéro de Travail met en lumière les solutions mises en œuvre dans certains contextes pour s’affranchir de la pauvreté par le travail. GENÈVE – Finalement, ce que les gens demandent, ce ne sont pas des miracles, mais des emplois décents. Voilà ce qu’a déclaré le Directeur général du BIT, Juan Somavia, à l’occasion de la Journée internationale pour TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 l’élimination de la pauvreté. La pauvreté constitue toujours l’un des grands fléaux de l’humanité. Près de la moitié des 2,8 milliards de travailleurs que compte la planète vivent, eux et leur famille, avec l’équivalent de 2 dollars par personne et par jour, voire moins. « Malgré la bonne tenue de l’économie mondiale, l’absence de corrélation entre croissance et création d’emplois décents a pour effet d’aggraver les inégalités de revenu, d’aiguiser les tensions sociales et d’entraver les efforts déployés au niveau mondial pour éliminer la pauvreté. » Juan Somavia (voir encadré). Quelle est l’ampleur actuelle du problème de la pauvreté et que peut-on faire pour en venir à bout ? Plusieurs rapports récents du Directeur général du BIT abordent cette thématique 1. Dans ce numéro de Travail, M.Somavia répond à nos questions en examinant tous les aspects du problème de la pauvreté et en évoquant certaines mesures susceptibles de le contrer. Un sentiment se répand progressivement dans le monde : les riches seraient toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. Partagez-vous ce sentiment ? Juan Somavia : Près de la moitié des travailleurs dans le monde sont dans l’incapacité de gagner suffisamment pour se hisser, eux et leur famille, au-dessus du seuil de
pauvreté de 2 dollars par jour. Cela représente à peu près le même nombre qu’en 1994 en valeur absolue, mais juste un peu moins de la moitié de la population active mondiale, contre 57 pour cent il y a douze ans. A l’exception de l’Afrique subsaharienne, toutes les autres régions en développement ont enregistré une baisse de la part des travailleurs pauvres dans l’emploi total. C’est en Chine et dans les autres pays d’Asie de l’Est que cette baisse a été la plus marquée. Cette tendance représente un progrès appréciable, mais prenons le cas d’un pays comme l’Inde : même si, comme au cours de la période 2000-2005, il continue d’afficher de bons résultats en termes de croissance et de réduction de la pauvreté, il lui faudra encore un siècle pour parvenir au niveau actuel des pays à revenu élevé. D’autre part, les inégalités ne cessent de se creuser au sein de chaque pays. Sur les 73 pays pour lesquels on dispose de données, 53 pays (représentant plus de 80 pour cent de la population mondiale) ont connu une aggravation des inégalités, tandis que neuf seulement les ont vues se réduire. La pauvreté ne concerne-t-elle que le monde en développement ? Juan Somavia : Non. Le taux moyen de pauvreté, défini par le nombre de personnes dont le revenu est inférieur à la moitié du revenu médian, était de 10,6 pour cent dans l’ensemble des vingt pays de l’OCDE, contre 10 pour cent au milieu des années quatre-vingt-dix. Il dépassait même 15 pour cent en Irlande, au Japon, aux Etats-Unis et en Turquie et 20 pour cent au Mexique. La pauvreté des enfants a augmenté dans les années quatrevingt-dix et on observe un ralentissement des progrès en matière de réduction de la pauvreté parmi la population âgée. Les inégalités croissantes en matière de revenus vont-elles de pair avec une hausse des inégalités salariales ? Juan Somavia : Les inégalités ont considérablement augmenté dans la plupart des économies en transition ; elles se sont aussi beaucoup aggravées dans les pays d’Amérique latine. En Asie, la situation est mitigée : certains pays ont réussi à réduire les inégalités de revenus, mais dans d’autres, comme la Chine et le Sri Lanka, on constate une détérioration de la situation. Dans les pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, les inégalités se sont globalement creusées en termes de revenus bruts de la population salariée. Face aux disparités croissantes des salaires et à la pauvreté menaçant les travailleurs les plus vulnérables, les gouvernements se sont intéressés aux systèmes de minima salariaux. Dans un certain nombre de pays, des efforts remarquables ont été mis en œuvre pour étendre la garantie d’un salaire minimum à des travailleurs qui jusque-là n’en bénéficiaient pas. C’est notamment le cas de l’Afrique du Sud, qui, en 2000-2001, a accordé cet avantage social aux travailleurs domestiques et agricoles, de la Bolivie qui, en 2005, a étendu la garantie d’un salaire minimum aux travailleurs agricoles et de la Chine qui, en 2003, a pris la même mesure en faveur des travailleurs domestiques. Une grande partie des plus pauvres de la planète vivent toujours de l’agriculture de subsistance. Quelle est l’ampleur de ce secteur et que peut-on faire pour améliorer la vie de ces populations ? Juan Somavia : Les trois quarts des plus pauvres de la planète vivent dans les régions rurales des pays en déve- » TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 M. Crozet/BIT M. Crozet/BIT 5



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