Star Wax n°49 déc 18/jan-fév 2019
Star Wax n°49 déc 18/jan-fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°49 de déc 18/jan-fév 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Compos-it

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : rare Wax par Meu Caro Vinho.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Page 20 _Inlarglaw art prolo Julien Latnnpar Dj Ceshmar Es-tu fan de 7 ou de 12 inch ? Peu importe, après en termes de son, plus le sillon est large plus ça sonne. Donc le 12 inch en termes techniques. Après en ternies pratiques, k 7 inch est plus léger, donc quand tu voyages c'est plus cool. Les deux me vont. Il y a des 7 inch qui sont très bien pressés. La musique et le son d'abord. As-tu le souvenir d'une histoire, d'un lieu particulier où tu as mixé ? C'est marrant car j'ai envie de te dire Ibiza. Mais pas l'Ibiza bourrin, celui des gros dubs ou tous les Djs du monde viennent mixer pour des centaines de milliers d'euros. Je vais te parler du Malaga Café. Il fait le contrepoids de toute cette industrie. Il fédère autour du vinyle des scènes très indépendantes, du rare grooves, autour de scènes beaucoup plus musicales. C'est un tous petit café mais avec une énergie fabuleuse. Ça ouvre tard, à partir de 2 heures du matin, et ça fini très tard. C'est la folie, ça danse. Les gens sont hyper-motivés. Ils ont réussi à éduquer leur clientèle, le public est connaisseur... Et il y a une ambiance tris particulière. Une autre superbe soirée lors des années 2000, c'était Tumtable on the Hudson, organisée par Nickodemus sur un bateau. Il y avait toutes les populations mélangées Tu y voyais des B-boy du Queens, des gays de Manhattan, avec des intellos. Il y avait de tout. C'était 5 dollars l'entrée. Des musiciens jouaient sur les sers, donc il y avait un côté club newyorkais. Le monde entier tenait dans ce lieu. Il y a eu une décennie assez magique... À Moscou il y avait des lieux improbables, les tables étaient louées je ne sais plus combien, 1000 euros l'heure, et les mecs posaient leurs guns à côté d'eux On serrait les fesses... À l'époque on mixait 100% vinyle. À l'aéroport, ils checkaient tous les vinyles un par un... Sinon concernant le plus beau lieu, je pense à Nickodemus. Je le cite souvent mais il a fait une soirée dans le Queens où ils avaient mis quatre tonnes de sable le long de la rivière, face à Manhattan. Imagine un couché de soleil avec vue air rEmpire Stase building. C'était en plein-air avec un sound system de filrieux, sans limiteur. Pareil, avec une clientèle éclectique, latin, afro, etc. Nous avions compilé un de ses morceaux pour le Man Ray. Puis Nicko m'a invité pour le nouveau millénaire et nous sommes devenus potes. Nous avons le même âge. Nous avons fait beaucoup d'échanges. Ca fait dix-huit ans que ça dure. Composes-tu avec des machines ? rai levé le pied. J'étais beatmaker et j'avais un groupe de rap français dans les armées 90. Quel était son nom ? Houlala je tairais le nom tellement j'ai honte de ce qui traîne sur Internet (rires). Je ne suis pas rap français en général mais j'ai eu une période durant laquelle j'étais fan des X-Men, de la FF, d'Oxmo. la période du rap français où il y a eu des freestyles... Je tais le nom par respect pour les anciens musiciens. On avait une Mpc, on taffait dans une cave... Nous sommes tout de même allés à Bourges. Nous avions des velléités. Nous étions basés dans le 92 et il y avait un rappeur de Nanterre... Nous allons retrouver le nom (rires) I Et sinon n'as-tu jamais pensé à produire ton Lp ? Non. C'est l'avantage d'avoir travaillé avec des musiciens  : j'ai compris mes limites. J'ai donc préféré passer de l'autre côté de la console que de proposer quelque chose de nul. Malheureusement, j'ai toujours été attiré par la culture du sample et je n'ai pas bossé les instruments. Les édits c'est plus simple Mais quand il faut refaire une partie, un chorus de clavier ou gonfler une basse avec un Moog, j'appelle Florian Pellissier. Tu as également été ghost pour Osunlcrde... À l'époque où je publiais sur Myspace, j'avais un groupe qui s'appelait Hi Perspective. On bossait avec un label de Milan qui était spécialisé dans les musiques de films et nous faisions des tenni:ses. Osurdade est tombé sur l'un d'eux. Et il a demandé qu'on bosse pour lui. Donc ce n'est pas le cas... Sur deux ou trois remixes, il avait mis Yoruba Remix, le nom du label. Mais ça s'est largement arrangé. Osunlack est quelqu'un que j'admire énormément en tant que Dj. C'est marrant car, à la base, ce n'est pas mon domaine musical. Il est dans une bouse très particulière. Mais c'est musical et il a un vrai univers.
Le nom Dj prend tout son sens avec lui. Je me rappelle d'une nuit où, après avoir joué devant 5000 personnes, il a joué pour trente personnes. Et il a tenu jusque 8 heures du mat... Il est dévoué au son. Il est généreux et intelligent, c'est un mec superbe. Et c'est un énorme Dj. Je le classe dans le top 10. Parlons de Hot Casa. Les répertoires musicaux consacrés au Ghana et au Togo sont voire spécialité... Nous avons commencé par la Côte d'Ivoire, où nous avons beaucoup voyagé. Djamel avait de bonnes connexions.ll y a eu une énorme scène à Abidjan  : les musiciens des pays voisins venaient enregistrer. Il y a eu de nombreuses productions. Malheureusement cette musique a été très peu exportée. Donc nous avons eu l'idée d'y aller pour retrouver des bandes ou des disques qui sont à l'abandon. Souvent nous sommes accusés d'avoir une vision colonialiste. Mais il y a avant tout une idée de sauvegarde du patrimoine. Nous avons cherché et retrouvé les producteurs et nous avons fait des contrats de licence. Puis, par l'entremise de Peter Solo, le chanteur de Vaudou Game qui est togolais, nous nous sommes intéressés à l'histoire de la musique togolaise des années 70. On prépare le volume deux. Pareil  : nous sommes allés sur le terrain retrouver les musiciens. Nous avons fait des interviews afin de dévoiler le contexte. Le but est de connaître leurs vies afin de connaître leurs influences, de savoir comment ils ont enregistré ou de comprendre comment ils pouvaient enregistrer sous une dictature. Ce passé autoritaire ne complique-t-il pas les démarches ? Cest plus compliqué. À part au Ghana, au Nigeria, notamment à Lagos et un peu au Bénin, la plupart des disquaires ont disparu. La crise du disque est passée par là. Mais grâce aux nombreuses rééditions, des magasins rouvrent. Désormais il y a des diggers locaux qui s'intéressent au patrimoine national. Cest super intéressant. Sinon le street art s'installe-t-il dans le paysage urbain ? Oui, notamment au Togo. Il y a également eu beaucoup d'échanges franco-africains au Sénégal, au Bénin. Je crois que l'Alliance Française a pas mal aidé. Localement la scène est énorme. En Afrique du Sud, il y a une scène en pleine croissance, il y a des galeries, etc. Certains pensent que la plupart des vinyles ont été chinés en Afrique, en Amérique latine... Non, la plupart des pays comme le Mali, k Sénégal et le Togo ont été défrichés mais il y a eu une telle production au Nigéria, dans le nord du Cameroun. C'est compliqué de trouver des disques dans ces pays toujours en conflit. Mais il yen a encore. Et chaque année il y a de nouvelles sorties. C'est infini, surtout si tu élargis le champ. Il y a un mec qui vient de sortir une compile de jazz-funk islandais. Denis sort un disque sur des covers jouées par des groupes d'Hong-Kong... Concernant les rééditions de Hot Cricri, existe-t-il une dimension sociale ? Des amitiés... Cest la beauté de cette histoire. Odandos Julius, je peux maintenant le considérer comme mon père. Quand il est en tournée, il dort chez moi. Roger Damawuzan, qu'on surnommait le James Brown de Lomé, est un peu mon oncle du Togo. J'échange tous les jours avec lui sur WhatsApp. Il nous permis de rencontrer d'autres artistes et donc de finir le deuxième volume de la compilation togolaise. Humainement il est extraordinaire. Cest un génie musical, un visionnaire, qui allait bosser dans les bibliothèques pour apprendre l'anglais... Fier des traditions et des rythmiques togolaises, il a fusionné cela avec le funk et la soul. Tout comme Orlandos Julius qui a sorti « Afro Soul » en 1966. C'est le premier album paru sur une major en Afrique. Pareil avec Stanislas Tohon..., Oû faut-il aller pour entendre des orchestres comme Melo Togo ? Il y a tous les dimanche après-midi le bal de Sassamasso qui est proche de l'aéroport de Lorné. Ça commence à 18 heures et ça ferme à 2 heures du mat. Il y a encore de jeunes groupes qui perpétuent la tradition dans les hôtels car c'était une tradition de jouer pour les officiels dans ce type d'endroit. Malheureusement de moins en moins... La plupart des jeunes émurent de l'azonto, de l'afro-pop nigériane, du hip-hop et de l'afro-trap.



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