Question Psycho n°23 fév/mar/avr 2011
Question Psycho n°23 fév/mar/avr 2011
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°23 de fév/mar/avr 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 35,6 Mo

  • Dans ce numéro : voir les choses en face...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 82 - 83  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
82 83
élément nouveau monte la pression d'un cran, et il leur est alors très difficile de relativiser une situation ! « Il est très difficile pour elles de casser cette séquence... » Cela dit, il existe un moyen de changer ce sentiment de frustration. Mais pour ce faire, il faut pouvoir s'y prendre avant même que cette frustration ne s'exprime. « Le moyen d'atteindre la satisfaction est avant tout de réduire ses ambitions, conseille le spécialiste, déjà au niveau du quotidien, pour commencer. » On peut voir les éléments avec plus ou moins d'optimisme, mais il faut éviter d'en faire trop, éviter de s'imaginer un scénario de perfection d'une soirée au théâtre par exemple... Ainsi, en partant avec moins d'illusions, il est possible d'obtenir cette satisfaction. Quand l'insatisfaction atteint son paroxysme Parfois l'insatisfaction peut se trouver pesante pour l'entourage de la personne frustrée. Car celle-ci peut s'illustrer plus fortement et ses causes sont GENEVIÈVE PAGNARD Psychiatre et victimologue " L'insatisfaction exprime avant tout une angoisse..., , Que se passe-t-il pour l'entourage de la personne intransigeante ? Pour les autres, c'est l'enfer ! Ils sont soumis à des demandes permanentes, à des exigences qu'ils ne rem ­ plissent pas aux yeux de la personne frustrée. Donc ils ont tendance à culpabiliser, à être déstabilisés, d'autant plus que les remarques s'expriment sous forme de scènes. Cela vient interrompre un bonheur, car elles n'hésitent pas à briser ces moments-là. Qu'exprime cette frustration ? Elle exprime pour les personnes insatisfaites avant tout une angoisse car elles ne savent pas faire face à la frustration. Ce qui réveille une autre frustration, générée à l'éducation par un manque de limites. Or les limites sont un cadre rassurant. Pour tenter d'obtenir ces limites, la personne sera de plus en plus revendicatrice. Le comportement agressif sera poussé de plus en plus loin pour pouvoir trouver• 82 - Question psycho ces limites. Ces personnes sont piégées dans leur mode de fonctionnement. Comment faut-il s'y prendre pour que l'enfant ne devienne pas un futur insatisfait ? Il faut pouvoir lui marquer des limites. Lu i apprendre deux choses essentielles  : la première est que tout ne lui est pas dû, la seconde qu'il faut savoir attendre les choses. L'attente est très importante car c'est dans cette attente que s'exprime aussi le plaisir. Satisfaire toutes les envies d'un enfant, c'est supprimer ce plaisir. Il faut pouvoir comprendre que l'enfant doit avoir une part de rêve, ensuite, comprendre quand on accède à sa demande que cela ne doit pas être immédiat. L'enfant pourra faire des colères, là n'est pas le problème  : l'adulte doit rester infléchi. Un enfant peut gérer le refus et l'angoisse du refus. Alors que l'habitude de l'absence de frustration en fera une personne intransigeante. JEAN-PHILIPPE, 27 ans "Je le fais sans m'en rendre compte ! " Je tique sur tout, même sur les choix qui ne sont pas les miens... Par exemple, si une émission passe a la télé, je trouve à redire sur la qualité de la réalisation, et je vois les films que tout le monde aime sous un œil encore plus critique ! N'importe quel prétexte est bon pour moi  : fête entre amis, dîner au restaurant, lecture d'un livre... C'est un souci de perfection qui m'impose de tout analyser et de paraître aux yeux des autres insatisfait. Pour moi ce n'est pas un défaut, mais plutôt un gage d'honnêteté envers moi-même  : on ne s'oblige pas à accepter quelque chose qui ne nous convient pas ! Non pas que j'aime critiquer de manière gratuite, mais lorsque c'est justifié, je n'hésite pas à y aller de mon commentaire... Souvent grinçant ! Je me demande si là-dessous, il n'y a pas un brin de jalousie  : je me dis souvent que les autres obtiennent des choses que moi je n'ai pas, ou que j'ai de façon imparfaite. Et c'est vrai que je me dis souvent "Tiens, cette chose aurait été mieux faite ainsi" ou "c'est pas mal, ce qu'elle a, cette personne ! ", mais c'est aussi un comportement que j'adopte sans trop m'en rendre compte sur le moment. J'ai même été déçu, pour mes examens, de n'être classé "que" troisième... Même si mes résultats étaient objectivement bons, cela ne me suffisait pas, c'était "imparfait". alors directement reliées à l'enfance, selon l a psychologue Geneviève Pagnard. « Si on ne cadre pas un enfant, et qu'il est habitué à ne pas gérer la frustration, le moindre refus à l'âge adulte sera vécu pour lui comme une frustration. » Et cela peut aussi aller plus loin  : « Le cas des m anipulateurs destructeurs peut égal ement illustrer l'insatisfaction  : ce sont des personnes qui ont élaboré un mode de fonctionnement basé sur des exigences systématiques qui déstabilisent l'autre... Ses reproches se font de plus en plus virulents, dévalorisants, vont jusqu'aux insultes même. L'autre ne fait j amais assez bien et s'expose à des récriminations permanentes. L'insatisfait est toujours à plaindre, il est un éternel incompris. » Comment agir dans ce cas précis ? « li n'est pas possible d'agir sur ce type de personnes car une personne à qui personne n'a dit non à l'enfance ne peut pas être éduquée par la suite par son entourage. L'éducation à l'âge adulte n'est pas valorisante qui pl us est ! La thérapie peut néanmoins être une réponse. Pour ce qui est de l'entourage, il faut qu'ils puissent prendre de la distance pour ne pas souffrir du comportement de l a personne insatisfaite. S'interroger en fait sur la légi timité des revendications de cette personne. Ainsi, si elles ne peuvent pas faire son éducation, elles peuvent au moins poser les limites qui sont les leurs. »• Crimes impunis ou Néonta  : histoire d'un amour manipulé Geneviève Pagnard. Prime Fluo Editions
La générosité en question En l'espace de quelques mois, suite aux catastrophes naturelles les plus graves et à l'occasion des opérations menées en faveur de personnes en difficulté, les Français ont montré qu'ils avaient du cœur. L'élan de solidarité suscité ces derniers temps est sans précédent et les sommes récoltées atteignent des records. Mais finalement, qu'est-ce qui nous pousse à donner ainsi ? Où sont les motivations qui permettent d'offrir un peu de soi à des personnes que l'on ne connaît pas forcément ? Que signifie réellement le don ? Enquête sur cette générosité dont nous faisons preuve au quotidien... E n matière de dons et de solidarité, les Français n'ont de toute évidence aucune leçon à recevoir de quiconque. Quelques chiffres pris au hasard suffisent à le démontrer. Pour sa 19'édition, le Téléthon 2005 a frôlé la barre des cent millions d'euros de dons destinés à la lutte contre les myopathies, réalisant ainsi le meilleur résultat depuis ses débuts. De son côté, l'aspect inhumain dutsunami survenu en fin d'année ont certainement joué dans la prise de conscience des individus de la nécessité de donner. N'oublions pas non plus les dons autres que ceux effectués en espèces sonnantes et trébuchantes. Face à la détresse des gens, nombreuses sont les personnes qui, pour des raisons diverses, par manque de moyens financiers ou par envie de s'investir, donnent de leur temps pour aider les autres, bénévolement, ou préfèrent opter pour des dons en nature"Aujourd'hui, tout le monde ressent le besoin de s'impliquer et d'agir "à cœur ouvert"..."2004 a mobilisé la générosité des Français à hauteur de 300 millions d'euros. La violence des images filmées lors de cet événement dramatique et le fait que les victimes ne soient pas uniquement asiatiques, mais également européennes, ou, au niveau médical, en sang, en plaquettes, voire en organes, le plus souvent de manière anonyme. Dans la préface d'une récente étude sur la générosité des Français, le docteur Alain Deloche, chirurgien cardiaque cofondateur de Médecins sans Frontières et de Médecins du Monde, mais aussi président de la Chaîne de !'Espoir, indique qu'aujourd'hui, tout le monde ressent le besoin de s'impliquer et d'agir « à cœur ouvert » selon ses moyens. Certains, à l'image des organismes cités ci-dessus, « veulent aller très au-delà des sentiers battus ». D'autres, généralement bénévoles, « vont un peu plus loin que leur destin ordinaire, en France ou ailleurs, tentent d'apaiser les angoisses et les souffrances, et de construire un lendemain plus souriant pour ceux que la vie n'épargne pas ». Alain Deloche parle aussi, en évoquant celles et ceux qui s'engagent selon leur savoir-faire ou leur disponibilité, de "donacteurs", c'està-dire d'individus qui donnent et agissent à leur façon. I.:étude montre bien que les Français se mobilisent et restent de plus en plus mobilisables pour de grandes causes humanitaires. Entre ceux qui ont donné à l'occasion d'une catastrophe comme celle dutsunami, les Question psycho - 83•



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 1Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 2-3Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 4-5Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 6-7Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 8-9Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 10-11Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 12-13Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 14-15Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 16-17Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 18-19Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 20-21Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 22-23Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 24-25Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 26-27Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 28-29Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 30-31Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 32-33Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 34-35Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 36-37Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 38-39Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 40-41Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 42-43Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 44-45Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 46-47Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 48-49Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 50-51Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 52-53Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 54-55Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 56-57Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 58-59Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 60-61Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 62-63Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 64-65Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 66-67Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 68-69Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 70-71Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 72-73Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 74-75Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 76-77Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 78-79Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 80-81Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 82-83Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 84-85Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 86-87Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 88-89Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 90-91Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 92-93Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 94-95Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 96-97Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 98-99Question Psycho numéro 23 fév/mar/avr 2011 Page 100