Travail n°43 juin 2002
Travail n°43 juin 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de juin 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : un avenir sans travail des enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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EN COUVERTURE BIT/M. Crozet PLEINS FEUX SUR LA « JOURNÉE MONDIALE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS » RAPPORT GLOBAL DU BIT » Le travail des enfants prend souvent des proportions considérables dans la production agricole destinée à l’exportation sur les marchés du cacao, du café, du caoutchouc, du coton, du sisal, du thé et d’autres produits de base. Des enquêtes menées au Brésil, au Kenya et au Mexique font apparaître que, dans ces secteurs, 25 à 30% de la main-d’œuvre sont constitués d’enfants de moins de 15 ans. Les auteurs précisent que « dans de nombreux pays développés, l’agriculture est le secteur qui mobilise le plus fort pourcentage de main-d’œuvre enfantine » et que « dans les exploitations familiales, il est fréquent que la législation relative à l’âge minimum ne soit pas appliquée ». C’est dans l’économie informelle, où les travailleurs ne sont ni reconnus ni protégés par la législation en vigueur sur le marché du travail, que l’on trouve le plus grand nombre de travailleurs enfants. Le BIT estime que cette prédominance des enfants dans les activités du secteur informel, qui échappent au contrôle de la plupart des institutions publiques, quel que soit le revenu des pays, constitue le principal obstacle à l’abolition effective du travail des enfants. Si certains travaux, comme le travail dans les mines ou la pêche en haute mer, présentent un danger évident, d’autres, qui à première vue semblent anodins, peuvent être non moins dangereux, surtout pour des enfants très jeunes, sous-alimentés ou vulnérables pour toute autre raison. CAUSES ET SOLUTIONS Aucune des causes du travail des enfants qui sont recensées dans le rapport ne doit être éludée, qu’il s’agisse de la pauvreté, l’une des plus déterminantes, ou de celles, nombreuses, qui en découlent : l’instabilité économique et politique, la discrimination, les migrations, l’exploitation à caractère criminel, les pratiques culturelles traditionnelles, le manque de travail décent pour les adultes, l’insuffisance de la protection sociale, le manque d’écoles et le désir de consommation. La demande est stimulée par plusieurs facteurs : non-respect de la législation, attrait d’une maind’œuvre bon marché et flexible, faible productivité de petites entreprises familiales à peine rentables qui n’ont pas les moyens de rémunérer des adultes. Le rapport souligne qu’il est, certes, difficile de maîtriser l’ensemble de ces facteurs mais que la campagne en faveur de la ratification universelle de la convention n o 182 a conféré au combat contre le travail des enfants en général un caractère d’urgence et une portée sans précédent, en attirant l’attention du monde entier sur les pires formes d’exploitation. 6 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 Adoptée à l’unanimité par la Conférence internationale du Travail en 1999, la convention n o 182 a depuis été ratifiée par 120 des 175 États membres de l’Organisation. La convention (n o 138) sur l’âge minimum, adoptée en 1973, avait, elle été ratifiée par 116 États au 25 avril 2002. Comme l’indique M. Somavia, la majorité des gouvernements reconnaissent aujourd’hui que le problème existe réellement – à des degrés et sous des formes diverses. Beaucoup ont déjà franchi le pas qui consiste à prendre pleinement la mesure du problème, bien le comprendre, et y faire face. Le rapport a été discuté par les partenaires tripartites de l’OIT le 12 juin, durant la 90 e session de la Conférence internationale du Travail, qui s’est tenue à Genève. Ce même jour, l’OIT a lancé la « Journée internationale contre le travail des enfants » afin de donner un coup d’accélérateur à la campagne mondiale pour l’abolition du travail des enfants, en particulier dans ses pires formes, menée ces dernières années. Ce fut l’occasion de réfléchir aux progrès accomplis jusqu’à présent et d’imprimer un nouvel élan à la lutte pour un avenir sans travail des enfants. Les programmes nationaux et régionaux se sont multipliés sous l’égide du Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC), qui a débuté en 1992 dans six pays, avec l’appui d’un pays donateur, l’Allemagne. Aujourd’hui, l’IPEC compte 75 pays bénéficiaires et 26 donateurs. En 2001, le BIT a lancé le premier de ses programmes assortis de délais, dont l’objectif est d’éliminer les pires formes de travail des enfants dans un pays donné en cinq à dix ans. Les premiers programmes de ce type, mis en œuvre en El Salvador, au Népal et en République- Unie de Tanzanie, permettront de venir en aide à 100 000 enfants. Grâce aux partenariats entre gouvernements, organisations d’employeurs et de travailleurs et autres organisations de la société civile, et grâce à l’appui de la communauté internationale, il est désormais possible de soustraire les enfants à un travail qui leur est préjudiciable en les scolarisant, d’aider ces enfants et leur famille à améliorer leurs conditions d’existence et d’empêcher que d’autres enfants à leur tour ne tombent dans le piège. « Il faut s’appuyer sur ces fondations, les consolider et les développer », déclare M. Somavia. « L’abolition effective du travail des enfants est l’une des missions les plus urgentes de notre temps. Ce doit être un objectif universel. »
PROTESTER TRAITE UIP Figure 3 : La pyramide des enfants participant à différentes catégories d’activités économiques (en millions) Enfants économiquement actifs Travail des enfants à abolir Enfants astreints à des formes de travail intrinsèquement condamnables Enfants astreints à un travail dangereux Enfants astreints à un travail non dangereux 8 m Enfants effectuant un travail acceptable 25 m 67 m 111 m 59 m 82 m 5-14 ans 15-17 ans Zone en grisé : travail des enfants à abolir (Source : Un avenir sans travail des enfants,BIT 2002) TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 PROTESTER CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS U ne nouvelle action du BIT fait appel au monde de l’art et aux médias pour sensibiliser les jeunes au problème du travail des enfants et les inciter à participer à la lutte contre ce fléau. Ce programme intitulé « Soutenir les droits de l’enfant par l’éducation, les arts et les médias », dénommé SCREAM d’après l’acronyme anglais, invite les enfants à protester contre le travail des enfants par le biais des médias, de pièces de théâtre et d’autres formes d’expression artistique. Dans le cadre de l’expérience pilote organisée en 2001 en Irlande, par exemple, un groupe de jeunes de 16 et 17 ans ont reçu un enseignement sur le travail des enfants et ont ensuite écrit euxmêmes une pièce de théâtre mettant en scène la souffrance des enfants qui travaillent. Cette pièce a été jouée devant un public local composé de parents, d’enseignants et de responsables politiques. Cette expérience ayant été une réussite, le programme SCREAM fut lancé lors de la session de la Conférence internationale du Travail, de juin 2002. Plusieurs pays, dont le Népal, la Jordanie, l’Italie, la Suisse, la Suède, la Turquie, la Tanzanie, El Salvador, la France, le Burkina Faso et le Portugal, ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour le projet. Pour tout renseignement, s’adresser au Programme international pour l’abolition du travail des enfants (IPEC), tél. +4122/799 8181, fax +4122/799 8771, e-mail : ipec@ilo.org 7



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