Travail n°26 sep/oct/nov 1998
Travail n°26 sep/oct/nov 1998
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de sep/oct/nov 1998

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : la violence au travail, elle existe partout dans le monde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Reconstruire le marché du travail de la Bosnie En Bosnie-Herzégovine 60% de la population active n’ont pas de travail. Le retour massif de 300 000 réfugiés, qui avaient été accueillis pour l’essentiel par l’Allemagne, risque de compromettre les efforts de reconstruction d’un marché du travail déjà fort déséquilibré. Donnant suite à une demande du gouvernement, le BIT a organisé, avec le soutien de l’Office fédéral pour l’emploi de l’Allemagne, un atelier auquel ont participé 26 cadres régionaux des services de l’emploi de la Bosnie- Herzégovine. Cet atelier a eu lieu du 27 juillet au 7 août 1998, à Daun en Allemagne. L’idée de base était de mettre en commun les réflexions des participants sur l’organisation et l’activité des services de l’emploi, en vue d’élaborer, pour les deux entités qui composent la Bosnie- Herzégovine (Fédération de la Bosnie- Herzégovine et Republika Srpska), des 24 En dernière analyse, les vraies victimes de la guerre sont les jeunes qui, par rapport à la moyenne nationale, sont tous très en retard dans leur scolarité. L’OIT se propose de dispenser à un groupe restreint de jeunes une formation professionnelle et technique, préalable à une formation plus poussée. Ces jeunes commenceront ainsi par acquérir des notions élémentaires indispensables, sur l’utilisation des outils par exemple. En tout, 1 200 hommes, femmes et enfants de toutes les zones de l’île de Mindanao dans lesquelles est présent le MNLF, profiteront des activités organisées par l’OIT. Ce nombre est certes limité, mais on espère que grâce à l’effet de contagion, la paix et la stabilité puissent enfin régner et que les structures et les réseaux mis en place dans le cadre du projet favorisent le développement et la démocratie. Arend van de Goes, OIT Manille projets qui puissent être proposés au financement de la communauté internationale. Réunir des participants issus de l’ensemble des composantes éthniques du pays était à la fois important et riche de signification. En Bosnie, les services de l’emploi restent en effet aujourd’hui séparés en administrations correspondant aux divisions du pays et à la structure administrative issue des accords de Dayton, qui ne prévoient rien dans le domaine social. A la place d’une structure confédérale, il existe donc un service de l’emploi serbe de la Republika Srpska, un service de l’emploi bosniaque de la Fédération de la Bosnie-Herzégovine à Sarajevo et un service de l’emploi croate à Mostar. Les contacts avec les services de l’emploi voisins (Allemagne, Belgique et France), qui ont été rendus possibles par le choix du lieu de réunion, à proximité des trois frontières, ont été extrêmement précieux. Ils ont en effet permis aux stagiaires de se renseigner sur les caractéristiques de plusieurs services de l’emploi en Europe. A la demande des participants, les animateurs ont proposé une plate-forme qui reprenait la totalité des points sur lesquels les participants s’étaient montrés unanimes. La référence à l’ensemble des normes internationales de l’OIT a été acceptée sans difficulté. Est également mentionnée dans le document la nécessité d’assurer la formation professionnelle avec le soutien de la communauté internationale. Cependant, l’atelier a surtout démontré que les hauts responsables de la Bosnie-Herzégovine pouvaient très bien dépasser leurs différends communautaires (qui demeuraient toutefois très présents) et travailler ensemble sur les problématiques de leur métier. Une telle réunion suscite assurément des espoirs qu’il conviendra de veiller à ne pas décevoir, comme l’a souligné M. Scharrenbroich, Sous-directeur général du BIT, à la clôture des travaux. ❑ TRAVAIL – N o 26 – 1998
Extrait d’un article publié par l’Agence de presse norvégienne Norwegian News Agency (NTB) 3 juin 1998 (original en norvégien) TRAVAIL – N o 26 – 1998 Tahira, 12 ans, coud des ballons. Elle continuera tant que sa santé le lui permettra ; elle n’a pas le choix si elle et ses sœurs veulent aller se coucher sans avoir la faim au ventre. (…) Le représentant de l’OIT, Antero Vahapassi, de Finlande, regrette que la situation des femmes du village n’ait pas été discutée avant la signature de l’accord avec l’industrie du ballon de football, en février 1997, à Atlanta. « Nous devons maintenant créer le plus possible de petits ateliers de couture locaux pour les femmes des villages. Sinon, je crains que beaucoup d’entre elles ne perdent une précieuse source de revenu », déclare-t-il. Faiz H. Shah, directeur administratif de l’entreprise Saga, ne croit pas que les petits ateliers villageois soient une bonne chose car le contrôle de la qualité y est plus difficile. Saga, qui approvisionne notamment Nike, a investi dans de grands centres de couture qui accueillent plusieurs centaines de travailleurs. L’un des sept centres de Saga est réservé aux femmes. Faiz H. Shah le présente comme une entreprise modèle. Les travailleuses ont leur propre service médical, leur magasin et perçoivent un salaire raisonnable pour le Pakistan : jusqu’à 4 000 roupies par mois (700 couronnes). Les optimistes espèrent qu’en industrialisant ainsi une production qui s’effectuait auparavant à domicile, il sera possible de réglementer les conditions de travail, de former des syndicats et d’augmenter la rétribution. Mais avant d’en arriver là, beaucoup de femmes perdront leur emploi. Lars Hjorthol Extrait d’un article paru dans le International Herald Tribune (Royaume-Uni) 11-12 juillet 1998 (original en anglais) Là où sont fabriqués les ballons de football Dans un village pakistanais, une mère et un enfant cousent pour gagner 1,50 livre par jour. … Presque toutes les marques de ballons sont fabriqués dans la région de Sialkot, dans la province du Pendjab. Si cette petite fille avait la télévision, ou même la radio, elle se rendrait peut-être compte que la grande industrie a kidnappé le sport. Elle apprendrait peut-être que Umbro vient de signer avec l’Association anglaise de footballun nouveau contrat de patronage de cinq ans qui représente la somme de 80 millions de dollars. Ou que Nike a l’exclusivité au Brésil pour 400 millions de dollars pendant dix ans. Adidas paie les Français, les Allemands et huit autres nations de la Coupe du monde. L’OIT à Sialkot Quelques semaines avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de football, le 10 juin 1998, le BIT a envoyé une équipe de journalistes européens à Sialkot, au Pakistan, où sont cousus à la main 75% des ballons qui sont vendus dans le monde. Le BIT estime que, dans cette région, 5 000 à 7 000 enfants travaillent actuellement dans l’industrie du ballon de football. Pour raconter leur histoire, neuf journalistes ont passé cinq jours sur place, allant de village en village et se rendant dans les maisons, dans les ateliers, les centres de réinsertion et autres écoles non conventionnelles ainsi qu’à la Chambre de commerce et d’industrie de Sialkot et dans de grandes fabriques modernes. Certains extraits de leurs articles ont été publiés dans le précédent numéro de Travail (n°25, juin/juillet 1998) : on en trouvera quelques autres dans les pages qui suivent. A coté de tels montants, le budget que le Bureau international du Travail parvient à réunir pour accomplir la mission qui lui a été confiée, à savoir rompre la chaîne de la pauvreté, de l’analphabétisme et du travail des enfants dans le tiers monde, paraît insignifiant. Pour le projet de Sialkot, le BIT dispose d’un budget total d’un million de dollars. Tahira Bibi fait partie des 7 000 enfants qui cousent des ballons dans cette région du Pendjab, où les enfants sont aussi astreints à des travaux plus dangereux tels que la fabrication d’instruments chirurgicaux, la fonte de métaux ou la vente de nuit dans la rue. Les dangers de la fabrication de ballons sont plus insidieux : enflure des articulations des doigts, fatigue oculaire et déformation de la colonne vertébrale. Un programme de contrôle du BIT a permis de dispenser à 2 800 garçons et filles des rudiments d’instruction dans 90 classes organisées ici et là. Tahira Bibi est allée une fois dans l’une de ces classes, situées à deux minutes à peine de sa maison, dans le village de Munde ke Bairian. Que cela lui ait plu ou non importe peu… Rob Hughes Extrait d’un article paru dans L’Equipe (France) 13 juillet 1998 (original en français) Petites mains, sales destins Pakistan : Selon le Bureau international du Travail, près de dix mille enfants pakis- 25 Georges Cabrera (BIT)



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