Question Psycho n°23 fév/mar/avr 2011
Question Psycho n°23 fév/mar/avr 2011
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°23 de fév/mar/avr 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 35,6 Mo

  • Dans ce numéro : voir les choses en face...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Enquête et objet seraient confondus. En effet, le désir de l’autre et le choix de la personne sont souvent complexes. Selon Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale  : « Si la pulsion sexuelle trouve sa force et son énergie dans la biologie, elle tire son origine de l’inconscient. Et c’est dans la mesure où le sujet est en interaction avec d’autres qu’il peut éveiller sa pulsion sexuelle et développer les représentations à partir desquelles il va l’exprimer. Les premiers partenaires de l’enfant au contact desquels la pulsion sexuelle est sollicitée, sur le mode de l’identification, sont les parents. C’est la sexualité inconsciente des parents qui sert de base à l’enfant pour développer la sienne. Autrement dit, non seulement l’amour est déterminant pour s’affirmer sexuellement, mais il faut aussi que l’image du père ou de la mère ne soit pas dévalorisée par l’un ou l’autre des parents. Ce qui peut être le cas d’une mère abusive ou du père absent parfois rencontrés dans les familles dites « monoparentales ». Le sujet accepte son identité masculine ou féminine dans la mesure où il intègre son corps sexué et reconnaît la différence des sexes à partir du lien qu’il entretient avec ses deux parents. » Selon les psychologues, l’homosexualité est une tendance sexuelle qui se développe en dysharmonie avec l’identité sexuelle du sujet. à la suite de nombreuses recherches sur les causes de l’homosexualité, l’hypothèse la plus pertinente est celle qui relève de la cause psychique. Elle est liée à la façon dont le sujet va construire la représentation de son désir sexuel. L’identification homosexuelle fait partie du développement classique de la psychologie du sujet lors de l’enfance et de l’adolescence. Il va s’identifier au parent puis à des partenaires du même sexe pour conforter son identité sexuelle. Pour diverses raisons, il peut se fixer à ses premières identifications, les érotiser et accélérer ce processus s’il échoue à intérioriser le sens de la bisexualité psychique. Celle-ci est le résultat de l’intégration dans sa vie psychique de la différence des sexes  : le sujet est capable de mettre en dialogue à l’intérieur de lui-même les deux sexes sans être angoissé de perdre son identité ou d’avoir peur de l’autre sexe au point 64 - Question psycho Avis d’expert Sophie Sturm, Laboratoire de recherche en psychologie sur la famille et la filiation De nouvelles revendications « Les années soixante-dix ont vu naître un mouvement militant pour le droit à l’homosexualité qui emboîtait le pas au mouvement de libération de la femme, le tout sur fond de revendication de la liberté sexuelle pour tous. Aujourd’hui, depuis les années quatre-vingt-dix, les homosexuels veulent une reconnaissance juridique et sociale des couples de même sexe, revendication qui découle directement du droit à l’homosexualité. De plus, avec les différents projets de loi présentés (CUC, CUS, CUCS, PACS), sont venues sur le devant de la scène des histoires de vie de couples homosexuels, ce qui a suscité un véritable débat idéologique sur la scène sociale. Le psychologue, quant à lui, peut appréhender les enjeux psychiques de l’homosexualité et de la relation de couple avec une personne du même sexe. » d’être incapable de le désirer. L’échec de cette opération psychique peut déboucher éventuellement sur l’homosexualité, le travestisme ou le transsexualisme. Autrement dit, si toutes les personnes ont fait l’expérience inconsciente de cette identification homosexuelle structurante (c’est à dire au même que soi, qui est le sens étymologique de ce terme), elle ne se confond pas pour autant avec l’homosexualité qui manifeste un arrêt de l’évolution affectivosexuelle du sujet ou une régression lorsque la tendance homosexuelle masque un problème psychique qui a besoin d’être dénoué. Trois formes d’homosexualité Cliniquement, on constate au moins trois formes d’homosexualité parmi d’autres  : ● Une homosexualité accidentelle Elle peut se présenter lors de l’enfance ou de l’adolescence à travers quelques expériences passagères mais qui n’engagent pas le désir du sujet. Il a pu être entraîné ou il s’est livré, par curiosité, à quelques gestes, comme pour s’assurer de sa masculinité ou de sa féminité, trouvant de nombreux intérêts psychologiques à vivre ainsi. Certaines personnes se libèrent sans que ces expériences ne produisent des effets néfastes alors que d’autres, plus fragiles dans leur identité, s’inquiètent sur ce vécu et ont besoin d’être aidées pour le traiter. ● Une homosexualité réactionnelle Elle fait échos à divers problèmes psychiques qui n’apparaissent pas pour euxmêmes  : une fixation maternelle, une contre identification paternelle, un self fragile qui rend timide et impuissant à l’égard de l’autre sexe, l’autosuffisance identitaire, etc. Ce sont autant de questions qui peuvent être abordées et souvent dépassées grâce à un travail sur soi en psychothérapie. De nombreuses personnes arrivent en consultation en croyant qu’elles sont homosexuelles, tout en le refusant, et découvrent en le dénouant que leur problème est ailleurs. ● Une homosexualité structurelle Elle se met en place précocement et donne l’impression au sujet qu’il est né ainsi alors que la tendance, par exemple, a pu se fixer lors du stade du miroir entre six et dix-huit mois. Il découvre son image à travers le regard de l’autre, et en particulier de sa mère, et peut s’y arrêter en cherchant des personnes à son image. Certains sujets vont plus ou moins l’accepter pendant que d’autres en souffrent et regrettent de ne pas pouvoir rejoindre intimement les personnes de l’autre sexe. Cette fixation narcissique donne parfois des personnalités très imbues d’elles-mêmes, revendicatives et qui ont du mal à s’interroger et à se remettre en question. Elles se vivent comme la victime d’autrui et de la société et cherchent éperdument la reconnaissance des autres parfois jusqu’à la violence. Dans ce contexte, la tendance homosexuelle est souvent irréversible.■ J.B
Vivre avec son double L’homosexualité a toujours existé, dans toutes les sociétés, et à travers toutes les époques. Les enquêtes montrent que près de 5% des êtres humains sont attirés par des personnes du même sexe, dont 3% d’homosexualité exclusive. Certains peuvent avoir une aventure homosexuelle par curiosité, sans devenir homosexuel. Quand à celles qui choisissent de vivre avec une autre femme, comment se passe la construction d’une vie en « effet miroir » avec son « double » ? Lorsqu’un homme aime un autre homme, lorsqu’une femme aime une autre femme, il n’y a pas de « celui qui fait l’homme » et de « celui qui fait la femme ». Chacun des deux amants comporte en lui une part de masculinité et une part de féminité qui s’expriment de manière soudée et unie. Au niveau sublimé du rapport des âmes, peu importe la différenciation des sexes  : l’amour sublime de deux âmes se joue de ces questions de différences. La question des genres Lorsqu’une femme aime une autre femme, elle ne se comportera pas comme un homme, ni n’aimera la partie masculine chez cette autre femme  : elle se comportera en femme qui aimera une autre femme. Chacun d’entre nous, homme ou femme, homo ou hétéro, comporte en lui une part de masculinité et une part de féminité. Lorsqu’une femme aime une autre femme, il ne s’agit que de l’apparence de la forme  : la forme féminine de la première aime la forme féminine de la seconde. Et dans ce cadre, peu importe l’obstacle (apparent) de la forme (féminin-féminin)  : les âmes n’ont pas de sexe et, de leurs natures identiques, s’envolent dans une parfaite symbiose si l’amour est pur et réciproque. Lorsqu’une femme aime sincèrement une femme, c’est de la même manière qu’une femme qui aime sincèrement un homme. Il faut comprendre par là qu’il s’agit réellement d’Amour et pas d’un vague désir pervers ou de dysfonctionnement psychologique. Les deux amantes sont liées l’une à l’autre  : ce n’est donc pas la partie féminine qui est attirée par la partie masculine de l’autre et vice versa, comme certains spiritualistes, de bon ou de mauvais aloi, peuvent le mettre en avant ; il s’agit de la fusion des deux êtres, où l’essence de chacune des deux femmes trouve sa complémentarité dans l’autre. Pourtant, il est vrai que dans la communauté homosexuelle, donc dans cette « institution » qui regroupe des homosexuelles, le sexe et le rapport sexuel, dans une vision purement matérialiste, a une place importante. Au passage, il est à noter qu’il ne faut surtout pas confondre « homosexualité » et « communauté homosexuelle »  : la communauté n’est qu’un « aspect » de l’homosexualité, et pas son essence - sorte de poste avancé culturel et politique d’une identité sociale mais qui ne saurait être représentatif de ce qu’est l’homosexualité en termes d’expérience individuelle. L’homosexualité  : innée ou acquise ? Pas de preuve… Les études sont souvent soutenues par des groupes aux intérêts contraires. Des associations homosexuelles Enquête Question psycho - 65



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