Spécial France n°3 jui/aoû/sep 2011
Spécial France n°3 jui/aoû/sep 2011
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°3 de jui/aoû/sep 2011

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 56,1 Mo

  • Dans ce numéro : 20 reportages et itinéraires.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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MnnnMont Saint Michel, city L’Abbaye du Mont Saint Michel En l’an 709, suite à une apparition, Aubert, évêque d’Avranches, décide de construire une chapelle et d’établir des prêtes pour prier l’Archange Saint Michel sur un rocher désert, battu par les marées, appelé Mont « Tombe ». En 966 des moines bénédictins s’y installent et vont construire une immense église au sommet du rocher pour y accueillir les nombreux pèlerins. Au XIIIe siècle de nouveaux bâtiments sont édifiés avec six salles magnifiques immédiatement dénommées : La Merveille. Au XVe siècle, à la suite de l’écroulement du choeur roman de l’église abbatiale, on édifie un nouveau choeur gothique flamboyant. Une autre vue des remparts, juste à côté, l’intérieur de l’abbaye, plus à droite, l’intérieur de la deumeure du Chevalier Bertrand du Guesclin. Ci-dessous la célèbre pancarte de la Mère poulard. 62 - Spécial France LES REMPARTS Le Mont Saint Michel fut l’une des plus importantes places fortes militaires du Moyen Âge. Son rocher escarpé et les marées qui l’isolent deux fois par jour du continent sont des protections naturelles que les architectes et les bâtisseurs du Moyen Âge vont renforcer par un impressionnant dispositif défensif de remparts, de tours et de bastions. Cet ensemble remarquable et parfaitement conservé constitue une des plus belles et des plus importantes réalisations d’architecture militaire du Moyen Âge. Gastronomie La tradition gourmande du Mont Saint Michel est née de la rencontre entre les richesses naturelles de la baie et les talents de la plus célèbre cuisinière de France, la Mère Poulard. L’histoire de la Mère Poulard Il était une fois la belle histoire d’une jeune femme courageuse et talentueuse et d’une mère cuisinière qui a profondément marqué la gastronomie française. Annette Poulard, que l’on surnommera la Mère Poulard, fait partie de l’histoire et du patrimoine du Mont LA DEMEURE DU CHEVALIER BERTRAND DU GUESCLIN Le chevalier Bertrand Du Guesclin s’illustra durant la guerre de Cent Ans au XVe siècle. Son courage, sa combativité, son sens de l’organisation et du commandement le firent passer du grade de capitaine à celui de grand connétable des armées du royaume de France. Il fit construire pour son épouse Tiphaine de Raguenel une demeure au Mont Saint Michel qui était, en ces temps dangereux, l’une des places fortes les plus sûres et les mieux protégées du royaume. Saint Michel. Née en 1852, Annette a une vingtaine d’années lorsque le Mont Saint Michel s’ouvre à nouveau au monde après avoir été une prison redoutée depuis la Révolution française de 1789. C’est aussi à cette époque que la jeune Annette dit oui au fils du boulanger du Mont Saint Michel, Victor Poulard, qui l’accompagnera fidèlement et discrètement tout au long de sa vie, une existence qu’Annette Poulard décide de consacrer à ses deux passions, la cuisine et le Mont Saint Michel. La tradition d’hospitalité est millénaire au Mont Saint Michel : dès le Moyen Âge,
Mont Saint Michel, city les habitants du Mont Saint Michel – les Montois – accueillent les pèlerins dans leurs auberges où ces derniers trouvent gîte et couvert. C’est donc tout naturellement qu’Annette et Victor ouvrent leur auberge en 1888 pour accueillir les pèlerins et les gourmands qui s’y pressent pour déguster la cuisine de celle que l’on surnomme désormais la « Mère Poulard ». Très vite connus et reconnus, les immenses talents d’Annette et les quelque sept cents recettes qu’elle met au point derrière ses fourneaux lui valent d’être surnommée la « Mère Poulard », titre honorifique qui distingue les mères cuisinières, c’est-àdire les femmes chefs de cuisine les plus talentueuses. Parmi ses nombreuses recettes l’omelette fera sa renommée dans le monde entier. Dans les années 1880, la Si la Mère Poulard ne quitta jamais ses fourneaux et son Mont Saint Michel, elle n’en était pas moins curieuse du monde et elle voyagea à sa façon en accueillant ses hôtes venus de tous les horizons. Elle aimait en garder le souvenir à travers les dédicaces de son livre d’or, les photos amicalement annotées ou les dessins prestement exécutés au coin de la table. L’auberge de la Mère Poulard a maintenu cette tradition jusqu’à nos jours et c’est un petit morceau d’histoire qui est ainsi révélé. Ainsi peut-on découvrir que le roi Edouard VII et la famille royale d’Angleterre, hôtes assidus de la Mère Poulard au début du XXe siècle, contribuèrent beaucoup à sa renommée. Le président des Etats-Unis Theodore Roosevelt et le président du Conseil français Georges Clemenceau - héros de la Première Guerre mondiale, grand ami de la Mère Poulard et grand amateur de sa cuisine - contribuèrent eux aussi à cette renommée naissante. Ils auraient certainement été étonnés qu’en 1923 le jeune Chou En-lai y prenne pension avant de retourner en Chine où, vingt-cinq ans après, il participa digue/route qui relie le Mont Saint Michel au continent n’existe pas et les voyageurs qui arrivent à pied, à cheval ou en carriole sont tributaires des marées pour traverser la baie. Ils arrivent donc à toute heure, exténués par un long voyage souvent éprouvant. Pour réchauffer et réconforter ses hôtes, la Mère Poulard tient en permanence sa grande cheminée allumée et confectionne à la minute, dès leur arrivée, cette recette merveilleuse qu’est l’omelette de la Mère Poulard. Subjugués par cette première découverte de la cuisine de la Mère Poulard, les voyageurs gourmands en gardent un souvenir impérissable dont ils font l’éloge à leur retour chez eux. C’est ainsi que grandit la renommée de la Mère Poulard et de son omelette dans le monde entier. LES PERSONNAGES CÉLÈBRES À LA TABLE DE LA MÈRE POULARD avec son compagnon de route Mao Tsé-toung à la révolution chinoise. A quelques années près, le futur Premier ministre chinois aurait pu rencontrer un autre révolutionnaire, déchu celui-là, Trotski, qui débutait ainsi son exil de la meilleure manière qui soit et qui pouvait, quant à lui, croiser les membres des grandes familles de la finance et de l’industrie, les Rothschild et les Rockefeller, fidèles de la Mère Poulard tout au long du XXe siècle.Parmi les têtes couronnées qui fréquentaient son auberge, la Mère Poulard avait un faible pour le prince et la princesse Takamatsu, de la famille impériale du Japon, ainsi que pour les nombreux princes et princesses russes en exil qui fréquentaient assidûment sa maison, où ils noyaient leur mélancolie au cours de veillées joyeuses qui finissaient au petit matin. Ne doutons pas que la Mère Poulard aurait apprécié qu’à l’occasion du centenaire de la création de son auberge, on y célèbre l’entente cordiale entre le Premier ministre anglais Margaret Thatcher et le président français François Mitterrand, venus discuter des problèmes du monde autour d’une bonne table. De la même manière aurait-elle été fière d’apprendre que son auberge avait servi de quartier général à l’occasion du débarquement de 1944 et que dans ces moments difficiles comme dans les années de commémoration qui suivirent, le général Patton, le général Bradley et le maréchal Montgomery avaient apprécié sa table tout comme Winston Churchill, grand homme d’Etat et grand épicurien. Ernest Hemingway quant à lui s’arrima fortement à la table de la Mère Poulard pendant plusieurs jours pour décrire les faits d’armes du débarquement. En connaisseur, il remarqua certainement le commentaire fait quelques années plus tôt par le chanteur français Maurice Chevalier décrivant ainsi son séjour : « Endroit splendide - Bonne croûte - Bon service - Patrons charmants - Je reviendrai ». Car bien sûr le Mont Saint Michel et la Mère Poulard appartiennent aux artistes comme le peintre Foujita qui dessina un petit chat, Bernard Buffet une poêle et, plus surprenant, l’acteur américain Charlton Heston qui croqua avec talent et une rapidité extraordinaire le Mont Saint Michel. La liste des artistes amoureux de la Mère Poulard est longue et on en citera quelques-uns à la manière d’un poème à la Prévert, par ailleurs grand amateur de la table de la Mère Poulard : Claude Monet, Jean Cocteau, Marcel Pagnol, André Malraux, Françoise Sagan, Jean Gabin, Rita Hayworth, Jean-Paul Belmondo, Woody Allen, GlennGlose, Juliette Binoche, Arthur Rubinstein, Jean-Michel Jarre, Charles Aznavour, Christian Dior, Yves Saint Laurent… On n’oubliera pas enfin les hommes d’exception comme les aimait la Mère Poulard tels Charles Lindbergh après sa traversée de l’Atlantique ou Alan Shephard qui alla chercher les étoiles avant de revenir s’attabler chez la Mère Poulard. Et nous laisserons bien sûr la conclusion au pape de la cuisine française, Paul Bocuse, pour qui « la Mère Poulard, c’est la France ». Spécial France - 63



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