Star Wax n°48 sep/oct/nov 2018
Star Wax n°48 sep/oct/nov 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de sep/oct/nov 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Association Compos-it

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 46

  • Taille du fichier PDF : 11,6 Mo

  • Dans ce numéro : les chroniques...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Rlege 21Interview de Idonuillgitcrl Quel était le déclencheur de ces capsules ? Bah le déclencheur c'était une envie de faire un projet pers°, Ça faisait déjà longtemps que j'accompagnais des artistes, sur scène et en studio. Et j'avais envie de faire mon truc. Mais j'avais aussi peur de me lancer car j'étais bien dans ma vie de musicien, dans une zone de confort. Je n'avais pas forcément l'envie de me mettre en danger. Et comme je suis quelqu'un d'assez radical, lorsque je fais les choses, je lis fais entièrement. Donc je ne me voyais pas me lancer dans une carrière solo, en dilettante, accompagner un autre chanteur puis mettre mon projet en pause... Je sais que je ne l'aurais jamais vraiment fait ainsi. Ces vidéos m'ont permis d'installer ce truc progressivement. Lorsque j'ai vu le retour positif, ça m'a rassuré pour faire mon projet. J'avais peur de partir de zéro... Tu as ressenti quoi lorsque Dj Vadim a commenté « sick selectah ! ! », lorsque tu as publié « Berck Irina Days #3s, d'après Gregory Isaacs ? Eh bien écoute j'ai kiffé quand Vadim a commenté ça. C'était super cool, car Vadim c'est quelqu'un que j'affectionne artistiquement Nous nous sommes peu rencontrés, une fois en festival, peut-être deux. Je le place dans le top des Dis que j'apprécie. Bon producteur, bon Dj... Cette vidéo en particulier était vraiment top parce qu'il y a même des membres et des proches de la famille de Gregory Isaacs qui ont commentés et partagés. Ça m'a vraiment touché. As-tu une nouvelle série vidéo en préparation ? Il y a la nouvelle session de « Digital Kingston Sessions. Le premier épisode est sorti en juillet, avec Elephant Man. Ça va reprendre à partir de septembre. C'est le même format, mais avec des artistes différents. J'ai enregistré une dizaine d'épisodes, en Jamaïque, il a environ cinq mois. Je vais les égrener jusqu'à Nad, je pense. Tu es bassiste de formation mais finalement aujourd'hui tu utilises surtout des synthés et des machines. Tu préfères donc appuyer sur des touches plutôt que gratter les cordes ? Ce n'est pas que je préfère l'un ou l'autre. Pour ma musique, je préfère le son d'un clavier analogique plutôt qu'une basse acoustique électrique. C'est plus une question de texture sonore qu'une histoire de touché. Pour toi le synthé et la dium machine idéaux existent-ils ? Ah non le synthé et la drum machine idéaux n'existent pas. Ou alors ça serait une combinaison de plein de marques différentes, plus quelques idées. Mais je ne désespère pas. Peut-être qu'un jour ça sortira, et qu'un constructeur me demandera conseil. Ça ne sera peut être pas du goût de tout le monde... N'as-tu jamais pensé à utilispr ta basse comme un clavier maître ? J'ai eu un temps une basse Midi, avec capteur pour retranscrire un signal acoustique en numérique afin de jouer, par exemple, un davier. Mais ça ne fonctionne pas super bien. Ça n'a jamais vraiment bien marché. Pour le live, ça fonctionne. Mais dès que tu veux faire quelque chose de technique en studio, tu es bloqué. C'est pour cela que j'utilise beaucoup de synthés. Parlons de ton nouveau bébé l Ça se passe sans encombre... Jusqu'ici tout va bien. La création a été super cool parce que j'ai pris le temps, par rapport à l'album précédent, que j'avais ré-'se en un mois. Et la dernière ligne droite était chouette, c'était en juin, début juillet. Il faisait beau. Alors je profitais du soleil, et hop je remontais au studio ! C'était vraiment détendu. Tous les artistes ont été super réactifs. Donc il n'y a pas eu trop de pression au plan du timing. Après je sais qu'il y a beaucoup d'artistes pour qui faire un album c'est compliqué car ce n'est pas un moment qu'ils maîtrisent vraiment. Ils font un album tous les deux ans, puis le reste du temps ils sont en tournée. Moi c'est différent car je suis en studio du lundi au jeudi. Et sur la route du vendredi au dimanche. Le studio titre c'est quelque chose que j'aime et que je maîtrise. Ça me fait moins angoisser que des artistes qui se disent  : Ah merde I Il faut que j'aille enregistrer mais ma voix n'est pas en forme aujourd'hui... C'est psychologique... Je suis beatmaker et donc souvent en studio, Les sessions pour l'album, c'était comme des sessions pour les vidéos de promotion. Ça s'est passé naturellement, sans encombre. " Le synthé et la drum machine idéaux n'existent pas" Tu poses avec une MPC, l'as-tu utilisée pour produire « Bass Attack » ? Non mais j'aurais pu. Tai tout même utilisé des sons provenant de cette MPC 2000XL. Mais c'est tout car c'est une machine vinage, très lente à utiliser. Maintenant j'aime que ça aille vite. Ça me fatigue d'attendre que la disquette monte. Après tu n'as plus de mémoire... Et puis maintenant j'ai les nouvelles MPC avec un disque dur interne, d'un téra... Mais c'était important de la mettre sur la pochette de l'album car c'est une boîte à rythmes qui m'a marquée.
Donc tu as utilisé des semples ? Il y a très peu de sa_mpling, de loops de morceaux connus, voire quasiment pas, à part le cuivre sur le titre de Skarra Mucci. Et encore, il a été rejoué. Après, pour la batterie, il n'y a pas de samples prononcés. Certains sont-peut être cachés. Si tu tends l'oreille, tu pourras en trouver un ou deux. Mais la plupart ont été rejoués. As-tu fait évoluer ton processus de production ? Ouais. Le processus de production, il évolue tout les jours en fait. Tous les jours tu apprends de nouvelles techniques, une nouvelle bidouille. Au fur et à mesure, les bidouilles s'empilent et c'est bien que le processus changé, car lorsque TU restes dans le même schéma de production, que tu ouvres ton software avec les mêmes effets, les mêmes plugins, en utilisant les mêmes daviers, tu t'enfermes vite dans un son. Alors c'est bien qu'un artiste ait son propre son, mais j'aime bien aussi écouter la discographie d'un artiste. J'apprécie les différences de sons, selon les décennies. Je trouve intéressant de saisir son évolution. Je suis perfectionniste et j'aime toujours aller plus loin. Donc le processus change tout le temps. C'est ça qui est chouette. Et puis j'apprends vachement de tout les gars qui peuvent m'entourer, des musiciens, des ingénieurs du son... Donc ça bouge tout le temps... As-tu réalisé tout l'album dans ton home studio ? Quasiment Je dirais à 90%. Après, le mixage je l'ai fait en bonne partie au Studio Grande Armée, avec Ludovidc Tartavel, un ingénieur que je connais bien. r ai mixé une autre partie en Jamaïque, avec Gregory Morris, un super ingénieur qui a mixé lés derniers hits reggae que j'affectionne comme Alborosie, Chronio. ou Protoje. Au niveau de la réalisation pure, 100% de la construction musicale a été composée dans mon studio. À part les vocaux qui ont été enregistrés à distance. Sauf pour Skarra Mucci, enregistrée à Paris. Pour le mastering, d'habitude je travaille avec Benjamin Joubert. Mais il était en vacances. Alors j'ai fait appelle à Alex, à Nyc. 11 avait déjà masterisé un projet que j'avais fait avec Little Devon... Pour moi, c'est inutile d'être sur place lors du mastering. Je préfère laisser le gars faire son trucConcernant les textes, as-tu donné des directives aux chanteurs ? Non je n'ai pas donné de direction. Mais nous avons toujours été raccords. C'est sûr que si ça ne m'avait pas plu, je les aurais fait changer. Ou nous n'aurions pas collaboré. Ce n'est pas parce que je suis beaunaker que je n'ai pas d'idées à véhiculer. Je ne vais pas dire que je suis un artiste militant mais je ne vais pas mettre en avant des textes si je ne cautionne pas. J'ai fait appel à des artistes que je connais bien, ou presque. Je connais leurs travaux et c'est plutôt bien tombé, De quoi parle « Shoot & Collect » avec Junior Cat ? Rires. ! Justement c'est le texte le plus cru er le plus jamaïcain. Un texte de bad niais, il faut le prendre au second degrés. Souvent, avec les Jamaïcains, les paroles ne sont pas celles d'enfants de cceur. Le texte parle d'un mec du ghetto. « Shoot & Collect c'est uneeipression pourdire Tu fris et tu ramasses. » Ce n'est pas forcément  : a Tu shootes quelqu'un puis tu prends l'argent. » Mais plutôt  : a Tu làches ton flow sur un riddim puis tu ramasses les billets. » Ce texte ce n'est pas une seule histoire mais plein de petites histoires mises bout à bout. Il a des airs orientaux... Oui tout à fait, c'est vrai que la flûte a un petit côté indien. Je l'ai gardée car ça m'a rappelé les sonorités de Major Lazer ou Dj Snake, que j'aime bien. Et ça m'a amené ailleurs. J'ai commencé la construction de l'instrumental par la mélodie. C'est un son qui est dans un davier mais je l'ai trafiqué et retrafiqué. Ce n'est pas le son d'origine, d'usine. Le choix du premier single est toujours délicat. Pourquoi « Bad * avec General Ddwee ? Je ne vais pas te mentir, ce n'est pas le premier morceau terminé. Mais c'était le morceau où je pouvais aller le plus loin dans la production, entre la musique et le clip. Durant mon voyage en Jamaïque, j'avais la version quasi définitive de W Bad ». C'était le morceau le plus propice en termes de timing. J'étais avec mon caméraman et General Degree était là... Ça aurait pu être un autre morceau, mais c'est une question de timing. Comment as-tu retrouvé sa trace ? En fait il n'a jamais disparu. La première fois que nous nous sommes rencontrés, ce fût lorsque nous avons enregistré la Digital Session, dans le studio Big Yard à Kingston. Ensuite il m'a recontacté pour me demander s'il pouvait utiliser l'instru pour son album. Je lui ai dit  : « Oui bien sûr. » Nous avons donc collaboré denouveau PuisBennyPage, un Dl-producteur decfnl m'a contacté pour faire un Ep de remises de "Ruff It Up"... Nah Fight" navigue aux confins de l'électro. Est-ce une évolution naturelle du reggae ? Je ne sais pas si c'est une évolution naturelle mais c'est l'évolunon que j'ai envie de lui apporter. C'est vrai que je suis spécialisé dans le reggae digital, et quand c'est sorti dans les années 80, il y avait déjà une vision très électro, de par le fait de ne plus faire appel à beaucoup de musiciens pour produire la musique. C'est le reggae qui m'a le plus marqué. Tu rajoutes ma culture européenne et tu verras que c'est normal de trouver des sonorités électroniques comme « Nah Fight » ou a Shoot & Collect a. Oui c'est une vision électronique du reggae.



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