Travail n°58 décembre 2006
Travail n°58 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de décembre 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : s'affranchir ensemble de la pauvreté par le travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RUBRIQUES LES NOUVELLES La progression du chômage, du sous-emploi et des travailleurs pauvres frappe durement la jeunesse – nouveau rapport du BIT M. Crozet/BIT CHAMPS D’ACTION MÉDIATHÈQUE Le niveau d’éducation des actuelles jeunes générations n’a jamais été aussi élevé. Pourtant, les jeunes âgés entre 15 et 24 ans sont actuellement confrontés à une pénurie croissante de l’emploi et du travail productif et à des niveaux d’incertitude économique élevés. Le nouveau rapport du BIT Tendances mondiales de l’emploi des jeunes révèle une situation alarmante. En 2005, 85 millions de jeunes étaient au chômage, d’après les estimations, soit 44 pour cent du total des chômeurs dans le monde, alors que la part des jeunes dans la population en âge de travailler âgée de 15 ans et plus n’est que de 25 pour cent. Les jeunes ont trois fois plus de risques que les adultes de se retrouver au chômage. Le désavantage comparatif est plus marqué dans les pays en développement, où les jeunes représentent une fraction beaucoup plus importante de la force de travail que dans les économies développées. Le taux de chômage régional des jeunes le plus élevé a été enregistré au Moyen-Orient et en Afrique du Nord avec 25,7 pour cent. L’Europe centrale et de l’Est (hors UE) et les pays issus de l’ex-URSS avaient le deuxième plus fort taux avec 19,9 pour cent. Le taux de l’Afrique subsaharienne était de 18,1 pour cent, suivi par l’Amérique latine et les Caraïbes (16,6 pour cent), l’Asie du Sud- Est et le Pacifique (15,8 pour cent), les économies développées et l’Union européenne (UE) (13,1 pour cent), l’Asie du Sud (10 pour cent) et l’Asie de l’Est (7,8 pour cent). 30 TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 Mais le chômage n’est que la partie visible de l’iceberg. En effet, 300 autres millions de jeunes travaillent certes, mais vivent en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 2 dollars par jour ; et c’est sans compter les près de 20 millions de jeunes qui ont totalement abandonné leur recherche d’emploi. Parmi les jeunes qui réussissent malgré tout à trouver un emploi, les conditions de travail sont souvent inférieures aux normes du travail « décent et productif » en vigueur. Les jeunes travailleurs risquent d’être davantage soumis à des horaires de travail lourds, d’être embauché, avec ou sans contrat, pour des périodes de courte durée, des salaires bas, une couverture sociale insuffisante, voire inexistante, et sans avoir le droit de s’exprimer. Au total, près du tiers des 1,1 milliard de jeunes dans le monde souffrent de la pénurie de travail décent. Ce qui signifie qu’il faudrait créer au moins 400 millions d’emplois productifs et décents – autrement dit, de nouveaux emplois de meilleure qualité – pour optimiser l’actuel potentiel productif des jeunes. L’incapacité de trouver du travail engendre chez les jeunes un sentiment de vulnérabilité, d’inutilité et d’oisiveté. Le chômage particulièrement élevé parmi cette catégorie de la population soulève, évidemment, d’importants défis pour les jeunes eux-mêmes, mais il constitue également un coût économique majeur en termes de perte de capacité d’épargne et de capital humain, ainsi qu’un coût social qui se traduit par le besoin de mettre en place des mesures correctives pour lutter contre la délinquance et l’usage des drogues. Des politiques et des programmes d’action nationaux ciblés et intégrés, soutenus par l’aide internationale, sont nécessaires pour relever ce défi mondial. Au niveau international, le travail des jeunes est devenu un élément clé des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Le débat de haut niveau du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) a réaffirmé ce principe en s’engageant à développer et à mettre en place des « stratégies qui garantissent à la jeunesse, partout dans le monde, un réel et égal accès à l’emploi productif et au travail décent ». Pour plus d’informations, veuillez consulter l’adresse suivante : http://www.ilo.org/youth
L’inavouable et sournoise violence subie par les enfants au travail Dans un monde où la violence sur le lieu de travail est en augmentation, ce sont les enfants les victimes les plus exposées. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude réalisée par le BIT faisant partie d’un rapport du Secrétariat général des Nations Unies sur la violence contre les enfants. La violence est un aspect négligé de l’impact du travail sur les enfants. Très peu de données fiables sont disponibles, mais tout porte à croire que le phénomène s’aggrave, tant dans les pays industrialisés que dans les pays en développement. Telle est la conclusion d’une nouvelle étude des Nations Unies sur la violence subie par les enfants sur le lieu de travail, qui vient d’être publiée. Selon l’étude, si bon nombre des plus de 200 millions d’enfants qui travaillent dans le monde sont victimes de violences systématiques, près de 100 millions d’adolescents employés de façon légale sont eux aussi touchés. Bien que la plupart des données dont on dispose sur la violence au travail proviennent d’études sur les travailleurs adultes des pays industrialisés, l’étude montre que les enfants sont plus exposés à la violence sur le lieu de travail du fait de leur petite taille, de leur plus faible degré de maturité et de leur dépendance vis-à-vis des adultes. De tous ces enfants qui travaillent, les filles sont plus vulnérables aux violences sexuelles et gardent plus facilement des séquelles physiques. Les formes les plus répandues de violence exercées à l’encontre des enfants sur le lieu de travail sont d’ordre physique, psychologique, verbal ou sexuel. La violence subie par les enfants au travail s’inscrit souvent dans une culture du lieu de travail qui se caractérise par sa brutalité physique généralisée, où cris, insultes et harcèlement sexuel et, dans certains cas extrêmes, viols et meurtres sont une réalité. Un exemple des cas les plus graves est celui de l’exploitation des enfants de moins de 18 ans dans la prostitution, la pornographie ou les sex-shops. Bon nombre des 5,7 millions d’enfants assujettis au travail forcé ou réduits en esclavage, y compris les nombreuses victimes de la traite, sont constamment menacés de violences, comme le sont d’ailleurs d’innombrables enfants employés comme domestiques. Sont également menacés les enfants qui se retrouvent dans des environnements de travail dangereux. En 2004, selon des estimations, parmi les enfants au travail, plus de 60 pour cent exerçaient des activités « dangereuses » dans les verreries, dans les mines, dans les plantations agricoles et autres lieux où les réglementations sur la santé et la sécurité sont souvent laxistes ou inexistantes. La lutte contre la violence à l’encontre des enfants au travail exige la mise en place d’un large éventail de mesures. Le problème doit être abordé de façon globale, comme une question touchant à la fois les moyens de subsistance, le respect des droits de l’homme, les relations de travail, la santé et la sécurité au travail, et l’application de la loi. Il faut commencer par faire en sorte que les enfants n’ayant pas atteint l’âge minimum ne soient pas contraints de travailler. Le point de départ essentiel doit consister à ne tolérer aucune violence à l’encontre des enfants qui travaillent, que ce soit dans le cadre ou en dehors de la loi, et ce aussi bien dans le secteur formel qu’informel. Pour plus d’informations, veuillez consulter l’adresse suivante : www.violencestudy.org P.Deloche/BIT TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 31



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