Travail n°27 déc 98/jan 1999
Travail n°27 déc 98/jan 1999
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de déc 98/jan 1999

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : rapport sur l'emploi dans le monde, 1998-99.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L’OIT dans l’Histoire En cette fin d’année 1973, il y a un quart de siècle, le BIT, pour quelques mois encore au bord du lac, était en deuil. Son Directeur général, Wilfred Jenks, était décédé le 9 octobre à Rome, au terme d’une brève maladie. Il avait 64 ans et avait accompli toute sa carrière professionnelle au BIT, où il était entré en 1931, à l’âge de 22 ans. A la tête du BIT depuis le départ de David Morse, en 1970, il était mort au gouvernail, comme celui qui l’avait jadis engagé, Albert Thomas. Pour tous les fonctionnaires, le vide creusé par cette soudaine disparition était immense. Et pas seulement en raison de l’exceptionnelle longueur du parcours de Jenks dans la maison, qui l’identifiait pratiquement aux murs du bâtiment, aux couloirs le long desquels il promenait sa silhouette penchée, une main éternellement dans la poche de sa veste. Le « patron » était un juriste mondialement reconnu, un des artisans du système des Nations Unies, et l’exemple même du dévouement à la fonction publique internationale. Le droit au service de la justice Il avait mis ses vastes connaissances juridiques, acquises à Cambridge, puis à Genève, au service des droits de l’homme et de la justice sociale. En sa qualité de conseiller juridique du BIT pendant des décennies, il fut le moule à la fois inventif et créateur qui donna son unité au Code international du travail. Afin de conférer aux textes leur pleine efficacité, il appliqua toutes les ressources de son imagination à l’élaboration de procédures d’application et de contrôle adaptées au développement de chaque Etat membre. Service plus éminent encore à l’Organisation, il fut l’un des auteurs de la Déclaration de Philadelphie, maintenant partie intégrante de la Constitution de l’OIT. Après la Seconde Guerre mondiale, son expertise et son expérience lui permirent de jouer un rôle de premier plan dans les conférences internationales qui présidèrent à la naissance du système des Nations Unies. Sa contribution ne fut pas seulement celle d’un éminent technicien, mais celle d’un homme de convic- 2 Wilfred Jenks, « La flamme du BIT » TRAVAIL – N o 27 – 1998
tion. « Le droit international, il le concevait comme un instrument de paix et de progrès parmi les hommes et les femmes, les Etats et les nations... Il était mû par l’éternel désir de construire un monde plus humain pour les générations futures », rappelait un de ses compagnons de route quelques jours après son décès. Au sein du système naissant, il veilla plus particulièrement à l’autonomie d’action des agences spécialisées et à la coordination de leurs activités. Un exemple, une flamme L’une de ses préoccupations majeures était la formation des fonctionnaires internationaux. Pour lui, pas d’efficacité possible pour ces rouages complexes sans une qualité irréprochable du personnel à leur service. Intégrité, conviction, courage, imagination, compétence technique, connaissances linguistiques : il attendait beaucoup de ses collaborateurs. Nommé Directeur du BIT, il aimait à recevoir personnellement les nouveaux fonctionnaires à qui il ne manquait pas de rappeler la noblesse et les exigences de leur mission. Parallèlement, il fut un de ceux qui fit le plus pour assurer à la fonction publique internationale un statut et une indépendance à la hauteur de ses responsabilités. TRAVAIL – N o 27 – 1998 Inutile de préciser qu’il payait largement de sa personne. Profondément idéaliste, se qualifiant lui-même d’« optimiste inébranlable », il s’engageait tout entier, avec fougue, quand les principes ou les idéaux de l’Organisation lui paraissaient en danger : « Nous ne tolérerons ni la pauvreté, ni la misère, ni la faim, ni la maladie, ni l’ignorance... Nous ne céderons ni à la puissance, ni à la passion ; nous continuerons à nous consacrer aux êtres humains et à la raison. » Ces formules de feu... et quelques autres de la même veine, prononcées quelques semaines avant sa mort, au terme d’un débat agité de la Conférence de l’OIT, marquèrent profondément les délégués comme le personnel du secrétariat. De même, tous les fonctionnaires qui eurent le privilège de travailler sous la direction de Wilfred Jenks se souviennent de ses vibrantes allocutions au personnel, émaillées de métaphores maritimes : « Qu’importe la tempête, qu’importent les écueils, nous maintiendrons le cap ! » Mais lorsque son adjoint, accouru à son chevet peu avant sa mort, crut bon de reprendre ces images familières pour l’assurer que « le navire serait maintenu à flot », il eut cette réponse superbe : « Il ne suffit pas de garder le navire à flot, il faut garder la flamme vivante ». C’était tout Wilfred Jenks : un vieux fonctionnaire, un éternel jeune homme. Michel Fromont T ravail T ravail Le magazine Travail est publié cinq fois par an par le Bureau de l’information publique du BIT, à Genève. Aussi publié en allemand, anglais, arabe, chinois, danois, espagnol, finnois, hongrois, japonais, norvégien, russe, slovaque, suédois et tchèque. n Rédacteur : Thomas Netter n Edition allemande : Hans von Rohland n Edition arabe : Khawla Mattar, Bureau de l’OIT à Beyrouth. n Edition espagnole : Réalisée avec le concours du Bureau de l’OIT à Madrid. n Responsable de la production : Kiran Mehra-Kerpelman Ce magazine ne constitue pas un document officiel de l’Organisation internationale du Travail. Les opinions exprimées ne reflètent pas nécessairement les vues du BIT. Les désignations utilisées n’impliquent de la part du BIT aucune prise de position quant au statut juridique de tel ou tel pays, zone ou territoire, ou de ses autorités, ni quant au tracé de ses frontières. La mention ou la nonmention de telle ou telle entreprise ou de tel ou tel produit ou procédé commercial n’implique de la part du BIT aucune appréciation favorable ou défavorable. Les textes et les photos peuvent être librement reproduits, à condition d’en mentionner la source. L’envoi d’un justificatif serait apprécié. Toute correspondance doit être adressée au Bureau de l’information publique du BIT, CH-1211, Genève 22 (Suisse). Tél. +4122/7997912 Fax +4122/7998577 http://www.ilo.org Imprimé par ATAR S.A. Genève ISSN 1020-0002 Couverture : Agence Paprika 3



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