Travail n°43 juin 2002
Travail n°43 juin 2002
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°43 de juin 2002

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : un avenir sans travail des enfants.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTICLES GÉNÉRAUX CAMBODGE » HARCÈLEMENT I N D E TIMOR-ORIENTAL À Angkor Vat, le BIT s’est associé à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour restaurer le site et en faire à nouveau une destination touristique. Les travailleurs non qualifiés ont trouvé là du travail de débroussaillage des monuments. Ils ont également remis en état les conduites de drainage, placé les statues en sûreté, mis en place un service de collecte des ordures et installé les échafaudages pour les restaurateurs des monuments. Dans la province de Siem Rep, 44 kilomètres de canaux de desserte ont été remis en état à l’aide de techniques à fort coefficient de main-d’œuvre. Comme pour les routes, le projet a injecté beaucoup plus que les salaires dans l’économie locale : il a engagé des camionneurs pour le transport des matériaux, des artisans pour fabriquer des outils et des paniers et des entrepreneurs pour préfabriquer les rigoles d’irrigation et autres structures en maçonnerie. Il a donné du travail aux ateliers de réparation de matériel et aux entreprises de services. Chaque kilomètre de canal ou de route construit a rapporté environ 4000 dollars à l’économie locale. En augmentant la capacité des retenues d’eau, les travaux d’irrigation ont relancé l’agriculture et contribué à endiguer l’exode rural. En huit ans, les projets d’infrastructure du BIT ont également formé des centaines de cadres, d’entrepreneurs et de fonctionnaires non seulement aux techniques de construction et d’entretien non mécanisées mais aussi à la gestion, à la comptabilité, à l’informatique, et leur ont enseigné les langues. Pour maintenir le niveau de croissance obtenu grâce à l’amélioration de l’infrastructure, il fallait que les gens acquièrent le sens des affaires et puissent disposer de capitaux. Lorsque les accords de paix de 1991 ont été signés, les perspectives d’emploi et la situation économique étaient particulièrement moroses. La plupart des habitants des zones rurales 10 TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 n’avaient pas les qualifications nécessaires pour obtenir un emploi. Le marché du travail était très mal organisé et ne pouvait s’appuyer sur aucun système d’information ou programme d’investissement fiable. Pour aider les milliers de rapatriés des camps installés aux frontières, de personnes déplacées, de soldats démobilisés et d’indigents à acquérir des qualifications qui leur permettent de gagner leur vie, le BIT a organisé des cours de formation professionnelle dans plusieurs provinces. Pour ce faire, il a créé un Secrétariat national à la formation au ministère de l’Éducation, à Phnom Penh, et mis en place un réseau de sept centres provinciaux de formation ainsi que des unités décentralisées pour les franges de population non desservies, qui dispensaient un enseignement professionnel axé sur le travail indépendant et la création de petites entreprises. S’adaptant aux besoins de la population, les formateurs se déplaçaient dans les villages et enseignaient à proximité des lieux de résidence des participants. Les femmes soutiens de famille ont ainsi pu assister aux cours sans renoncer à leurs obligations, ce qui était très important, car, lors d’une expérience précédente, un grand nombre d’entre elles avaient dû abandonner les cours faute de pouvoir concilier leur formation et leurs responsabilités familiales. La première phase du projet de formation professionnelle (avril 1993 et mai 1996) était conçue de façon à former le plus rapidement possible les très nombreux réfugiés de retour au Cambodge et personnes déplacées à l’intérieur du pays. Grâce à quoi 4900 personnes (dont 42% de femmes) ont bénéficié d’une formation dans des domaines aussi divers que la culture des champignons, en deux semaines, ou le bâtiment, en quatre mois. Durant la même période, 4000 personnes ont appris à administrer une petite entreprise, 3 000 (dont 67% de femmes) ont emprunté EGP/BIT
pour démarrer ou développer une petite entreprise, 11000 microentreprises appartenant à des femmes ont obtenu des prêts (d’un montant moyen de 40 dollars pour un taux de remboursement de 97%). Pendant la deuxième phase (juillet 1996-octobre 1998), qui était axée sur l’appui institutionnel et les aspects stratégiques, environ 2 500 personnes ont été formées. Parmi elles, 81% ont trouvé un emploi ou se sont mises à leur compte, le meilleur taux de réussite étant obtenu dans des spécialités telles que le maraîchage, la conchyliculture et la réparation d’appareils de télévision. À l’issue de la formation, les participants gagnaient en moyenne 33 dollars par mois, soit au moins deux fois plus qu’un enseignant. Le cours de réparation d’appareils de radio est celui qui a donné les meilleurs résultats : 90% des participants qui l’ont suivi jusqu’au bout ont trouvé un emploi ou se mis à leur compte, gagnant en moyenne 46 dollars par mois. L’une des principales raisons de cette réussite réside dans le fait que la formation dispensée correspondait à des débouchés existants. Dès que, dans un district, un nombre suffisant d’habitants étaient formés dans un domaine donné, le programme de formation se déplaçait dans un autre district afin d’éviter de saturer le marché. Toute entreprise, quelle que soit sa taille, a besoin de capitaux pour se développer. Dans le Cambodge rural, où les revenus sont les plus faibles du monde, l’épargne – et les banques – sont pratiquement inexistantes. Cependant, 80 ONG mettent un capital initial à la disposition des petites et des microentreprises. La plus importante ONG spécialisée dans le financement de proximité est l’Association des agences de développement économique local, mieux connue sous l’acronyme anglais ACLEDA, qui a été créée en 1993 avec le soutien du PNUD. En octobre 2000, elle était devenue une banque agréée et avait 49 agences et bureaux dans 14 provinces, de zones rurales principalement. Le taux de remboursement de ses prêts dépasse aujourd’hui 95%. Elle accorde trois sortes de prêts : des prêts de microfinancement, des avances sur garantie aux petites entreprises et des prêts à la petite industrie. Avec un portefeuille de prêts de 15,6 millions de dollars, elle est désormais le principal bailleur de fonds du Cambodge. Toute l’action du BIT au Cambodge repose sur le respect des droits consacrés dans les normes internationales du travail. Les conditions d’engagement et d’emploi reflétaient les principes énoncés dans les conventions fondamentales sur le travail forcé, le travail des enfants et la discrimination. Elles constituaient des exemples de bonnes pratiques. Chaque chantier de construction employait 50% de femmes. Hommes et femmes percevaient une rémunération équitable, d’un montant égal. Beaucoup ont bénéficié d’une formation spéciale et l’ACLEDA a donné, au départ, des cours de gestion et de commerce aux femmes chefs d’entreprise. Ayant intégré le principe de la parité entre les hommes et les femmes dans sa stratégie de recrutement, elle veille à embaucher autant de femmes que d’hommes. Pour que les femmes et les personnes appartenant à d’autres catégories défavorisées accèdent en priorité à tous les cours, les responsables du projet de formation professionnelle avaient mis au point un test spécial d’admission à leur intention. En outre, pour faciliter l’insertion des handicapés dans le marché du travail, le BIT a recherché des outils agricoles et du matériel de construction adaptés, en vente dans le commerce à des prix abordables. LA PARTICIPATION LOCALE, UNE MÉTHODE QUI A FAIT SES PREUVES C’est parce qu’il a réussi à faire participer la population locale que le BIT a pu mettre en œuvre une sur pied un programme d’entretien régulier pour le Une fois le site d’Angkor Vat nettoyé, le BIT a mis stratégie durable de réduction de la pauvreté. Les maintenir propre. Des partenaires cambodgiens ont communautés locales ont conservé et développé les été recrutés et formés à cette fin. L’ACLEDA, autre structures et les principes mis en place à la faveur du réussite du BIT, est désormais entre les mains de la projet, en étroite collaboration avec les partenaires population locale. Les cours organisés à l’Institut de khmers. Pour leur permettre de s’occuper de l’entretien des routes, le BIT a mis au point un système de France, ont été au départ conçus par le BIT en étroi- technologie du Cambodge, qui est financé par la « durée de travail par personne », en vertu duquel te collaboration avec l’Institut et sont aujourd’hui chacune établit son propre emploi du temps de telle donnés par des enseignants khmers. La population sorte que la dizaine de jours qu’elle doit normalement doit planifier à l’avance tout nouveau projet de construction de routes et de développement. Les mem- consacrer chaque mois à cet entretien n’interfère pas avec le calendrier agricole. En outre, des « comités des routes » ont été chargés des chemins vici- des options à l’étude, avoir la possibilité de prendre bres de chaque communauté doivent être informés naux. Dans la province de Siem Rep, des associations d’usagers règlent elle-mêmes les problèmes mener à bien dans le cadre du système de planifica- leur décision démocratiquement et avoir le droit de la d’entretien des systèmes d’irrigation et les différends tion intégrée de l’accessibilité rurale (IRAP). concernant la consommation d’eau. TRAVAIL, N O 43, JUIN 2002 11



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