Travail n°25 jun/jui/aoû 1998
Travail n°25 jun/jui/aoû 1998
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°25 de jun/jui/aoû 1998

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Bureau international du Travail

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : «... l'ensemble des Membres même lorsqu'ils n'ont pas ratifié les conventions en question, ont l'obligation [de les respecter], seul fait de leur appartenance à l'Organisation ».

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 L’OIT dans l’Histoire A la charnière de deux époques : il y a 50 ans Juin 1948 – il y a exactement un demi-siècle – marque pour l’OIT la fin d’une époque et le début d’une ère nouvelle. Le 12 de ce mois-là, les 32 membres du Conseil d’administration du BIT (16 gouvernementaux, 8 employeurs et 8 travailleurs) réunis à San Francisco, élisaient au terme d’un rapide scrutin le Sous-secrétaire au Travail américain, David Morse, au poste de Directeur général du BIT. Désigné à la quasi-unanimité (30 voix et 2 abstentions), ce New-Yorkais de 41 ans, alors représentant de son pays au Conseil d’administration, allait être l’artisan non seulement d’une renaissance, mais d’un prodigieux essor de l’Organisation. Une époque s’achevait. Depuis la mort d’Albert Thomas (voir Travail n°22), le Bureau avait vu se succéder à sa tête trois proches collaborateurs de celui-ci : Harold Butler, John Winant et Edward Phelan. Poursuivant dans la voie ouverte en 1919, ces fidèles de la première heure avaient renforcé les structures de l’Organisation, assis son autorité, développé ses services, enrichi l’œuvre normative de conventions importantes, par exemple sur la durée du travail, les maladies professionnelles et l’âge minimum. Ils avaient surtout empêché le naufrage du bateau au moment où la Société des Nations sombrait TRAVAIL – N o 25 – 1998
dans la grande tourmente de la guerre, par un opportun repli à Montréal de 1941 à 1946. Au prix de grands efforts de diplomatie et d’organisation, l’esprit de l’OIT avait été préservé. En 1948, le monde entrait définitivement dans l’après-guerre. L’OIT désormais « rapatriée » à Genève et dotée de la fameuse Déclaration de Philadelphie, était en mesure de relever les défis de l’époque. Dans la pleine force de l’âge, son nouveau Directeur général allait s’efforcer de faire fructifier l’héritage des pionniers et d’ouvrir des voies TRAVAIL – N o 25 – 1998 Jacques Maillard Les Etats-Unis ont ouvert à David Morse les portes du Labor Hall of Fame, et son nom a été donné à une allée de Genève. Siegfried Balmer nouvelles. Il fut aidé dans sa tâche par une équipe de fonctionnaires de très haut niveau, forgée aux épreuves de l’avant-guerre et de la guerre. Ses deux plus proches collaborateurs furent le Britannique Wilfred Jenks, le cerveau, le juriste, la « mémoire » du BIT aussi, où il avait fait toute sa carrière, et le syndicaliste belge Jeff Rens, « le cœur et les tripes » de l’Organisation, selon les mots d’un ancien du Bureau. Les résultats, aussi bien en termes de « production » du Bureau que d’influence sont impressionnants. Des normes fondamentales relatives aux droits de l’homme furent élaborées et adoptées : conventions n°87 sur la liberté syndicale (1948), n°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949), n°100 sur l’égalité de rémunération (1951), n°105 sur le travail forcé (1957), n°111 sur la discrimination (1958). Le programme de coopération technique du BIT, lancé dès décembre 1948 par des mesures concernant la main-d’œuvre, les migrations et la formation professionnelle, devait connaître un essor rapide au service des pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, dont beaucoup, nouvellement indépendants, lui doivent l’essentiel de leurs infrastructures sociales. Il culmina dans le Programme andin, objet de toutes les attentions de Joseph Rens. Le nombre d’Etats membres de l’OIT, de 58 en 1949, passa à 70 en 1955, 80 en 1958, 121 en 1969, l’année du centenaire, qui vit l’OIT couronnée par le Prix Nobel de la paix pour l’ensemble de son œuvre. David Morse pouvait à juste titre être fier de sa contribution à cette œuvre. Il démissionna en 1970 et mourut en 1990. Sa mémoire sera perpétuée à Genève par l’Allée David-Morse, voisine du parc du BIT, qui a été inaugurée le 18 mars dernier. 3



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