Travail n°43 juin 2002
Travail n°43 juin 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de juin 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : un avenir sans travail des enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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RUBRIQUES PLANÈTE TRAVAIL LES NOUVELLES CHAMPS D’ACTION L’OIT DANS LA PRESSE Verdict mitigé du BIT sur les conditions de travail dans l’industrie cambodgienne du vêtement GENÈVE – Les observateurs du BIT qui contrôlent les ateliers de confection du Cambodge n’ont dégagé aucune preuve concluant à l’existence de travail forcé ou d’actes de discrimination, mais ont relevé des problèmes de harcèlement sexuel, d’entrave à la liberté syndicale, de paiement incorrect des salaires et d’heures supplémentaires obligatoires. Ces conclusions ont été récemment rendues publiques dans le deuxième rapport de synthèse sur les conditions de travail dans le secteur cambodgien de l’habillement. Ce rapport rend compte des contrôles effectués dans trente-quatre usines à la faveur d’un projet de coopération technique résultant d’un accord entre les gouvernements du Cambodge et des États-Unis. Le premier rapport de synthèse 1, publié en novembre 2001 par les observateurs du BIT, contenait déjà des « bonnes et mauvaises nouvelles » de cette nature sur les conditions de travail dans les trente usines initialement inspectées. Pour ce qui est des bonnes nouvelles, le dernier rapport révèle qu’il n’existe aucune preuve de travail forcé ni de pratiques La Conférence internationale sur le financement du développement a eu lieu du 18 au 22 mars 2002, à Monterrey, au Mexique. Les innombrables acronymes (APD, IED, NEPAD, etc.) recouvrent un débat qui concerne le monde entier – Comment faire en sorte qu’une plus grande partie des habitants de la planète profitent de la prospérité du monde – auquel l’OIT entend apporter une contribution significative. Et bien que les résultats et l’utilité de la Conférence de Monterrey soient vivement contestés, l’importance des enjeux, elle, ne fait aucun doute. 26 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 discriminatoires ni même de travail des enfants, à l’exception d’un cas d’importance mineure. En revanche, les irrégularités dans le paiement des salaires sont fréquentes et, dans un nombre non négligeable d’usines, les heures supplémentaires sont souvent imposées. En outre, les grèves ne sont pas toujours organisées selon une procédure légale et des cas de harcèlement sexuel ont été signalés dans trois entreprises. Les auteurs du rapport soulignent que l’inspection des usines n’est pas un objectif en soi, mais s’inscrit dans une démarche globale dont le but est l’amélioration des conditions de travail dans l’ensemble du secteur cambodgien de l’habillement. Le dernier accord commercial triennal sur le textile et l’habillement stipule que les exportations cambodgiennes vers les États-Unis pourront augmenter de 18%, si le gouvernement du Cambodge donne son appui à l’exécution d’un programme d’amélioration des conditions de travail dans ce secteur, prévoyant notamment l’incorporation des normes fondamentales du travail internationalement reconnues dans la législation cambodgienne du travail Le Comité consultatif du projet (CCP) – composé de représentants du gouvernement cambodgien, de l’Association des fabricants de vêtements et des syndicats – a souscrit au deuxième rapport en se félicitant de ce que le travail forcé et la discrimination, à l’exception de quelques cas de harcèlement sexuel, ne donnent pas matière à préoccupation dans les ateliers inspectés. Le CCP a noté avec satisfaction qu’à l’exception d’un incident mineur, aucun cas de travail des enfants n’a été décelé. Il s’est cependant déclaré préoccupé par la violation des droits syndicaux dans un certain nombre d’ateliers. Aucune des trente usines ayant fait l’objet de la première série de contrôles n’était comprise dans le deuxième groupe. Les progrès accomplis par ces usines dans la mise en œuvre des recommandations formulées à leur intention font l’objet d’un rapport devant être publié avant la fin du mois de juin. 1 Le premier rapport intitulé First Synthesis Report on the Working Conditions Situation in Cambodia’s Garment Sector peut être consulté en anglais à l’adresse : www.ilo.org/public/english/dialogue/govlab/cambodia/cambodia.htm Monterrey : Des idées pour remédier à la pauvreté des nations GENÈVE – Dans ce monde, un enfant sur quatre vit dans la misère noire, c’est-à-dire dans une famille qui dispose de moins de 1 dollar par jour pour vivre. Sur les 130 millions d’enfants nés cette année, 23 millions n’iront jamais à l’école et 10 millions mourront avant
MÉDIATHÈQUE l’âge de 5 ans alors que la cause de la plupart de ces décès aurait pu être évitée 1. Ces impitoyables statistiques de la pauvreté constituaient la toile de fond de la Conférence internationale sur le financement du développement, première conférence des Nations Unies exclusivement consacrée aux aspects financiers du développement. Ce fut une énorme conférence qui a réuni 50 chefs d'État et de gouvernement, plus de 200 ministres, des représentants du secteur privé et de la société civile et des hauts responsables des principales organisations intergouvernementales financières, commerciales, économiques et monétaires. En outre, c’était la première fois que pouvoirs publics, société civile, milieux d'affaires et acteurs institutionnels débattaient ensemble des questions économiques d'intérêt mondial. Une semaine durant, plus de 800 participants répartis entre douze tables rondes ont participé à ces échanges quadripartites. En outre, 55 manifestations parallèles ont eu lieu pendant la semaine. Pour l’OIT, Monterrey a été l’occasion de veiller à ce que la dimension sociale de la question financière soit dûment prise en compte et à ce que le travail décent figure L’HYGIÈNE DU TRAVAIL EST AUSSI L’AFFAIRE DES TRAVAILLEURS Il est communément admis que la recherche sur l’hygiène du travail doit être conduite par des professionnels de la santé au nom de l’employeur. Un guide récemment publié par le Programme focal du BIT sur la sécurité socio-économique remet ce principe en question en montrant aux travailleurs comment ils peuvent, d’une part, déceler eux-mêmes les problèmes de santé et de sécurité, enquêter sur la situation et y remédier et, d’autre part, améliorer d’une manière générale leur sécurité économique et sociale. GENÈVE – Ce guide intitulé Barefoot Research : A Workers’manual for organizing on work security, indique les techniques auxquelles peuvent recourir les travailleurs pour s’informer eux-mêmes des questions de santé et de sécurité, réunir des données et les analyser puis utiliser les résultats pour améliorer les conditions sanitaires. En outre, il contient des informations, tout aussi importantes, sur les règles fondamentales de sécurité ainsi que sur la manière d’en évaluer l’application et de l’améliorer. Ce n’est pas un ouvrage théorique. Page après page, il propose des mesures concrètes et précises concernant une foule de questions relatives à la sécurité – mener des enquêtes sur la santé dans l’entreprise, vérifier les fiches de données sur les dangers, négocier avec l’employeur ou s’organiser pour rendre le lieu de travail plus sûr. Ces mesures sont conçues de façon à pouvoir être exécutées sans grands moyens financiers et techniques. Bien que l’idée de rédiger un guide de recherche sur la santé qui s’adresse spécialement aux travailleurs soit nouvelle, les techniques préconisées, elles, ont été déjà appliquées avec succès dans le monde entier, pays développés et en développement confondus. En effet, ce sont souvent les travailleurs eux-mêmes qui remarquent en premier lieu les problèmes. Selon Ellen Rosskam, spécialiste du BIT pour la sécurité au travail, « la majorité des maladies professionnelles ont d’abord été décelées par les travailleurs, souvent à l’aide des méthodes de recherche rudimentaires, non conventionnelles, qui sont recensées ici ». Bien avant les employeurs et le corps médical, les travailleurs ont attiré l’attention sur des maladies aussi connues que l’asbestose (causée par l’amiante qui se trouve en général dans les produits isolants), la silicose (la silice est présente dans les mines et les sablonnières) et le saturnisme (causé par le plombque l’on trouve fréquemment dans les fabriques de piles et de peinture). On dénombre chaque année au bas mot 250 millions d’accidents du travail et 160 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 au programme des institutions financières internationales. Le « Consensus de Monterrey » adopté par les gouvernements contient un texte proposé par l’OIT. La conférence a également permis à de très nombreux groupes de s’exprimer sur les aspects sociaux de la mondialisation, thème actuellement examiné par la commission spéciale instituée par l’OIT au début de l’année, dont les conclusions alimenteront sans aucun doute la réflexion lors des futurs événements de cette nature. 1 Estimations tirées du rapport de l’UNICEF intitulé La situation des enfants dans le monde. millions de maladies professionnelles, responsables d’environ 1,2 million de décès à travers le monde. C’est pourquoi il est indispensable que les travailleurs prennent eux-mêmes leur sécurité en charge. « Il faudrait des années et une armée de chercheurs pour évaluer tous les risques professionnels possibles. À l’heure actuelle, par exemple, les effets d’une faible proportion seulement des 50000 produits chimiques couramment utilisés dans l’industrie ont été correctement étudiés. » Selon Guy Standing, directeur du Programme du BIT sur la sécurité socio-économique, d’importantes raisons politiques justifient également que les travailleurs et les syndicats effectuent leurs propres recherches. « L’information est rarement neutre et, en général, il n’est pas judicieux de s’en remettre à d’autres pour réunir, analyser et diffuser l’information qui détermine les stratégies et les pratiques. » Pour obtenir un exemplaire du manuel, ou pour tout renseignement, s’adresser au Programme focal sur la sécurité socio-économique, tél. +4122/799 8893, fax +4122/799 7123, e-mail : SES@ilo.org, ou consulter le site : www.ilo.org/ses 27



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