Question Psycho n°23 fév/mar/avr 2011
Question Psycho n°23 fév/mar/avr 2011
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°23 de fév/mar/avr 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 35,6 Mo

  • Dans ce numéro : voir les choses en face...

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Enquête Homosexualité féminine 62 - Question psycho Tabou ou pas ? La question de l’homosexualité a toujours fait débat et celle de l’homosexualité féminine notamment. Si les hommes continuent malheureusement souvent à en rire, les femmes, elles, s’interrogent. Au XXI e siècle, en France, le sujet n’est plus vraiment tabou. On accepte librement d’en parler, mais de là à l’accepter, il y a encore des progrès à faire ! Pour preuve, le plus souvent, les lesbiennes restent invisibles quand les gays affichent leur amour... Mais il y a celles qui « osent » et qui se montrent au grand jour… Et pour vous, tabou ou pas ? Anne-Sophie, 35 ans, infirmière témoigne  : « Moi, ça ne me gêne pas du tout que deux femmes s’aiment. Même si je suis mariée et hétérosexuelle, j’avoue que je les comprends. Deux femmes sont forcément plus proches, elles ont plus de points communs et se rejoignent en général sur l’essentiel. Avec l’homme, il y a cette altérité très intéressante, mais qui n’est vraiment pas facile à vivre au quotidien ! ça explique d’ailleurs que certaines femmes deviennent lesbiennes après un divorce et même en étant déjà mamans. » Claudine, 59 ans, retraitée, ajoute  : « J’avoue avoir déjà eu une relation homosexuelle, même s’il est clair que je préfère les bras plus solides d’un homme. La femme vous apporte une vraie complicité, une douceur, une tendresse, une compréhension, que l’on trouve que très rarement auprès d’un homme. » Nathalie, 41 ans, professeur de judo, n’est pas d’accord  : « Excusez-moi, mais je n’arrive pas à comprendre les lesbiennes. Je trouve ça moche, presque sale. Ce n’est pas normal et ça me choque d’autant plus quand elles élèvent ensemble des enfants. Je trouve qu’on sort du cadre et que c’est dangereux. » Trois femmes très différentes, trois avis bien différents… Des avis bien différents Et qu’en pense Caroline (47 ans), en couple depuis 6 ans avec Sabine (33 ans) ? « J’ai été mariée, j’ai eu deux enfants, mais je n’ai jamais été vraiment heureuse. Après mon divorce, j’ai rencontré Nathalie qui m’a initiée… Je me suis découverte, moi, telle que je suis ! La relation n’a pas duré et pendant un temps, je suis entrée dans la communauté gay de ma ville où j’ai eu d’autres expériences sexuelles avec des femmes. J’en ai tiré deux certitudes  : la première, c’est que j’aime physiquement les femmes, même si les hommes ne me rebutent pas complètement. La seconde, c’est que j’avais envie d’aimer, de bâtir une relation solide et non de papillonner de partout. Il y a 6 ans, j’ai rencontré Sabine. Depuis, nous ne sommes plus jamais quittées. Je l’aime. C’est la femme de ma vie et je ne l’ai jamais trompée ! » Cela dit, y a-t-il vraiment une spécificité du couple lesbien ? « Ce qui est mis en avant, c’est l’importance de s’occuper de l’autre, mais ce qui tient le couple, c’est le désir », explique Natacha Chetcuti, sociologue. Tabou, rejet, indifférence ? L’homosexualité a toujours posé pro-
blème. Ne soyons pas dupes, les relations entre deux personnes du même sexe ont souvent été l’objet de l’incompréhension, et n’oublions pas qu’il fut un temps où dans notre cher pays si fier de ses droits de l’homme il existait « le crime de la sodomie » (aboli en 1791) et que plus récemment les homosexuels ont fait l’objet de déportations dans de trop célèbres « camps de la mort » au côté d’autres communautés... Ces solutions radicales au problème de l’homosexualité n’existent heureusement plus, mais on assiste aujourd’hui à une nouvelle étape dans la mentalité générale de notre société, qui se veut pourtant plus tolérante... En effet si les textes et les lois officiels reconnaissent l’existence d’une sexualité différente de celle dite « classique », il n’en reste pas moins que l’homosexualité est souvent mal comprise et se montre être un excellent sujet d’étude lors de soirées thématiques à la télévision ou de discussions entre amis hétérosexuels…. Heureusement, en 20 ans, la sexualité féminine a acquis une dimension nouvelle. Les diktats érotiques ou sexuels ont changé. Aujourd’hui, les femmes sont plus épanouies, plus actives sexuellement, d’où sûrement une meilleure acceptation de tous les types de sexualité. Autres temps, autres mœurs… évoquée depuis l’Antiquité, l’homosexualité féminine a une influence notable dans l’histoire de la littérature. Mais au-delà de ces artistes célèbres, les héroïnes lesbiennes ont du attendre pus longtemps avant de sortir de l’ombre. Longtemps oubliée des écrans, l’homosexualité féminine a d’abord existé par l’influence des artistes lesbiennes, en particulier les écrivains femmes. En France, aujourd’hui, il y a peu de communication sur le sujet, à part quelques reportages à la télévision et dans les magazines. Aux états-Unis, l’image de l’homosexuelle devient sexy et chic dans les médias américains. Seule la publicité semble avoir encore quelques réticences pour l’exploiter. Preuve que les Américains ont encore une longueur d’avance sur nous… Frédéric Joignot, ancien rédacteur en chef du magazine Actuel et auteur de Histoire naturelle et surnaturelle du phallus (Editions Hoëbeke), a un avis très précis sur les tabous  : « Nous avons tous des tabous sexuels. Des préjugés invincibles contre telle façon de jouir. Des dégoûts masqués ou marqués par la morale. Un tabou n’existe pas sans raison profonde. Explorer les tabous d’une société, c’est lire au plus profond de l’inconscient collectif, scruter les forces sous-jacentes aux moeurs. Voyez aux états-Unis, comme le « Monicagate » a révélé les excès et les limites du puritanisme anglo-saxon  : la traque judiciaire obsessionnelle d’un acte sexuel – une relation extraconjugale taboue – a fini par devenir choquante. Taboue, car irrespectueuse de l’intimité amoureuse d’une personne. Intéressant renversement, le mot « tabou », dans son acception moderne la plus large, signifie convenance sociale, peur injustifiée, préjugé moral. Aucun tabou n’est anodin. Beaucoup sont tombés dans le ridicule ces dernières années. En 1970, l’homosexualité était passible de prison, la masturbation considérée comme une maladie, les avortements, illégaux. » Aujourd’hui, on le voit bien, les mentalités ont évolué et les études démontrent que les Français sont plus ouverts à l’homosexualité féminine que masculine. Du côté de la psy… Pourquoi une femme peut-elle être attirée par une autre femme ? Historiens, sociologues et psychologues ont tenté de répondre à cette question. Selon Freud, la sexualité humaine est avant tout le résultat du travail psychique du sujet sur la pulsion sexuelle et non pas le développement linéaire d’une biologie sexuelle où pulsion Question psycho - 63



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