Santé Sport Magazine n°51H nov/déc 2017
Santé Sport Magazine n°51H nov/déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°51H de nov/déc 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Caméléon Média

  • Format : (230 x 270) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 12,4 Mo

  • Dans ce numéro : méditation, et si on reprenait le temps.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Entraînement h 14 SURENTRAÎNEMENT « LE MIEUX EST L’ENNEMI DU BIEN ! » L’entraînement fait régresser ! Vous le savez ! Quand vous terminez une longue course, vous ne pourriez pas faire demi-tour, effectuer le parcours en sens inverse et améliorer votre chrono. Normal, vous avez abîmé votre organisme. On parle de « décompensation ». En fait, une séance ne permet une amélioration de vos performances qu’à l’issue de la régénération qui suit. Stimulé par cette agression physiologique, le corps se répare et devient plus fort qu’il ne l’était auparavant, comme s’il voulait se prémunir d’une sollicitation plus intense. On dit qu’il réalise une « surcompensation ». D’où l’adage provocateur  : « On régresse à l’entraînement, on progresse au repos. » Ce concept de « décompensation-surcompensation » est né au sein du bloc soviétique dans les années 1970. Il est validé pour les réserves de sucre dans les muscles. Lorsque vous les videz, le corps les reconstitue en augmentant un peu les stocks. On peut appliquer ce raisonnement aux fibres musculaires. À force de contractions et de réceptions de foulées, elles sont victimes de microdéchirures. Parfois, ces dernières sont si importantes que vous les ressentez  : ce sont les courbatures. À l’issue de cette dégradation, elles se reconstruisent en nombre plus important. Votre muscle devient plus volumineux Ln Vous vous entraînez dur ! Pourtant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Vous avez même l’impression de régresser… Et si vous étiez surentraîné ? Nous vous expliquons les mécanismes biologiques de cet épuisement. Nous vous aidons à prévenir et à reconnaître ce surmenage. Nous vous guidons sur le chemin de la récupération. antésport MAGAZINE N°51 Par le Docteur Stéphane CASCUA, médecin du sport et vous êtes plus fort. Le concept semble pouvoir se décliner à propos des « neuromédiateurs ». Ces substances constituent des messagers chimiques qui véhiculent les activations d’un neurone à l’autre. Elles sont beaucoup utilisées pour stimuler l’organisme pendant l’effort, notamment le système cardiovasculaire. Elles sont indispensables pour analyser le terrain ou le mouvement d’un adversaire puis pour programmer la réponse gestuelle. Elles se révèlent incontournables pour donner l’ordre de contraction à tous les muscles concernés. De fait, au cours de l’activité, le stock en neuromédiateurs finit par s’émousser. On dit que vous êtes victime d’une « fatigue centrale ». Là encore, le corps paraît surcompenser en se reposant ; il semble accroître la quantité de messagers nerveux disponibles. Vous l’avez compris, si les décompensations s’accumulent alors que les surcompensations peinent à se mettre en place, vos aptitudes physiques diminuent. La balance peut s’avérer subtile entre les décompensations à l’origine d’adaptations et celles facteurs de surmenage. De surcroît, les déséquilibres sont fréquemment multifactoriels  : excès de décompensation mais aussi manque de surcompensation. Concrètement, découvrons ensemble le profil du sportif surentraîné.
A ATTENTION, LE SURENTRAÎNEMENT N’EST PAS QUE D’ORIGINE SPORTIVE. IL PROVIENT AUSSI DE L’ACCUMULATION DES CONTRAINTES PROFESSIONNELLES ET FAMILIALES. Avez-vous le profil du sportif surentraîné ? Si vous êtes surentraîné, vous êtes souvent victime d’addiction au sport. Fréquemment, vous partez courir ou pédaler, non pas parce que cette séance est cohérente au sein de votre programme, mais parce que vous vous sentez tendu si vous y renoncez ! Dans ce contexte, la fatigue ou les blessures ne vous arrêtent pas. Dommage ! N’hésitez pas à consulter notre article  : « Attention addiction ! » De nombreuses situations vous font basculer dans l’excès. Voici quelques exemples. Parfois, vous vous entraînez trop et trop vite car vous suivez une préparation inadaptée. Vous voulez faire 3 h 15 au Marathon alors, vous récupérez sur le Net un programme pour faire 3 h 15… Malheureusement, il est possible que vous n’ayez pas les aptitudes génétiques pour y parvenir. Dans ce cas, chaque séance vous met dans le rouge et vous vous épuisez ! Vous êtes mariée à un coureur de fond, vous tentez de le suivre à l’entraînement. Lui trépigne alors que vous êtes systématiquement au taquet ! Prudence ! Lisez notre article « Surentraînement de la conjointe ». Le dimanche, vous partez rouler avec un groupe de copains. Les niveaux sont hétérogènes ! C’est déjà dur sur le plat quand vous vous calez dans la roue d’un de vos compères. Du coup, dans les bosses, vous décrochez. Alors que les meilleurs récupèrent en roue libre dans la descente, vous forcez pour recoller ! Vous terminez la sortie vermoulue et vous passez l’après-midi zombie dans le canapé ! Le surentraînement peut provenir d’un manque de récupération. Vous travaillez beaucoup ! Vous êtes toujours sous pression ou en représentation. Vous enchaînez les réunions et les rendez-vous. Aucun moment de relâchement n’est possible, inimaginable d’aller sur le Net vous inscrire au triathlon de Chantilly. Vous déjeunez sur le pouce et l’équilibre alimentaire n’est pas toujours au rendez-vous. Vous commencez tôt et vous finissez tard. Difficile de caser vos séances d’entraînement. Elles finissent par devenir des contraintes et elles empiètent sur votre sommeil. À force de conflits professionnels, les nuits ne sont pas toujours sereines, vous dormez mal ! À moins que ce soit le petit dernier qui se réveille en pleurs quand il a mal aux dents ! Vous avez comme objectif d’être une femme parfaite. Vous bossez, vous allez chercher les enfants à la garderie et vous les aidez à faire leurs devoirs. Vous vous efforcez de conserver une vie sociale. Vous vous faites belle pour aller dîner chez des amis. Ah j’oubliais  : vous gardez un minimum de 3 séances par semaine ! SYMPTÔMES DE LA PHASE DE RÉSISTANCE Pour tenter de s’adapter à un excès de contraintes, votre organisme sécrète un maximum d’hormones du stress, principalement l’adrénaline et le cortisol. Vos symptômes découlent de cette excitation permanente  : augmentation de votre fréquence cardiaque au repos ; augmentation de votre fréquence cardiaque pour une même intensité d’effort ; élévation de la tension artérielle, notamment lors de l’épreuve d’effort ; perte d’appétit, phase d’anorexie ; troubles du sommeil  : difficulté d’endormissement, réveils nocturnes, insomnies ; anxiété autour des compétitions sportives puis diffusion de la perte de confiance dans la vie professionnelle et personnelle ; blessures négligées. Ln antésport MAGAZINE N°51 Quels sont les symptômes du surentraînement ? Le principal signe de surentraînement ressemble à une définition  : « Vos performances s’altèrent alors que vous vous entraînez dur ! » D’autres s’y associent logiquement. Vous n’avez plus envie de faire du sport. Vos points faibles s’expriment  : vous avez de nouveau mal au ventre en courant, votre vieille tendinite d’Achille réapparaît. Ce sont vos fusibles qui lâchent, vos voyants qui s’allument ! Mais vous n’en tenez pas compte. Par ailleurs, les symptômes évoluent en deux phases. Initialement, votre corps tente de s’adapter à la contrainte. Vous sécrétez beaucoup d’hormones du stress. On parle de « phase de résistance ». À l’occasion d’une prise de sang, on constate qu’une des hormones du stress, le cortisol, s’élève. Parallèlement, on note que les hormones sexuelles diminuent. La première a pour mission de fournir de l’énergie, quitte à utiliser et dégrader les protéines musculaires. Les secondes stimulent la construction des muscles. Vous comprenez alors que le contexte biologique est à l’urgence, votre corps s’autodétruit pour tenter d’assumer votre charge de travail. À l’issue de la « phase de résistance », après avoir perdu toutes ses forces, votre organisme sombre vers l’abattement ! Vos glandes et votre système nerveux ne parviennent plus à produire les messagers biologiques de l’effort. On dit qu’il s’agit de la « phase d’épuisement ». Hans Seyle fut l’un des premiers physiologistes à décrire les mécanismes du stress. Il constate chez le rat longtemps stressé une nécrose de la surrénale, la glande chargée de sécréter l’adrénaline. Vous n’avez plus envie de vous entraîner. Chaque séance vous paraît trop difficile. Vous perdez confiance, vous vous dévalorisez. Reposez-vous ! À Entraînement 15



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