Travail n°43 juin 2002
Travail n°43 juin 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de juin 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : un avenir sans travail des enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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BIT/M. Crozet Timor-Oriental : Un Code du tra Keystone ARTICLES GÉNÉRAUX CAMBODGE HARCÈLEMENT I N D E TIMOR-ORIENTAL L e Timor-Oriental a fait du chemin depuis l’installation, en 1999, de l’administration transitoire des Nations Unies. Le plus jeune État du monde a pris ses marques et, en mai de cette année, a signé l’entrée en vigueur de son Code du travail. Ce code, élaboré en consultation avec le Programme focal du BIT pour le renforcement du dialogue social et le Bureau régional pour l’Asie et dans le Pacifique, établit un système de relations du travail complet et équitable, fondé sur les principes fondamentaux de l’OIT. Le but : appuyer la création d’emplois et instituer des règles de base dans tous les domaines – des congés de maladie à l’égalité entre hommes et femmes. DILI, Timor-Oriental – De prime abord, il semble impossible de créer des normes du travail dans un pays qui se relève à peine des ravages causés par un conflit politique. Pourtant, grâce au BIT, le Timor-Oriental a désormais une législation en bonne et due forme sur la durée du travail, les congés de maladie, les prestations de maternité, le travail des enfants, le règlement des conflits et l’égalité de traitement pour les femmes. L’élaboration du Code de travail du Timor-Oriental fait partie du projet mis en place par le BIT pour renforcer et améliorer les relations de travail dans ce pays (SIMPLAR), qui est financé par le ministère du LE LONG CHEMIN VERS L’INDÉPENDANCE 1975 – Le Portugal se retire du Timor 1976 – L’Indonésie annexe le Timor 1998 – Le Timor vote l’indépendance 18 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 Travail des États-Unis. Ce projet vise à favoriser le développement social et économique du Timor- Oriental en instaurant un système de relations du travail performant. Par la suite, le BIT poursuivra son action – toujours dans le cadre de ce projet – afin de doter le gouvernement et les organisations d’employeurs et de travailleurs des moyens de tirer le meilleur parti possible du dialogue social. Un autre projet est axé sur la formation professionnelle, l’employabilité et la création d’emplois. Ce projet, qui a démarré en octobre 2001, est financé par le gouvernement portugais et exécuté par le Programme focal du BIT sur la réponse aux crises et la reconstruction. « Le Code du travail doit être appliqué et il doit être appliqué correctement », a déclaré le Directeur du Bureau régional de l’OIT pour l’Asie et dans le Pacifique, Yasuyuki Nodera, lors de la cérémonie du 1er Mai, au cours de laquelle a été annoncée l’entrée en vigueur du code. « Si l’un ou l’autre des partenaires sociaux n’est pas en mesure de le mettre correctement en pratique, les principes qu’il prétend faire respecter pourraient rester lettre morte dans la pratique courante des relations du travail. » Gagan Rajbhandari, représentant de l’OIT à Dili, s’est entretenu avec Travail de la situation de l’emploi et de l’action de l’OIT au Timor-Oriental. Comment qualifieriez-vous la situation de l’emploi au Timor-Oriental ? La population du Timor-Oriental est essentiellement une population agricole qui pratique une économie de subsistance, la majeure partie de la production étant consommée par les producteurs (consommation domestique). Environ 76% de la population vivent dans les zones rurales, où l’on 2002 : 1er mai – Le Timor-Oriental adopte son Code du travail 1999 – Installation de l’Administration provisoire des Nations Unies au Timor-Oriental (UNTAET) 20 mai – Le Timor-Oriental devient une nation indépendante
vail pour un nouvel État recense également 85% des pauvres du pays. C’est une population jeune puisque 48% ont moins de 17 ans. Le taux d’activité global est de 74% et celui des femmes est légèrement supérieur à 50%. Environ trois quarts de la population active travaillent dans l’agriculture. Le chômage déclaré, phénomène nouveau qui touche surtout les jeunes, dépasse 16%. Tous les secteurs de l’économie manquent de personnel qualifié dans la gestion d’entreprise ainsi que de techniciens et autres spécialistes. Le plan de développement national met en évidence l’absolue nécessité de créer, immédiatement et dans le proche avenir, des emplois pour les jeunes, tant dans le secteur structuré que dans le secteur informel. Quelque 15000 à 20000 jeunes atteignent chaque année l’âge de travailler, c’est-àdire beaucoup plus que ne pourra jamais en absorber le secteur public. Quels sont les problèmes sociaux les plus pressants auxquels le gouvernement du Timor-Oriental doit s’attaquer ? Le travail des enfants en est-il un ? Le manque de qualifications et de débouchés rémunérateurs est un des problèmes prioritaires. Par ailleurs, le gouvernement tient à se doter de lois sur la sécurité sociale ainsi que sur la santé et la sécurité au travail. Il doit aussi réinsérer les anciens combattants dans le processus de développement national. Avant la promulgation du Code du travail, le 1er mai 2002, c’està-dire tout récemment, l’absence de réglementation officielle rendait difficile le règlement des conflits du travail. Le gouvernement du Timor-Oriental a exprimé le souhait de devenir un État membre de l’OIT et de ratifier les huit conventions fondamentales. Les enfants aident les adultes dans les tâches domestiques et dans les fermes. On commence depuis peu à voir des enfants travailler dans la rue, surtout à Dili, la capitale. Environ 200 à 300 enfants vendent des CD dans les rues et lavent des voitures. Une étude de l’UNICEF a montré que la plupart de ces enfants cherchaient à échapper à la violence familiale et à la pauvreté. Ils sont souvent envoyés là par leurs parents (ou les personnes qui s’occupent d’eux) pour compléter le revenu familial. Quels sont les principaux obstacles auxquels se heurte le gouvernement dans le domaine du travail et de l’emploi ? Le gouvernement n’a pas les compétences techniques ni les ressources nécessaires pour résoudre les problèmes qui se posent dans ce domaine. Dans son plan de développement national, il préconise une intensification de la formation en cours d’emploi actuellement dispensée dans les ateliers du secteur informel. Il invite également les employeurs du secteur structuré à concevoir et exécuter des programmes de formation de base ainsi qu’à inscrire la formation professionnelle dans les programmes existants des donateurs et de l’Église. Il prévoit de créer un service chargé de l’enseignement technique et professionnel. Et de fait, le nouveau Code du travail exige que le ministère du Travail et de la Solidarité crée une Division de la formation professionnelle et de l’emploi composée de trois unités chargées respectivement de la formation et du perfectionnement professionnels, des services de l’emploi et de l’analyse du marché du travail. En outre, des centres de formation communautaires seront mis en place dans les campagnes pour doter les gens des qualifications requises dans l’économie informelle locale et leur donner des conseils sur l’emploi. Ces centres serviront en outre d’intermédiaires entre employeurs et travailleurs et feront correspondre emplois et qualifications. Quels sont les secteurs les plus susceptibles de se développer et de créer des emplois ? Le tourisme en est-il un ? Les secteurs les plus prometteurs sont l’économie informelle, les petites et très petites entreprises et le secteur tertiaire. Le tourisme est l’une des branches cibles, mais encore faudra-t-il que le pays acquière les compétences et l’infrastructure nécessaires. Comment le BIT aide-t-il le gouvernement à résoudre les problèmes liés à l’emploi et au travail ? Pourriezvous résumer les principaux aspects de son programme au Timor-Oriental ? Toutes les activités mises en place par le BIT au Timor-Oriental visent à permettre aux citoyens de cette nouvelle nation d’avoir un travail décent et productif. L’une des premières étapes a bien sûr consisté à inscrire les relations de travail dans un cadre juridique, en élaborant un Code du travail. Cela étant fait, nous avons maintenant un projet de coopération technique qui aide le gouvernement, les employeurs et les travailleurs à appliquer ce code. Ensuite, nous encouragerons les employeurs et les travailleurs à recourir au dialogue social pour améliorer les relations de travail. Enfin, un autre projet dispense une formation efficace et peu coûteuse afin que les chômeurs et les autres catégories vulnérables acquièrent les qualifications dont ils ont besoin pour trouver un emploi décent et durable. TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 19



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