Travail n°58 décembre 2006
Travail n°58 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de décembre 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : s'affranchir ensemble de la pauvreté par le travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LECTURE LA PROTECTION DES PAUVRES : GUIDE DE LA MICRO-ASSURANCE 1 La protection des pauvres : guide de microassurance, établi sous la direction de Craig Churchill, co-publié par le Bureau international du Travail (BIT), la Fondation Munich-Re et le CGAP, Genève, 2006. Micro-assurance Articulation entre finance sociale et protection sociale E n aidant les ménages à faible revenu à gérer le risque, la micro-assurance peut contribuer à leur donner une certaine confiance financière, y compris dans des situations de forte vulnérabilité. L’ouvrage qui vient de paraître, La protection des pauvres : guide de la micro-assurance 1, considère la micro-assurance comme une composante essentielle des stratégies que les gouvernements, les donateurs, les organismes de développement et autres acteurs doivent adopter dans la perspective de la lutte contre la pauvreté et de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Dans le secteur informel, les travailleurs et leur famille vivent et travaillent dans des environnements dangereux, exposés à de nombreux risques, tels que maladies, décès et invalidités d’origine accidentelle, pertes matérielles dues au vol ou à l’incendie, sinistres agricoles, catastrophes d’origine naturelle ou humaine. Les pauvres sont davantage exposés à ces risques que le reste de la population, et sont pourtant les plus démunis lorsqu’une situation de crise se présente. La pauvreté et la fragilité se renforcent mutuellement dans une spirale descendante. Outre les pertes financières considérables auxquelles ils sont exposés, les ménages vulnérables se trouvent dans une incertitude permanente quant à savoir si ces pertes vont véritablement survenir et, si oui, à quel moment. De ce fait, les pauvres sont les moins à même de tirer parti des possibilités de revenu qui leur permettraient d’améliorer leur situation. L’un des moyens dont disposent les pauvres pour se prémunir des risques est l’assurance. En novembre 2006, l’OIT, la Fondation Munich-Re et le Groupe de travail sur la micro-assurance du CGAP ont publié ensemble un nouvel ouvrage, intitulé La protection des pauvres : guide de micro-assurance, établi sous la direction de Craig Churchill du Programme Finance sociale de l’OIT. Basé sur une analyse de plus de 40 régimes de micro-assurance mis en place à travers le 16 TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 monde, et s’appuyant sur l’expertise de plus de 35 auteurs, cet ouvrage présente une synthèse des principaux enseignements relatifs aux services d’assurance offerts aux ménages à faible revenu. Qui assure la protection ? Dans beaucoup de pays en développement, ni les pouvoirs publics ni les compagnies d’assurances ne sont vraiment parvenus à faire bénéficier d’une assurance les personnes travaillant dans le secteur informel. Dans les pays dotés de systèmes publics de protection sociale, ceux-ci sont en général mis en œuvre par le truchement des employeurs du secteur formel, qui contribuent le plus souvent à leur financement. Bien évidemment, ces systèmes de protection ne par-
viennent pas à atteindre les travailleurs du secteur informel, qu’ils soient employés ou qu’ils travaillent à leur compte. Bien que certains assureurs commencent à s’intéresser au vaste marché jusqu’ici négligé des ménages à faible revenu, pour y accéder, ils devront surmonter un certain nombre d’obstacles. Comme les régimes de protection sociale, la plupart des systèmes de distribution des assureurs ne sont pas adaptés à ce segment du marché. Le réseau des courtiers, vendeurs et autres agents utilisés traditionnellement par les assureurs n’arrive pas jusqu’aux populations défavorisées. De plus, les produits d’assurance généralement proposés ne sont pas adaptés à leurs besoins spécifiques. Des montants assurés inadaptés, des modalités d’exclusion complexes, ainsi qu’une terminologie juridique des plus hermétiques : autant d’obstacles qui empêchent les pauvres d’accéder réellement aux services d’assurance. Pour être rentable, la micro-assurance doit toucher un très grand nombre d’assurés modestes. Les coûts de transaction associés à la gestion de ces polices de faible montant peuvent être extrêmement élevés, surtout si on les rapporte aux sommes assurées. Pour que la micro-assurance présente un intérêt aux yeux des assurés, d’importantes innovations doivent être mises en place visant à minimiser les coûts de transaction, tant pour les assureurs que pour les assurés. Les assureurs ont souvent cette idée préconçue que les populations à faible revenu ne peuvent s’offrir une assurance. Or, il est intéressant de constater que lorsque les assurances ont commencé à se développer à la fin du XIX e siècle, elles étaient perçues comme un service financier destiné aux pauvres. Parmi les grandes compagnies d’assurances aujourd’hui en activité, nombreuses sont celles qui se sont établies au XIX e siècle sous la forme de mutuelles destinées aux ouvriers des usines. Les riches n’avaient pas besoin de recourir aux assurances puisqu’ils pouvaient pour l’essentiel s’auto-assurer. Par la suite, avec la sophistication croissante des assurances et la prise de conscience par les riches de leur propre vulnérabilité, les points de vue se sont inversés. L’un des principaux défis à relever, avant de parvenir à étendre les régimes d’assurance aux populations pauvres, est de réussir à les sensibiliser à l’intérêt que représente le fait d’être assuré, et leur permettre ainsi de surmonter leurs préjugés. En effet, bon nombre de personnes se montrent sceptiques dès qu’il s’agit de payer des primes pour un produit immatériel qui peut ne jamais leur rapporter le moindre bénéfice. Par ailleurs, dans bien des cas, les compagnies d’assurances n’inspirent pas vraiment confiance. Réussir à faire prendre conscience à ces populations de l’intérêt que représente le fait d’avoir une assurance coûte du temps et de l’argent. Cependant, force est de reconnaître que les préjugés existent des deux côtés. Les gens qui travaillent dans les compagnies d’assurances sont généralement peu au fait des besoins et des problèmes des pauvres. De même, la culture d’entreprise et les systèmes de récompense incitent les vendeurs à s’orienter vers des polices plus importantes et des clients plus rentables, et les dissuadent de cibler le marché des faibles revenus. TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 » 17



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