Stop Arnaques n°84 mar/avr 2012
Stop Arnaques n°84 mar/avr 2012
  • Prix facial : 3,90 €

  • Parution : n°84 de mar/avr 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 47,6 Mo

  • Dans ce numéro : locataires, défendez vos droits.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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enquête 1/Les principaux cas d’usurpation d’identité Peu à peu, réalise-t-on que les situations d’usurpation d’identité sont nombreuses et variées... Vie privée, professionnelle, sur Internet : attention dangers ! Faits divers en recrudescence En août 2010, avait lieu le procès de Patrice Griffaton, un Auxerrois qui pendant 15 ans a usurpé l’identité de son frère cadet Pascal. Après avoir récupéré une fiche d’état civil pendant le service militaire de ce dernier, Patrice fait refaire ses papiers au nom de Pascal. S’ensuivent une série de délits et d’infractions (trafic de drogue, conduite en état d’ivresse, vol...), tous commis sous le nom de Pascal. Même les fiches d’impôts de l’usurpateur sont adressées au nom du frère innocent. Patrice Griffaton a été condamné à 30 mois de prison ferme et à 17.500 € de dommages et intérêts à payer à son frère, sa belle-sœur et ses neveux... Si ce cas est exceptionnel par la nature et la longévité des désagréments occasionnés, il est malgré tout symptomatique d’une volonté actuelle des pouvoirs publics de faire face à une recrudescence du nombre de cas liés à une usurpation d’identité. « Avant, on récupérait beaucoup d’éléments dans les poubelles. Aujourd’hui, on s’aper- çoit que dans 80% des cas c’est l’entourage plus ou moins proche qui est concerné, détaille Christophe Naudin. On subtilise un certain nombre de documents à une personne : copies de fiches de paie, cartes bleues, cartes d’identité, facture d’EDF... Un pack identitaire se revend environ 5.000 € ». Victimes : le parcours du combattant Fraude sociale Ouverture de lignes téléphoniques, infractions routières, fraudes dans les transports... tous les motifs ou presque semblent bons pour motiver une usurpation d’identité. Dalila Bouhezila, fondatrice de l’association nationale « On a volé mon identité », découvre en 1998 au moment de son mariage... qu’elle serait déjà mariée, à un Égyptien. L’enquête de police déterminera qu’elle s’est fait dérober ses papiers par une connaissance, pour un « mariage blanc » avec un individu héritant ainsi de la nationalité française. C’est une technique répandue pour obtenir un droit de séjour. Les papiers les plus convoités sont les permis de conduire, peu « sécurisés » et relativement aisés à contrefaire. Cependant, les cas les plus nombreux de criminalité identitaire au sens large concernent la fraude sociale : arnaques à la Sécurité sociale ou aux allocations familiales, par exemple. Selon les besoins, une carte vitale peut se louer jusqu’à 3.000 € par mois... Menaces virtuelles L’importance que prend Internet dans nos activités quotidiennes conduit forcément à une évolution des pratiques en criminalité identitaire, mais ce n’est pas encore l’envolée qu’on pouvait imaginer. Dans la grande majorité des cas, ce sont des vols, des pertes ou la délivrance indue de documents qui sont à l’origine des escroqueries. « Il n’y a pas de corrélation entre le développement d’Internet et la multiplication des problèmes liés à l’usurpation d’identité, explique Christophe Naudin. Par contre sur Internet, on peut repérer des identités intéressantes, pour ensuite « les chasser » ». Les usurpations d’identité « virtuelles » se divisent en 2 catégories. La 1 ère consiste à porter atteinte à la réputation de la personne dont les données personnelles ont été subtilisées. Ainsi, peuvent être créés de faux profils, des inscriptions sur des sites à caractère pornographique, par exemple... Le 2 ème type d’usurpation sur le Web s’apparente au « phishing ». Cette technique permet aux fraudeurs d’obtenir des renseignements : mots de passe, numéro de carte de crédit, date de naissance... En se faisant passer pour un organisme public ou privé, l’escroc tente d’obtenir les informations qui lui permettront de pirater des boîtes e-mails ou des comptes Facebook... ou conclure des transactions... C’est une constante. L’usurpation d’identité ne laisse jamais indemnes des victimes épuisées par un combat absurde : prouver devant les banquiers ou les tribunaux qu’elles sont ellesmêmes ! Aux très importants désagréments potentiels (être interdit bancaire, se retrouver en prison, perdre son emploi, divorcer...) s’ajoute un traumatisme psychologique. Celui d’être à la fois victime et suspect. En cause, un appareil judiciaire très peu réactif dans l’accompagnement aux individus floués. « Le droit n’a pas prévu que le citoyen soit tenu de prouver son identité, regrette M. Naudin. Quand on a deux personnes qui revendiquent la même identité, on est incapable de savoir qui est la vraie ».
enquête 2/Comment l’éviter ? Pour minimiser les risques d’avoir un jour à prouver sa propre identité, un certain nombre de réflexes quotidiens sont à adopter. Les précautions concernent aussi bien la vie courante que notre « existence parallèle » sur Internet... Vigilance dans la vie quotidienne Nous sommes très souvent soumis au contrôle de nos identités, par exemple à l’accueil d’une entreprise ou d’une institution. C’est à ces moments-là qu’il convient d’être particulièrement vigilants. Le criminologue et spécialiste Christophe Naudin en fait la première de ses recommandations : ne pas accepter de laisser ses papiers d’identité aux personnes à l’accueil. Le document peut être contrôlé en votre présence, sans qu’il ne soit conservé. Il est également particulièrement important d’avoir une boîte aux lettres en bon état, qui ferme, pour éviter tout vol de courrier. C’est par ce biais que beaucoup d’usurpateurs collectent d’importantes informations. Lorsqu’on n’a plus besoin des documents ou de leurs copies, il vaut mieux les détruire efficacement, par exemple à l’aide d’un destructeur, afin de ne laisser aucune indication susceptible d’éveiller l’attention d’une personne mal intentionnée qui fouillerait les poubelles... C’est effectivement au beau milieu des ordures ménagères qu’on peut retrouver relevés bancaires, photocopies de pièces d’identité ou attestations de Sécurité sociale qui serviront aux usurpateurs. Des études menées en 2008 montraient notamment qu’on retrouvait dans 80% des poubelles un document avec des informations personnelles, dont un quart recelant assez de données pour usurper une identité. Un sondage CSA-Fellowes de sep- tembre dernier, portant sur la perception des Français à l’égard de l’usurpation d’identité, suggérait que les personnes interrogées considéraient à 77% le papier comme un support sûr de transmission de données personnelles ; Internet ne récoltait que 13% des suffrages. Une perception qui s’explique par la « matérialité » d’un support physique, moins rapide et facile à dupliquer. Des réflexes Internet efficaces La navigation sur le Web et la multiplicité des démarches qu’on peut désormais y accomplir (paiements, gestions des comptes, inscriptions...) impliquent une certaine prudence. Dès Que dit la loi ? lors que vous êtes sollicité par des e-mails demandant de mettre à jour des données personnelles, vous devez vous assurer de la fiabilité de l’envoyeur. Ne cliquez pas sur des liens contenus dans des messages dont la provenance n’est pas sûre ; ne diffusez aucune information « sensible » ou de données très personnelles sur les réseaux sociaux. Car ces derniers sont une mine d’informations pour les escrocs du Net. Il convient également d’opter pour des mots de passe complexes mêlant chiffres, lettres, caractères spéciaux, et non simplement une date de naissance, par exemple. Ne les notez pas. Ne laissez pas votre navigateur enregistrer les mots de passe si vous partagez l’ordinateur avec d’autres personnes. Christophe Naudin préconise également d’éviter au maximum l’envoi de documents scannés par courrier électronique, à moins d’authentifier la copie, à l’aide d’une date et d’une sorte de cachet, entre autres. Des logiciels de gestion d’image comme Photoshop permettent cette opération simple. Enfin, il est recommandé de cocher systématiquement la case « je refuse que mes données personnelles figurent dans le fichier informatisé de la société ». L’appareil législatif commence depuis peu à prendre la mesure du phénomène. « Le fait d’usurper l’identité d’un tiers ou de faire usage d’une ou plusieurs données de toute nature permettant de l’identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d’autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération » est puni depuis la loi du 14 mars 2011 dite « Loppsi 2 ». L’auteur du délit encourt désormais 1 an de prison et 15.000 € d’amendes. Si l’on se fait voler ses papiers, la création très récente d’un fichier recensant toutes les personnes pour lesquelles il peut y avoir problème d’usurpation d’identité devrait permettre de lutter plus efficacement contre le fléau. Mais selon Christophe Naudin, la résolution des problèmes à l’avenir ne pourra passer que par la généralisation d’un système biométrique. Pour plus d’informations, consulter les sites de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (www.cnil.fr) ou www.internet-signalement.gouv.fr.



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