Travail n°58 décembre 2006
Travail n°58 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de décembre 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : s'affranchir ensemble de la pauvreté par le travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LECTURE LA PROTECTION DES PAUVRES : GUIDE DE LA MICRO-ASSURANCE » Les deux faces de la micro-assurance Lorsqu’on parle de micro-assurance, il s’agit essentiellement d’un ensemble de stratégies visant à dépasser tous ces obstacles. L’ouvrage met en avant les deux principaux objectifs poursuivis par la micro-assurance, à savoir, d’une part, faire bénéficier les pauvres de la protection sociale dont ils sont exclus en l’absence de dispositifs publics appropriés et, d’autre part, leur fournir un service financier essentiel en développant un modèle économique adapté qui fera des populations défavorisées un marché rentable (ou viable) aux yeux des assureurs et des mutuelles. Pourtant, ces deux facettes ont beaucoup de choses en commun. L’ouvrage voit dans la micro-assurance une sorte de Janus — divinité romaine, dieu des portes et de tout commencement — à deux visages et un 18 TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 seul corps. Quelle que soit l’optique adoptée, que l’on envisage la micro-assurance comme un instrument de protection sociale ou un outil commercial, la structure du dispositif et son fonctionnement de base restent largement les mêmes. De sorte qu’un ouvrage sur la micro-assurance et son fonctionnement doit tirer des leçons et s’inspirer de l’expérience des deux variantes. Quelle que soit l’optique choisie pour aborder la micro-assurance, l’objectif est toujours de chercher à réduire la vulnérabilité des travailleurs pauvres en amenant le secteur public (dans l’optique « protection sociale »), le secteur privé (dans l’optique « nouveau marché »), ou les deux, à faire ce qu’aucun des deux n’a jamais vraiment réussi à accomplir, à savoir offrir un système d’assurance aux pauvres. Puisque ces deux facettes appartiennent à un même corps, il est approprié d’en explorer les points de convergence afin de mettre en place des modèles ou des systèmes alternatifs de protection des pauvres, tels que des partenariats public/privé, des coopératives et des mutuelles, ainsi que des aides publiques pour corriger les défaillances du marché. Bien que l’étude présente différents produits d’assurance proposés par une variété de régimes institutionnels mis en place à travers le monde, on commence à voir émerger une image assez claire de ce qu’est la micro-assurance — qu’il s’agisse aussi bien des défis qu’elle pose et des solutions qu’elle propose. En conclusion, l’ouvrage présente la micro-assurance comme une solution viable, voire même, à certaines conditions, rentable. Que le régime d’assurance couvre ses dépenses grâce à l’apport financier des donateurs et des pouvoirs publics, ou qu’il tire ses ressources des primes encaissées et des revenus de placement, l’important au final pour assurer l’accès permanent aux services, c’est que le système soit viable. Le dilemme autour de la question de la viabilité se résume à la recherche d’un compromis entre trois objectifs concurrents. Les micro-assureurs doivent trouver un équilibre entre : 1) la couverture, qui doit correspondre aux besoins d’une large partie de la population à faible revenu, 2) les coûts, de fonctionnement et de transaction pour l’assureur, et 3) l’accessibilité économique,correspondant au prix et aux coûts de transaction pour les clients. En règle générale, les régimes d’assurance efficaces associent leurs affiliés et clients aux choix de prestations et de niveaux de protection correspondant à leurs moyens.
A qui s’adresse cet ouvrage ? Le premier public visé par La protection des pauvres est celui des professionnels de l’assurance et de tous les acteurs exerçant dans ce secteur qui proposent actuellement des assurances aux individus à faible revenu, ou qui envisagent de le faire. Ce livre a été écrit dans l’espoir que ces personnes puissent tirer les leçons des expériences déjà menées, qu’elles aient été des réussites ou des échecs. La protection des pauvres intéresse également ceux qui viennent en aide, que ce soit financièrement ou techniquement, à ces professionnels. En comprenant mieux les défis à relever et les solutions pouvant être apportées, ces personnes et ces organisations peuvent mobiliser leurs ressources financières et humaines de façon plus efficace pour élargir l’accès à l’assurance. Le présent ouvrage s’adresse enfin à un troisième public constitué des hauts responsables chargés des décisions et des réglementations. En tant que secteur d’activité émergent, la micro-assurance évolue souvent dans un environnement qui n’a pas été conçu pour elle, et qui lui est même parfois hostile. C’est en étant capable, d’une part, de distinguer les éléments clés qui différencient la micro-assurance de l’assurance et, d’autre part, de déterminer la façon dont la microassurance peut s’inscrire dans un cadre de protection sociale plus large, que ces hauts responsables pourront commencer à élaborer un environnement propre à favoriser et renforcer sa croissance et son développement ainsi qu’à promouvoir des marchés d’assurances moins exclusifs. La protection des pauvres aborde toute une série de questions. En plus de définir la micro-assurance, l’ouvrage nous donne un aperçu des besoins de gestion du risque des ménages à faible revenu et explique la fonction essentielle de protection sociale jouée par la micro-assurance. Il étudie les principaux enseignements concernant l’assurance maladie, l’assurance vie (à long terme), et les assurances à court terme liées aux différentes formes d’épargne et de crédit, ainsi que la modulation des produits d’assurance en fonction des caractéristiques des femmes et des enfants. Le livre explore également dans le détail le fonctionnement de la micro-assurance. Certains chapitres abordent la mise au point de nouveaux produits, le marketing, le recouvrement des primes, les demandes d’indemnisation, les prix, la gestion financière et la gestion des risques, la gouvernance, les modes d’organisation et la prévention des sinistres. Par ailleurs, La protection des pauvres étudie un certain nombre de dispositifs institutionnels visant à proposer un système d’assurance aux pauvres, à savoir des accords de partenariat entre assureurs et institutions financières Il n’est pas rare que, pour promouvoir un produit, les spécialistes en marketing utilisent le témoignage émouvant d’une personne ayant surmonté un moment difficile dans sa vie. Cette affiche vante les mérites d’un produit d’assurance qu’un parent peut souscrire au bénéfice d’un enfant et qui lui échoira à l’âge de 18 ans ou au moment de son mariage, soit sous forme de capital correspondant à l’épargne accumulée, soit sous forme d’une indemnité si le titulaire du contrat est décédé. Cette jeune fille est heureuse de se marier, mais elle pleure en pensant à son parent qui n’est pas là pour partager sa joie. TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 » 19



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