Star Wax n°49 déc 18/jan-fév 2019
Star Wax n°49 déc 18/jan-fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de déc 18/jan-fév 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Compos-it

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : rare Wax par Meu Caro Vinho.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Page 30 _Infiniger Lta REcooder Le magasin de disque Extend & Play a gagné une belle réputation et rapidement... Avec le renouveau de la scène, un retour aux sources dans une ville comme Marseille ne pouvait se faire sans le retour d'un vrai magasin de disques spécialisé. On commençait à ressentir ce besoin depuis un moment. Teddy G, producteur lyonnais de musique bouse exilé, l'avait compris en venant ouvrir son magasin Galette en 2011, Il est spécialisé en soul, jazz, world music et propose seulement quelques bacs house. Il y avait donc un créneau à prendre et c'est ce qui a motivé Colin (Niloc) et permis à Extend & Play d'être rapidement le seul à Marseille à proposer des nouveautés en musique house et techno. Le shop est donc devenu un point de rencontre et a tout de suite ouvert ses portes aux Djs et labels locaux désireux de se faire connaître. Nous proposons aussi à certains guests de passage dans la ville de venir y mixer. On a l'impression que c'est encore tout récent mais ça fait déjà trois ans que Colin transmet sa passion et bosse dur pour rester en place. Même s'il y a un retour du vinyle, en vivre est, actuellement, un challenge. C'est beaucoup plus difficile que dans les années 90. La concurrence sur Internet est rude. Je pense que le réseau, les connexions, les soirées du collectif et les artistes que nous avons invités ont contribué à la réputation du shop. Quelles sont tes influences et sources d'inspiration ? Comme mon pseudo le laisse entendre, mon inspiration première se trouve dans ma vie de tous les jours. Les saur= sont donc très divorsos. Elles sont musicales bien sûr, mais aussi humaines et visuelles. Je suis papa et l'énergie apportée mes enfants et ma vie de famille est unique. De plus, l'environnement joue un rôle primordial sur mon inspiration. Je suis plus productif le jour que la nuit. La nuit est réservée au Djing dans les clubs, Je ne suis pas une personne qui s'enferme dans une cave pendant des jours pour composer. J'ai besoin de contact avec l'extérieur et avec des éléments comme le soleil, la nature, la ville pendant le processus créatif. Je suis un enfant des années 80 et un ado des années 90. Une grosse partie de mes influences proviennent de là. La culture des 90's - avec la musique, les jeux vidéo, le cinéma et le sport - fait que certains d'entre nous sont restés d'éternels gosses, des rêveurs. Je crois que c'est ce qui préserve la passion encore aujourd'hui. Musicalement, j'ai toujours été particulièrement touché par les culture urbaine et afro-américaine. Il me faut toujours une dose de hip-hop américain comme A Tribe Called Quest ou Gang Sian, Mais je pense que le mélange de toutes ces influences fait que je me suis vraiment reconnu clans la techno de Detroit, la house de Chicago et son histoire et m'ont forcément amené à découvir ensuite les scènes de Londres ou Amsterdam, Mes morceaux favoris ont très vite été ceux qui font voyager et transportent l'auditeur dans une émotion, une humeur. C'est un esprit que j'ai retrouvé au début chez Juan Atkins sous son projet Infiniti et que j'essaye de développer dans mes productions et dans ma façon de mixer. Le côté spirituel, club et jazz chez certains producteurs, comme Ron Trent, aussi me parle particulièrement et je me suis beaucoup intéressé au jazz ces dernières années. Ça me fait beaucoup de bien et me permet de lâcher prise, d'apprendre sur l'art d'improviser et sur la créativité. Tu reviens de Tbilisi. Comment était-ce ? C'était ma deuxième visite dans cette ville magnifique. Je jouais au Mtkvarze, un des principaux clubs (on prononce Quarto, Ndlr). J'étais accompagné par Toke, un jeune producteur local très prometteur qui vient de sortir son premier disque sur le label français D.KO et avec qui j'ai établi une belle connexion depuis ma première visite en 2016.1a scène géorgienne est principalement basée à Tbilisi. Elle fait partie des nouvelles scènes les plus intéressantes et bouillonnantes depuis trois ou quatre ans. Il faut citer le fameux dub techno Bassiani, que certains Djs et dubbers placent au-dessus du Berghain au niveau de l'expérience vécue. Le Bassiani et la scène géorgienne étaient sous les feux des projecteurs en mai dernier lorsque les danseurs et Djs se sont mobilisés devant le parlement pendant plusieurs jours afin de protester après une descente controversée de la police qui menaçait le dub de fermeture. Ce fut un moment fort, symbolisant la révolte, le désir de liberté et d'émancipation. Les jeunes sont fiers et amoureux de leur culture et leur regard est tourné vers l'avenir, tout comme leurs voisins Arméniens chez qui les choses commencent à bouger aussi. Je suis sensible à ce qui se passe dans ce coin du monde, car je suis d'origine arménienne et proche de cette culture. Pouvoir aller sur place grâce à la musique — et établir des connexions avec cette scène - est quelque chose de spécial. Parle-nous de Life Notes Recordings ? Life Notes, c'est la continuation de ma philosophie avec Life Recorder. Je propose une musique qui voyage à travers mes différentes influences musicales et qui traduit des moments de vie, des sentiments. Il s'agit de tracks gravées sur vinyle, naturellement et symboliquement, comme pour capturer un moment sur une photo... Au-delà de vouloir faire danser et créer de la matière destinée aux Djs je l'espère, pour raconter quelque chose dans un set. Ce qui m'a aussi motivé, c'est d'avoir ma propre zone de liberté pour sortir mes propres morceaux et développer mon identité musicale. Aujourd'hui, le marché du vinyle et la scène actuelle sont plutôt saturés. Je me sens un peu plus confiant avec ma musique et je pense que c'était le moment de continuer à faire mon truc. Avoir sa propre structure me permet de prendre du temps, de me concentrer et contrôler les choses. Pour le moment, j'ai fait le choix de sortir mes propres tracks mais j'espère développer d'autres choses autour du label et produire d'autres artistes.
Que représente le vinyle pour toi ? C'est d'abord une relation sentimentale, la découverte de toute cette musique si importante et le support avec lequel ma passion est née. C'est le support avec lequel j'ai commencé à mixer et qui fait mon identité derrière les platines aujourd'hui. Je joue aussi digital depuis dix ans. La musique et l'émotion sont les sentiments les plus importants pour moi, comme je peux aussi sentir le contrôle durant un set à travers le pitch d'une platine. J'ai encore ce besoin de manipuler un disque, voyager avec mon bag et quelques news toutes fraîches. C'est psychologique. Quand je parlais plus haut d'âme d'enfant, un nouveau disque c'est un peu comme un nouveau jouer. On se lasse de certains disques et il y en a d'autres qui restent intemporels. Avec quel(s) musicien(s) aimerais-tu collaborer ? C'est une question que je me suis rarement posée. Collaborer avec un autre artiste sur un morceau c'est quelque chose que je commence tout juste à envisager, étant un peu plus confiant dans ma musique et mon processus créatif. J'ai déjà eu quelques recasions et des propositions. Je laisse venir le moment propice pour ça. Sinon, j'aimerais beaucoup travailler avec une voix sur une de mes tracks. Je suis fan dUrsula Rucker et de spoken word. Si on pouvait se téléporter dans une période, laquelle choisirais-tu ? Si je pouvais garder l'âge que j'ai et me téléporter, j'irais peut-être bien revivre le début des années 90 et cette période, cette fois du côté des clubs et des raves, là où j'étais beaucoup trop jeune à l'époque. Sinon tes sorties à venir ? Un morceau nommé « True Moments » qui sort en novembre sur une un double Lp plutôt technoideep techno sur le label anglais Verdanr Recordings. Je suis plutôt honoré de faire partie de ce beau projet aux côtés de Leonid, Stojche, XDB ou Gauss. Steve0'Sullivan, sous son alias Blueuain, est aussi de la partie. Il y a aussi un remix à venir sur le prochain Iviod -lisme, le label de Seb Bromberger. C'est une première collaboration avec un gros label marseillais. Ça fait plaisir. Ensuite, les prochains mois seront réservés à avancer sur deux ou trois autres projets en cours et le Life Notes 003 en préparation. Parle-nous de ton nouvel alias Motion Procow ? J'avais besoin d'un peu de changement. Depuis mes premiers morceaux sortis sous le nom Life Recorder, en 2006 sans vraiment savoir où j'allais, la question d'un nouvel alias s'est posé plusieurs fois. Et surtout au moment où j'ai commencé à vraiment me remettre en question sur la direction que je voulais donner à ma musique. J'ai toujours préféré continuer sous ce nom et montrer qu'un artiste passe par différentes phases pour évoluer. Malgré tout, j'ai senti que c'était le moment, avec le lancement de Life Notes, de faire naître ce nouvel alias pour me concentrer sur une identité toujours deep mais plus mentale, techno, linéaire et peut être plus expérimentale dans le futur. Je continue sous Life Recorder sur des choses plus bouse, musicales ou mélodiques. Quels sont les privilèges que le statut de Dj-producieur et de patron de 1nd-el te donnent ? Recevoir de la musique, les promos, les découvertes musicales qui peuvent devenir humaines avec le temps. Mais le plus grand privilège c'est sans aucun doute les moments où je peux voyager, vivre ma passion et me connecter à d'autres cultures grâce à ma musique. L'adrénaline qu'on peut ressentir parfais derrière les platines est unique, et quand ru ressens ça à des kilomètres de ch¢ toi dans un pays où tu ne parles pas la langue er que ru peux faire réagir les gens, w ressens vraiment le pouvoir de la musique. Ces expériences sont vraiment gratifiantes et donnent de l'énergie pour avancer et continuer. Quels sont les derniers vinyles que tu as diggés ? Il. Yen a pas mal, mais je peux citer ces trois disques qui m'ont marqué dernièrement lors de mes derniers diggages »  : - Elbee Bad, "Crossing Dimensions" sur le label Thema. Retour du u Prince of Dance Music » sur cet Ep juste mortel. House jazzy, moody, percussive et mentale entre Chicago, Detroit et New York. - Jayson Wynters, "Jayson Wymers", "I aritude Ep" sur Omate. Un de mes artistes favoris en ce moment. Jayson est un producteur et Dj anglais promeneur de Birmingham. Sa musique est un parfait mix entre deep house, techno anglaise et US plutôt mentale. - Stasis "From The Old to The New" sur Peacefrog. Represse de ce superbe album de 1996 que j'avais raté à l'époque. Un bijou de techno, idm, a.mbient avec des influences jazz. Et pour finir, tes labels favoris ? Il y a beaucoup de labels que j'affectionne avec le temps. Des labels comme Sistrum, Perpetual Rhythms, Deep blak, Third Ear, Dolly ou ar.r. less en techno. Plus des labels français comme mes amis d'Inro'the Deep qui sont vraiment clans la vibe deep ho use avec des artistes comme Leonid ou Darand Land. Puis il y a aussi ceux que j'ai toujours dans mon bag. Exemple  : Transmat, Planet E, Basic Channel, Guidance Recordings, Peacefrog ou Prescription.



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