Santé Sport Magazine n°51H nov/déc 2017
Santé Sport Magazine n°51H nov/déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°51H de nov/déc 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Caméléon Média

  • Format : (230 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 12,4 Mo

  • Dans ce numéro : méditation, et si on reprenait le temps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Rencontre 22 Arnaud Tortel est kinésithérapeute et physiothérapeute de l’équipe Salomon. Depuis sept ans, il travaille avec des athlètes d’ultra-endurance tels que Kilian Jornet, François D’Haene, Anna Frost et Emelie Forsberg. Il est un grand sportif lui-même, un explorateur qui a traversé le monde en marchant, atteignant le pôle Nord ou encore traversant l’Arctique. En 2010, il a commencé à travailler avec Salomon sur le développement de produits. Féru de matériels, il avait déjà développé des sacs de couchage avec une autre société, ou mis au point des vêtements. Aujourd’hui, il prodigue ses conseils aux athlètes. Il a également développé des patchs pour favoriser la récupération. « J’AI CRÉÉ DES PATCHS CONTENANT DES OXYDES MÉTALLIQUES. Pendant vos expéditions, avez-vous déjà rencontré des problèmes physiologiques ? Je n’ai pas eu de problème de santé, notamment parce que je mets en place des moyens de prévention. Avec une température de moins 40 degrés, on ne rencontre pas de virus. Les problèmes majeurs sont les gelures ou les problèmes d’hypotension. Comment gérez-vous votre alimentation ? Généralement, je pars entre 40 et 100 jours avec ma propre nourriture, cela associé à des contraintes de poids car je tracte tous mes bagages. J’essaie de ne pas prendre plus d’un kilo par jour de nourriture, pour 6 000 calories. Une expédition de 100 jours équivaut donc à 100 kilos de nourriture. Et réunir 6 000 calories en 1 kilo, ce n’est pas facile ! J’emporte un peu de lyophilisé  : des patates et de la soupe, sinon l’essentiel est de l’huile et des amandes. Par exemple, je sature mes plats lyophilisés en huile, auxquels je rajoute des graines de tournesol ou de courge. Les repas du matin et du soir, qui nécessitent de l’eau chaude, sont les mêmes. Pour l’eau, j’utilise la neige que je fais bouillir. Je l’utilise ensuite pour mes repas et j’en bois toute la journée. La nourriture lyophilisée a quand même un problème puisque l’on ne sait pas conserver les qualités des protéines. Donc le midi, j’évite ce type de repas pour consommer uniquement des noix, des noisettes broyées et mélangées avec de l’huile, du sucre ou du sel. C’est bon, très goûteux grâce à l’huile ! Il m’est arrivé une aventure où je me suis retrouvé sans nourriture. Lors d’une expédition, j’ai renversé du fuel dans mon traîneau. Je n’avais quasiment plus de bouffe, environ 1000 calories par jour. Avec mon collègue, nous rêvions de nourriture tout le temps. Pour m’enlever la faim, je m’imaginais dans un supermarché en train de faire mes courses. Souvent, les problèmes en expédition démarrent par l’alimentation. Je conseille les athlètes là-dessus. 5 antésport MAGAZINE N°51 Êtes-vous uniquement kinésithérapeute au sein de l’équipe Salomon ? Je suis kiné mais mon expérience m’a également amené à être diététicien. J’ai également suivi des formations en ostéopathie et en acupuncture. Je souhaitais traiter le corps dans son ensemble. Mon objectif est que les athlètes soient en bonne santé physique et psychique. Cela commence par l’alimentation, puis j’essaie de régler les chaînes musculaires. J’ai essayé différents moyens pour cela, et j’ai finalement créé des patchs contenant des oxydes métalliques qui renvoient les infrarouges, donc une partie de la chaleur que le corps émet. Cette énergie est utilisée par les cellules pour « communiquer » entre elles. Nous arrivons à renvoyer cette énergie sur un point précis. J’utilise pour cela beaucoup de points d’acupuncture, des points triggers et des points musculaires. Immédiatement, le cerveau capte l’information, comme s’il prenait conscience de la zone sur laquelle nous travaillons. Nous favorisons ainsi la récupération et l’équilibration des chaînes. Nous observons les muscles qui se détendent, etc. J’essaie de créer ces patchs sur mesure. Est-ce que vous intervenez dans la préparation physique des athlètes ? Cela dépend des athlètes. J’en vois certains toute l’année, et d’autres plus ponctuellement sur les courses. Je vois François d’Haene à l’année, mais je n’interviens pas dans sa préparation. Il connaît tout cela. Par contre, je le vois au niveau des « équilibres ». Nous prévenons avant qu’il y ait des désordres. À quelles pathologies êtes-vous confronté sur les courses ? Sur les courses longues, il s’agit essentiellement d’entorses de chevilles, de douleurs de tendons rotuliens ou de chauffements sur la tête du péroné. Ces derniers viennent souvent de problèmes à la cheville opposée, une mauvaise attitude compensatoire. Je cherche donc à régler absolument les chevilles des athlètes. Et après la course, dans la phase de récupération ? Dans la récupération, j’interviens dans les massages, l’alimentation et sur les points douloureux des athlètes, avec les patchs notamment. Je m’adapte à chaque athlète avec toujours l’objectif de récupérer le plus vite possible.
5 antésport MAGAZINE N°51 Rencontre 23



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