Question Psycho n°26 nov-déc 11/jan 2012
Question Psycho n°26 nov-déc 11/jan 2012
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°26 de nov-déc 11/jan 2012

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 148

  • Taille du fichier PDF : 53 Mo

  • Dans ce numéro : se libérer, en finir avec complexes et blocages...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Devenir mère d’un géniteur plus que d’un père, dans la réalité, c’est plutôt le contraire qui se passe et c’est tant mieux pour l’enfant. Un fantasme  : le désir de grossesse avant le désir d’enfant Dans la construction de la vie psychique de la femme, le passage de l’état de jeune femme à celui de mère est essentiel. La femme qui n’a pas encore eu d’enfant fantasme sur l’état de grossesse avant de fantasmer sur le futur bébé. Quelque part dans notre esprit, le fait d’avoir des menstruations, puis d’être enceinte est une véritable expérience dans le parcours de femme. Nous avons beau jeu de dire que prendre des kilos, avoir des nausées, risquer des vergetures et accoucher n’a rien de très glamour, en notre for intérieur, tout au fond de nous, bien enfoui, nous ressentons une immense satisfaction à savoir enfin ce qu’est une grossesse. Il s’agit d’une sorte d’initiation qui permet à la jeune fille d’entrer dans le cercle bien secret et pourtant si large des femmes futures mères. Avant d’être enceintes, les femmes rêvent de l’être. Une période fantasmée, anticipée où l’on s’imagine annoncer la nouvelle. Un bonheur qui reste encore égoïste, le bébé n’étant qu’une conséquence de ce premier fantasme. Il participe ensuite à ce rêve, car toute mère imagine son enfant avec telle ou telle caractéristique, quand bien même la réalité sera sans doute bien différente. L’aspect social Dans notre société vient aussi se greffer le fait qu’une femme enceinte, surtout si elle travaille dur, va enfin pouvoir bénéficier d’un instant de répit. Non pas tant en termes de repos, non. Mais surtout dans la façon dont son entourage va prendre soin d’elle, le compagnon au premier rang. Voici un moment unique où l’on prend fréquemment de vos nouvelles, où l’on se soucie de votre santé et où il est possible de régresser de temps à autre, sans que cela ne prête à conséquence, quitte à faire un petit caprice. 62 - Question psycho Certaines femmes vont jusqu’à dire que les moments de leur grossesse ont été parmi les plus heureux de leur vie. Il ne faut pas oublier que l’enfant est aussi supposé satisfaire les besoins narcissiques des parents justement par cet enfant rêvé que l’on porte en soi à un moment donné. Autre influence liée à la société et à l’environnement familial  : avoir un enfant fait partie du modèle sociétal et d’un certain besoin de conformité, plus ou moins important selon les individus. L’arrivée d’un enfant permet souvent de s’intégrer complètement dans la société (« Mais comment vont vos enfants ? «) , et aussi de se faire accepter par la famille du conjoint. L’enfant vient en effet sceller une union, que l’on soit passé par la mairie ou pas. Il crée aussi une solidarité entre les mères, une entraide parfois, là encore un sentiment d’appartenance à une communauté bien spécifique. La trentaine, qui dit mieux ? Chez nous, en France, la fin de la vingtaine et la petite trentaine sont les âges privilégiés par les femmes pour connaître la maternité une première fois. Quoiqu’on en dise, mariée, pacsée, vivant en couple ou pas, voire totalement seule, l’envie d’avoir un enfant finit par se manifester. Pas toujours dans son propre corps. Ce sont parfois les amies qui arrivent avec leur bébé qui finissent par vous agacer. Alors que
vraiment, il y a encore quelques années, vous les regardiez arriver en pensant « tant mieux pour elle, mais pour moi franchement, rien de tel que la liberté ». Et voici que quand même, le charmant bambin dont vous allez en plus être la marraine vous fait envie à vous aussi. Il s’agit parfois du désir de couple plus que du désir d’enfant. La pression familiale joue aussi un rôle  : ainsi, il arrive qu’un frère ou une sœur devienne parent et provoque à ce moment une réaction en chaîne ou que les parents évoquent cette éventualité fréquemment. Heureusement que la fameuse horloge biologique se manifeste en temps et en heure afin qu’une naissance intervienne. Car si nous vivons de plus en plus vieilles, et dans de bonnes conditions, le fait est que la fertilité quant à elle suit une courbe bien différente. Elle évolue bien moins vite que nous ne le faisons socialement et psychologiquement, et attendre le bon moment peut aussi signifier  : trop tard ! Du moins pour porter un enfant, car l’adoption reste une solution. Des exceptions à la règle Force est de reconnaître que nous sommes toutes différentes. Le désir d’enfant ne se manifeste pas chez toutes au même moment. La culture, la famille et l’environnement dans sa globalité changent la donne. Certaines auront aussi un besoin d’enfanter qui tourne quasiment à l’obsession, et peut mener à une véritable dépression. D’autres ressentent également ce besoin, mais le sort en voulant autrement, elles acceptent la situation et s’y résignent finalement plus facilement en se passionnant pour d’autres sujets  : leur vie professionnelle, politique, sociale, artistique… D’autres vont devenir plus proches de leurs neveux et nièces, d’enfants orphelins, etc. Dans certains cas, les freins psychologiques vont aller dans le sens du non enfantement. En effet, certaines enfances laissent des traces indélébiles et il faut parfois toute une vie pour parvenir à surmonter ce type d’obstacles. Trop longtemps Autre constatation… Certains couples décident d’avoir un enfant comme pour éviter de se séparer ou d’aller à la rupture. Ce qui n’empêche rien, et ne fait que retarder l’inéluctable. Les années passant, les femmes qui n’ont pas eu d’enfant parviennent pour la plupart à un autre équilibre qui est également le bonheur. Le plus important est de ne pas avoir passé trop de temps, ni s’être laissée aller à la dépression pendant des années en investissant trop de soi dans l’espoir d’une grossesse. Une façon de réagir qui est totalement individuelle et est gérée par chaque femme différemment. pour avoir le temps de faire un enfant. Les psychanalystes ont notamment mis en avant le fait qu’une femme qui déteste sa mère peut refuser d’enfanter, car inconsciemment, elle refuse de construire une filiation par rapport à sa génitrice. A contrario, des parents défaillants peuvent mener une femme à avoir des enfants de façon précoce, on parle alors « d’enfant thérapeute ». Un chagrin lié à un deuil peut aussi mener au désir d’enfant, comme si la naissance permettait d’annuler une mort. Dans le passé, il arrivait d’ailleurs souvent que l’on donne dans ce cas au bébé le prénom de la personne décédée. Un désir difficile à maîtriser La plupart des femmes vous le diront  : lorsque le désir d’enfant est là et bien là, difficile d’y résister. Tous les éléments physiologiques et psychologiques sont rassemblés pour que la femme cède à la tentation. Ce qui ne prête pas vraiment à conséquence pour une femme qui a déjà une vie de couple, mais qui peut en avoir pour les autres. Soit parce que l’on n’a pas encore trouvé l’heureux futur Papa, soit parce que le moment est particulièrement mal choisi. Des problèmes de chômage, de santé, peuvent intervenir qui font obstacle. On sait bien aussi que même en travaillant, le fait d’être enceinte ne vient malheureusement pas aider la promotion. Si certaines sont des « superwomen », ce n’est pas le cas de toutes et inutile de se rajouter une pression supplémentaire. Les médecins savent que parmi les femmes qui avortent, un nombre important est en fait prise au piège par ce désir. Même si elles n’avouent pas toutes un comportement qui pourrait être jugé comme infantile, il n’empêche que le fameux oubli de contraception est souvent l’expression d’un désir de grossesse non satisfait. Une fois la nouvelle de la grossesse intégrée, il arrive bien entendu que le pragmatisme prenne le dessus et que la décision d’avorter soit prise. Un stress énorme pour les femmes qui sont en fait dans ce dilemme très difficile à surmonter et à vivre au quotidien. La maîtrise n’est donc pas toujours au rendez-vous, quand bien même la femme est bel et bien informée et en mesure d’avoir accès à une contraception. Le désir d’enfant est l’une des étapes de la féminité, la grossesse permettant de prendre le relais par rapport à sa propre mère. L’envie de se survivre à soi-même via sa progéniture est un mouvement naturel des espèces vivantes. La transmission, l’hérédité sont partie intégrante de l’humanité et les femmes sont en première ligne dans ce processus. A LIRE Désir d’enfant Sous forme d'entretiens, les professeurs René Frydman et Marcel Rufo apportent un éclairage actuel sur les questions que le désir d'enfant suscite  : la paternité aujourd'hui, la transmission de pathologies graves, le fait d'être parents de plus en plus tard, etc. Ce livre, à consulter avant la grossesse, fait le point sur tout ce qu'il faut savoir pour bien s'y préparer - psychologie, sexualité, santé, vie quotidienne - et optimiser ainsi ses chances de conception. Par René Frydman, Marcel Rufo et Christine Schilte, Editions Marabout, 436 pages. Question psycho - 63



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