Travail n°26 sep/oct/nov 1998
Travail n°26 sep/oct/nov 1998
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de sep/oct/nov 1998

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : la violence au travail, elle existe partout dans le monde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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« dans le cas des enseignants, ce sont les intérêts individuels qui sont en jeu ; pas de négociation collective ». Au cours de ces trois dernières années, quelques tentatives d’enregistrement d’un syndicat des enseignants ont eu lieu mais elles ont avorté parce qu’en raison d’un conflit entre deux groupes rivaux, les enseignants n’ont pas réussi à parler d’une seule voix. Les autorités ont donc refusé de reconnaître et d’enregistrer ce syndicat. La difficile situation des enseignants est singulière mais pas unique en Ouganda, où la représentation syndicale laisse souvent à désirer. Dans certains cas, elle est carrément inexistante, soit à cause de la résistance des employeurs, soit à cause de la difficulté qu’éprouvent les syndicats eux-mêmes à s’organiser correctement. Certains travailleurs ne savent même pas quel est le rôle des syndicats auxquels ils appartiennent. En Ouganda, le mouvement syndical a vu le jour, dans sa forme actuelle, après la promulgation du décret de 1975 sur les syndicats. Aujourd’hui, cependant, les droits des syndicats sont décrits à l’article 40, alinéa 3, de la Constitution, qui stipule que « tout travailleur a le droit de former un syndicat de son choix ou de s’y affilier pour la promotion et la protection de ses intérêts économiques et sociaux ». Sont également reconnus les droits de négociation et de représentation collectives ainsi que le droit de grève. En tout, 17 syndicats inscrits sont affiliés à la centrale nationale. 16 Mobilisation des travailleurs Selon Sam Lyomoki, qui est un député habitué à représenter les intérêts des travailleurs, dans l’ensemble, les travailleurs sont peu enclins à s’affilier à des syndicats. Il attribue cette faible motivation à « une apathie générale et à la sous-estimation de l’importance des syndicats dans ce pays ». En outre, « les gens ont l’impression que le gouvernement est du côté des employeurs et menace toujours les travailleurs quant ils expriment leurs griefs ». Cependant le commissaire au Travail, David Ogaram, est d’avis que certains syndicats ont abandonné leur rôle traditionnel de défenseurs des intérêts des travailleurs afin de pouvoir accumuler un capital politique. « Un syndicat ne peut être enregistré ni reconnu si ses membres font de la politique. C’est pourquoi nous n’avons pas enregistré le syndicat des enseignants dont les deux factions rivales sont plus intéressées par la politique que par la représentation des intérêts des travailleurs », explique M. Ogaram. Lyomoki, lui, est d’un autre avis. « Nous avons besoin de jeunes politiciens dynamiques à la tête des syndicats », déclaret-il. « Cela est d’ailleurs en train de se produire et cela nous donne une chance de progresser. » ❑ Courrier du Nigéria Kokori et Dabibi sont reconnaissants à l’OIT du soutien qu’elle leur a apporté afin qu’ils soient libérés de prison Frank Ovie Kokori, secrétaire exécutif du Syndicat national des travailleurs du pétrole et du gaz naturel (NUPENG) a été arrêté en 1994 par les autorités nigérianes alors au pouvoir et libéré au mois de juin dernier avec Milton Dabibi, président de l’Association des cadres nigérians du pétrole et du gaz naturel (PENGASSAN), qui, lui, avait été arrêté en 1996. Dans la lettre ci-dessous, du 16 juillet 1998, M. Kokori exprime ses remerciements au Directeur général et à l’OIT pour « votre autorité et votre compétence » et « le rôle héroïque » qu’ils ont joué dans l’histoire du Nigéria (une lettre similaire a été envoyée par M. Milton G. Dabibi) 1. M. Kokori écrit que son organisation syndicale et celle de M. Dabibi « sont très reconnaissants à votre Organisation et aux grands syndicats du monde entier qui ont joué un rôle historique en s’opposant fermement à la brutale dictature militaire, qui a causé tant de douleur et de misère dans notre pays ces dernières années. « Malgré les souffrances et les privations que mon collègue Milton Dabibi et moi-même avons endurées durant cette période sombre de l’histoire du mouvement syndical de notre pays, notre moral est resté intact, encouragés que nous étions par l’idée que, grâce au sentiment de « solidarité internationale » qui anime le monde syndical, il y avait de par le monde des gens qui, comme vous, étaient prêts à lutter sans relâche pour notre libération. « Aujourd’hui, mon organisation, la classe ouvrière nigériane et moi-même sommes heureux de constater que vous ne nous avez pas détrompés. Nous vous remercions également pour le soutien moral et matériel que vous avez apporté à nos familles pendant ces longues années de détention injuste. » Après avoir rappelé que « dans le passé, les syndicats de notre pays ont Frank Ovie Kokori Emanuel Marandaz coopéré aux côtés des pères fondateurs » du Nigéria dans la lutte pour l’indépendance, M. Kokori déclare : « Nous avons aussi décidé de lutter aux côtés de nos masses opprimées dans l’intention d’assainir le climat politique de notre pays. Aujourd’hui, nous restons du bon côté de l’histoire dans notre juste combat contre le totalitarisme et nous n’avons d’excuses à présenter à personne. » M. Kokori conclu sa lettre en exprimant l’espoir que « votre solidarité à notre égard continuera à s’épanouir ». Dans sa lettre, M. Dabibi déclare que « l’avenir du Nigéria est lié à celui des syndicats. Tant que le droit des syndicats de s’organiser librement et de négocier collectivement ainsi que d’interagir avec le mouvement syndical mondial ne sera pas respecté au Nigéria, il n’y aura pas de démocratie ». 1 La publication de ces extraits ne préjuge en rien des conclusions de la Mission de contacts directs conduite en août 1998 au Nigéria par un représentant du Directeur général du Bureau international du Travail, dont le rapport sera soumis au Conseil d’administration lors de la session que celuici tiendra en novembre 1998. TRAVAIL – N o 26 – 1998
Ils ont peur et ils ont faim La mendicité : nouvelle forme d’esclavage des enfants « En fait, je suis Cambodgien. Ce sont des marchands d’enfants qui m’ont amené à Bangkok. » TRAVAIL – N o 26 – 1998 Jusqu’ici, le commerce des femmes et des enfants pour la prostitution a davantage retenu l’attention que la mendicité des enfants, moins répandue et moins visible. Or les experts considèrent qu’il s’agit là d’une forme nouvelle de traite des enfants qui touche toute la région du Mékong. Hans van der Glind OIT-IPEC, Asie du Sud-Est POIPET (Cambodge) – Les enfants (surpris en train de mendier à Bangkok) ont été ramenés à la frontière cambodgienne par la police thaïlandaise de l’immigration. Ils sont maintenant assis en silence sur le sol poussiéreux, transpirant sous le soleil de midi et fatigués des quatre heures de route cahoteuse qu’ils viennent d’effectuer. Ils ne savent pas trop ce qui les attend. Certains seront récupérés par leurs parents, d’autres confiés à des œuvres de bienfaisance ou aux autorités et quelques-uns, passant entre les mailles du filet, seront ramenés de gré ou de force en Thaïlande. Le plus jeune a quatre ans ; il s’appelle Bon. Sa saleté, son pied bot et ses jambes torses contrastent avec le large sourire qui illumine son visage. Les trafiquants d’enfants qui sont postés à la frontière l’ont repéré : un enfant handicapé rapporte davantage d’argent. Quelques jours auparavant, des étrangers bien intentionnés avaient déposé une ou deux pièces dans les sébiles qui se tendaient devant eux, pensant naïvement qu’en donnant de l’argent à un enfant de la rue, il lui permettrait de s’acheter à manger. Mais ils avaient bien tort. En effet, de tels dons aboutissent systématiquement dans la poche d’agents qui exploitent la générosité des touristes à l’égard des enfants. Il n’y a pas longtemps encore, le commerce des enfants mendiants représentait peu de chose par rapport à celui des 80 000 femmes et enfants astreints à la prostitution depuis 1980. Mais les experts constatent une recrudescence du phénomène dans la région du Mékong. Le nombre des enfants arrêtés pour mendicité à Bangkok – 1 060, dont 95% de Cambodgiens – a plus que doublé depuis 1997. 17



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