Travail n°43 juin 2002
Travail n°43 juin 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de juin 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : un avenir sans travail des enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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PLEINS FEUX SUR LA « JOURNÉE MONDIALE CONTRE LE TRAVAIL DES ENFANTS » RAPPORT GLOBAL DU BIT EN COUVERTURE Le travail des enfants : un flé LE TRAVAIL DES ENFANTS reste un phénomène mondial auquel aucun pays ni aucune région n’échappent PROTESTER TRAITE UIP Dix ans après avoir lancé une campagne mondiale contre le travail des enfants, le Bureau international du Travail (BIT) a réexaminé la situation dans son ensemble. Le résultat n’est guère rassurant : bien que des efforts indéniables aient été déployés pour éliminer le problème, un nombre extrêmement inquiétant d’enfants sont encore assujettis aux pires formes d’exploitation. Cette question, entre autres, a retenu toute l’attention des participants à la Conférence internationale du Travail, qui a tenu sa session en juin et à l’occasion de laquelle fut instituée la première « Journée mondiale contre le travail des enfants ». GENÈVE – Dans Un avenir sans travail des enfants 1, son étude la plus approfondie sur le sujet, le BIT note que la mobilisation mondiale, en particulier contre les pires formes d’exploitation des enfants, se traduit par des interventions directes à tous les 4 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 niveaux : local, national et international. Selon le Directeur général, toutefois, le problème est toujours d’une très grande ampleur et nécessite un redoublement des efforts destinés à le résoudre. Principales conclusions : ● Un enfant de 5 à 17 ans sur six, soit 246 millions, est astreint au travail. ● Un enfant de 5 à 17 ans sur huit, soit 179 millions, est encore assujetti aux pires formes de travail, à savoir celles qui nuisent à sa santé physique ou mentale ou à sa moralité. ● Environ 111 millions d’enfants de moins de 15 ans sont astreints à des travaux dangereux et devraient être immédiatement soustraits à ces formes de travail. ● 59 millions de jeunes de 15 à 17 ans, eux aussi affectés à des travaux dangereux, devraient être de toute urgence protégés ou soustraits à ces formes de travail. BIT/M. Crozet
au persistant et omniprésent ● 8,4 millions d’enfants sont assujettis aux pires formes d’exploitation, celles qui sont « intrinsèquement » condamnables, à savoir l’esclavage, la traite, la servitude pour dettes et d’autres formes de travail forcé comme l’enrôlement dans un conflit armé, la prostitution, la pornographie et toutes autres activités illicites. ● Le travail des enfants reste un phénomène mondial auquel aucun pays ni aucune région n’échappent. Les crises de toutes sortes – catastrophes naturelles, chocs économiques, pandémie du VIH/sida, conflits armés – poussent un nombre croissant de jeunes vers des formes de travail dégradantes, parfois illégales et clandestines comme la prostitution, le trafic de drogue, la pornographie et d’autres activités illicites. Le rapport s’inscrit dans le cadre du suivi de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, adoptée en 1998. Cette Déclaration réaffirme que tous les États membres de l’OIT ont l’obligation de respecter, promouvoir et réaliser les principes concernant les droits fondamentaux, à savoir la liberté d’association et la négociation collective, l’élimination du travail forcé ou obligatoire, l’abolition du travail des enfants et l’élimination de la discrimination en matière d’emploi et de profession. Le nombre de travailleurs enfants a-t-il augmenté ou diminué ? Les chiffres contenus dans le rapport diffèrent des estimations les plus fiables dont on disposait en 1996, et qui fixaient à quelque 250 millions le nombre d’enfants de 5 à 14 ans astreints au travail dans les pays en développement. Les auteurs font observer que les nouvelles méthodes de collecte de données permettent de se faire une idée plus précise du problème et, en particulier, de la ventilation du travail des enfants par classe d’âge et par région, de sorte que les chiffres ainsi obtenus ne se prêtent pas à une comparaison directe avec les estimations antérieures. L’AMPLEUR DU PROBLÈME Ils décrivent le travail des enfants à l’aube du XXI e siècle comme un phénomène infiniment volatil revêtant les formes les plus variées. Sur la base de données récentes, ils estiment à 352 millions le nombre d’enfants de 5 à 14 ans qui exercent une forme ou une autre d’activité économique. Sur ce total, 106 millions sont affectés à des travaux acceptables pour des enfants ayant atteint l’âge minimum d’admission à l’emploi (généralement 15 ans), ou à des travaux légers tels que les tâches ménagères ou des travaux rentrant dans le cadre de leur éducation (voir convention de l’OIT (nº 138) sur l’âge minimum, 1973). Il résulte que 246 millions d’enfants sont astreints à des formes de travail qu’il faut abolir, à savoir selon la définition du BIT : ● les travaux accomplis par des enfants d’un âge inférieur à l’âge minimum spécifié par la législation nationale ou les normes internationales ; ● les travaux dangereux, c’est-à-dire ceux qui par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent sont susceptibles de nuire à la santé physique ou mentale ou à la moralité de l’enfant ; ● les travaux classés parmi les pires formes de travail des enfants car il s’agit d’activités intrinsèquement condamnables, conformément à la convention de l’OIT (n o 182) sur les pires formes de travail des enfants, 1999. Pour ce qui est de la répartition géographique, c’est la région Asie-Pacifique qui compte le plus grand nombre de travailleurs enfants de 5 à 14 ans : 127 millions, soit 60% du total mondial. Viennent ensuite l’Afrique subsaharienne : 48 millions, soit 23%, l’Amérique latine et les Caraïbes : 17,4 millions, soit 8%, et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord : 13,4 millions, soit 6%. Les pays industrialisés en compteraient près de 2,5 millions (1% du total mondial) et les pays à économie en voie de transition, 2,4 millions. Les enquêtes réalisées dans les pays en développement montrent que la majorité de ces enfants (70%) travaillent dans un secteur d’activité primaire – agriculture, pêche, chasse, foresterie –, les autres se répartissant ainsi : industries manufacturières, commerce de gros et de détail, restauration et hôtellerie : 8% ; emplois et services domestiques : 7% ; transports, magasinage et communications : 4% ; construction et industries extractives : 3%. TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 1 Un avenir sans travail des enfants. Rapport global en vertu du suivi de la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail, Conférence internationale du Travail, 90 e session, 2002, Rapport I (B). Bureau international du Travail, Genève. ISBN 92-2- 212416-2. 20 francs suisses. (Ce rapport peut également être consulté sur le site Internet de l’OIT, à l’adresse : www.ilo.org/declaration). » BIT/M. Crozet 2 Voir article 3 a) à c) de la convention (nº 182) sur les pires formes de travail des enfants, 1999. 5



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