Travail n°43 juin 2002
Travail n°43 juin 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de juin 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : un avenir sans travail des enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ARTICLES GÉNÉRAUX CAMBODGE » HARCÈLEMENT 2. Le « politicien », un employé ambitieux qui harcèlera un collègue pour lui voler ses idées, obtenir une promotion ou une faveur de la direction. 3. L'« imposteur », salarié incompétent qui camoufle ses erreurs en calomniant les autres. À ces trois types d'agresseurs correspondent trois types de victimes : 1. La « brute » choisit des cibles faciles, fragiles sur le plan affectif ou qui ne peuvent quitter leur emploi. 2. Le « politicien » s'en prend aux employés considérés comme des concurrents à éliminer. 3. L'« imposteur », pour se protéger, disqualifie ses anciens collègues. Cette typologie de comportements, utile sans aucun doute, a le défaut de ne pas mettre en cause la responsabilité de l'employeur. L'auteur de Un collègue veut votre peau limite la problématique aux relations entre employés, comme si prévenir et soigner les agressions n'étaient que du ressort des travailleurs. Des travailleurs souvent individualistes et insensibles – chacun cherche d'abord à sauver son emploi – ce qui n'aide en rien. Dans son célèbre Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien (Syros, Paris, 1998), livre qui a eu un important retentissement en France et à l'étranger, la psychiatre et psychanalyste Marie-France Hirigoyen écrit : « Il ne faut pas banaliser le harcèlement en en faisant une fatalité de notre société. Ce n'est pas la conséquence de la crise économique actuelle, c'est seulement une dérive d'un laxisme organisationnel. » En 2001, l'auteur a poursuivi sa réflexion dans Malaise dans le travail : le harcèlement moral, démêler le vrai du faux, où elle souhaite que les gouvernements obligent les entreprises à se doter de programmes de prévention contre ce qui n'est pas une tare individuelle mais bien une pathologie collective. En France d'ailleurs, la notion de harcèlement moral figure, depuis peu, dans le Code du travail. « Ce qui fait qu'il y a de la violence dans un milieu, c'est la façon dont les gens sont gérés », assure François Courcy. « Qui gère, en dernière analyse ? L'employeur. » Le délégué social Jean-Luc Pagé renchérit : « L'organisation du travail est violente. Les gens deviennent intolérants, impatients, fatigués, usés, agressifs, et ils ne sont pas écoutés. » François Courcy, lors de ses enquêtes de terrain, a noté que la majorité des employeurs fermaient les 14 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 yeux sur la violence. Celle-ci a pourtant d'importantes répercussions sur les entreprises : montée de l'absentéisme, chute de la productivité, perte de clients, accroissement du nombre de plaintes, coûts du remplacement des employés démissionnaires ou en congé de maladie, augmentation des cotisations à la CSST. Résultat : la rentabilité diminue. ET LA VIOLENCE SYNDICALE ? Les syndicats ne sont pas sans défauts, leurs membres utilisent aussi la violence ou le harcèlement pour parvenir à leurs fins. C'était « la » question de la Conférence annuelle des délégués sociaux montréalais, en novembre dernier : que faire avec des syndiqués brutaux ? Jean-Luc Pagé, du très militant Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal, avoue : « On est considéré comme un syndicat assez violent, mais tout est mis en œuvre pour contrer la violence. Il peut y avoir des individus dysfonctionnels dans un syndicat, j'en ai connu. Les syndicats doivent faire de la sensibilisation auprès de leurs membres et de leurs structures pour mieux combattre ce fléau-là, mais je ne pense pas que nos organisations syndicales soient violentes en soi. » « Les relations de travail, ce sont des rapports de force, ce n'est pas un domaine sans violence », affirme pour sa part Denise Gagnon. « Ça fait 25 ans que je milite. Au début, quand on faisait de la négociation collective, c'était la politique du poing sur la table plutôt que celle de l'argumentation », relate la syndicaliste. « Aujourd'hui, on se documente, on se prépare mieux avant la négociation pour ne pas se retrouver dans un cul-de-sac. On disait, il y a 20 ans, que 10% des contrats [de travail] se concluaient avec un conflit, aujourd'hui on parle de 3 à 5%. » Dans un cas de violence au travail, un syndicat a le devoir de représenter équitablement l'agresseur et la victime présumés devant la CSST ou les tribunaux. Pris entre l'arbre et l'écorce, les délégués sociaux de la FTQ font la preuve que les relations de travail vont bien au-delà des pancartes et des conventions collectives. Jean-Sébastien Marsan (jsm@mlink.net) est un journaliste indépendant installé à Montréal (Québec).
BIT INDE TIMOR-ORIENTAL En Inde, une industrie cherche à conserver son lustre ÀMoradabad, en Inde, un artisanat séculaire d’une haute technicité, qui produit des objets en cuivre et en métal souffre d’une forte concurrence de l’étranger. Kiran Mehra-Kerpelman, de Travail, qui s’est récemment rendue sur place, explique comment le BIT aide les petites entreprises et les unités de production familiales à améliorer à la fois leurs conditions de travail et leur productivité. MORADABAD, Inde – Mohammad Shafiq, 50 ans, maître artisan à la retraite de cette ville de l’État de l’Uttar Pradesh, était très fier d’avoir installé une cheminée dans son atelier de cuivre. « J’inhalais tellement de fumée que ma santé s’en ressentait », se souvient M. Shafiq, dont les deux fils ont maintenant repris l’activité de fonte et de coulage du cuivre pour la fabrication de petites pièces. « Nos conditions de travail sont très pénibles et si nous ne respectons pas les délais ou les normes de qualité, nous perdons la commande. En outre, nous devons faire face à la concurrence des produits de meilleure qualité et moins chers venus d’autres pays. » Toutefois, grâce à un nouveau programme du BIT, une grande partie de ses problèmes se sont littéralement envolés en fumée. Près de la première cheminée, qui permet une ventilation correcte, M. Shafiq en a installé une deuxième, qui empêche la propagation des gaz chimiques. En outre, il a appris les mesures de précaution à prendre pour éviter les accidents fréquents et surtout les brûlures dont il a souffert des années durant. Grâce à cette meilleure organisation de leur lieu de travail, ses fils ont augmenté leur productivité de 25%. PETITE ENTREPRISE, GRANDES AFFAIRES Le travail du cuivre est l’exemple même d’une activité qui a un rayonnement mondial. Moradabad TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 LES CONDITIONS DE TRAVAIL sont pénibles et les accidents causent souvent des brûlures » 15



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