Travail n°58 décembre 2006
Travail n°58 décembre 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°58 de décembre 2006

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : s'affranchir ensemble de la pauvreté par le travail.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTICLES GÉNÉRAUX LES COOPÉRATIVES » A. BIBBY Des membres de la SACCO Daimamuungano (Dodoma) assistent à une assemblée générale au cours de laquelle intervient le D r Anacleti Kashuliza, du Registre des coopératives. Dans le cadre du processus de réforme des coopératives, le Registre et son personnel surveillent le déroulement du scrutin pour élire les nouveaux Conseils d’administration des coopératives primaires et secondaires. Les réunions sont filmées afin de pouvoir conserver une trace officielle de l’ensemble des procédures électorales. tive leur fournit une assurance maladie et une assurance décès. Un autre aspect encore plus intéressant du secteur coopératif tanzanien est le réseau d’organismes de crédit connus localement sous le nom de Sociétés coopératives de crédit et d’épargne (les SACCO). Il existe environ 1 400 SACCO agréées, qu’il s’agisse d’initiatives communautaires recrutant des membres travaillant dans l’économie informelle ou de SACCO implantées sur le lieu de travail. L’une d’entre elles, Posta na Simu, est la plus grande coopérative de Tanzanie. Elle fournit des services d’épargne et de crédit aux employés de quatre grandes entreprises du secteur des postes et des télécommunications (Tanzania Telecommunication Company, Tanzania Postal Company, the Postal Bank et the Communication Regulation Authority). Les responsables de Posta na Simu ont eux aussi compris que les coopératives doivent constamment s’adapter à la réalité du monde moderne. Face aux réductions massives d’effectif dans le secteur national des télécommunications, cette SACCO adapte donc sa stratégie, notamment en vue d’aider les membres qui souhaitent créer leur propre entreprise. 10 TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 Une amorce de changement La mise en œuvre du Programme de réforme et de modernisation des coopératives, qui doit s’étendre de 2005 à 2015, constitue une tâche ambitieuse. Ce projet a déjà obtenu un financement de la part du gouvernement tanzanien, mais il aura sans doute également besoin du soutien d’autres donateurs pour réussir. Cependant, une impulsion a été donnée au niveau des structures de base, à travers des mesures destinées à revigorer les principes démocratiques du coopérativisme. Dans certaines régions de Tanzanie, on a récemment demandé à chaque coopérative de convoquer une réunion spéciale de l’ensemble de ses membres pour élire un nouveau conseil d’administration. Les candidats aux postes de direction se sont présentés à des élections attentivement surveillées par le Registre des coopératives de Tanzanie et son personnel. Les leaders potentiels qui ont été impliqués par le passé dans des affaires de corruption, ou qui manquent d’expérience ou de compétences, sont inéligibles. Cette procédure électorale doit maintenant s’étendre à l’ensemble des coopératives du pays.
Selon le D r Anacleti Kashuliza, du Registre des coopératives, ces élections ont clairement indiqué aux responsables de la vieille garde et aux membres des coopératives eux-mêmes que les anciennes méthodes n’avaient plus cours. La description qu’il fait d’un L e Programme de réforme des coopératives mis en œuvre en Tanzanie s’inscrit dans le cadre d’un processus de dimension internationale, à travers lequel les coopératives font peau neuve afin de s’adapter à la réalité économique actuelle. De nombreux pays ont récemment saisi cette occasion pour moderniser les structures législatives régissant leurs coopératives. Par ailleurs, l’OIT a récemment lancé une nouvelle initiative en coopération avec l’Alliance coopérative internationale (ACI). Il s’agit d’une campagne mondiale intitulée « Coopérons pour lutter contre la pauvreté ». Cette campagne, fruit du partenariat permanent entre l’OIT et l’ACI, vise à souligner le rôle que les coopératives peuvent jouer dans le cadre des programmes de réduction de la pauvreté. En avril 2006, le bureau régional de l’ACI a organisé à Nairobi une conférence de dirigeants du monde coopératif africain destinée à examiner la possibilité de créer une structure coopérative panafricaine, CoopAFRICA. Les dirigeants de coopérative de dix pays africains ont participé à cette conférence, ainsi que les représentants de divers projets de développement coopératif et de l’OIT. Un des représentants de l’OIT à cette conférence, Jürgen Schwettmann, alors actif au sein du Service des coopératives, a fait part de la surprise de nombreux participants en entendant « la plupart des orateurs expliquer que le principal obstacle au développement coopératif en Afrique n’est pas lié à un manque de ressources ou à des facteurs externes, mais bien à des problèmes internes tels qu’une mauvaise organisation, un faible niveau de gouvernance et un manque de participation et de représentation des membres. Autrement dit, le manque de participation des membres aux processus décisionnels, au sens large et à tous les niveaux, a été identifié comme le principal et unique obstacle au développement coopératif sur ce continent. » C’est pourquoi CoopAFRICA devra intervenir en priorité aux cinq niveaux suivants : le niveau local, afin de renforcer la création de capacités et la culture coopérative tout en respectant les règles et traditions locales, et aussi en vue de mettre au point des mécanismes d’évaluation, de suivi et de mesure des résultats ; le niveau intermédiaire, pour consolider la capacité organisationnelle et la gouvernance des coopératives ; le niveau national, afin d’accroître le niveau de participation et de représentation des dirigeants de coopérative ; le niveau continental, en DES CENTRES DE COMPÉTENCE EN AFRIQUE récent scrutin qui s’est tenu pour la coopérative de Shinyanga est éloquente : « Un millier d’adhérents se sont présentés pour élire la direction. A ce moment-là, vous vous rendez compte qu’il se passe vraiment quelque chose », dit-il. vue d’améliorer les capacités des coopératives en matière d’organisation et de leadership ; et le niveau international, dans le but de renforcer l’engagement des membres. Afin d’être aidée dans sa mission de suivi des progrès accomplis vers la réalisation de ces objectifs, CoopAFRICA a créé des « centres de compétence » dans quinze pays africains, chaque sous-région étant représentée par trois pays au cours de la première phase du projet. Selon la décision des participants à la conférence de Nairobi, CoopAFRICA devra ensuite étendre ses activités à l’ensemble du continent africain. La recommandation (n°193) de l’OIT sur la promotion des coopératives, adoptée en 2002, est l’un des instruments qui permet de donner un cadre global au processus de réforme des coopératives. Elle invite en effet les gouvernements et les partenaires sociaux à soutenir le développement de coopératives solides et dotées d’une viabilité et d’une autonomie financière. Le Bureau des activités pour les travailleurs et le Service des coopératives du BIT ont également mis sur pied un projet unique de collaboration entre coopératives et syndicats, le SYNDICOOP. Ce projet, actuellement mis en œuvre dans quatre pays d’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Rwanda et Tanzanie), a pour vocation d’améliorer les conditions de travail et de vie des travailleurs de l’économie informelle dépourvus de protection sociale. En Tanzanie, le projet SYNDICOOP (auquel participent à la fois la Fédération des coopératives de Tanzanie et la Confédération syndicale de Tanzanie) a contribué à la création d’un certain nombre de nouvelles coopératives de crédit (SACCO), dont les membres sont des travailleurs de l’économie informelle. TRAVAIL, N°58, DÉCEMBRE 2006 J. Maillard/BIT 11



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