Question Pratique n°49 oct/nov/déc 2014
Question Pratique n°49 oct/nov/déc 2014
  • Prix facial : 4,90 €

  • Parution : n°49 de oct/nov/déc 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 29,4 Mo

  • Dans ce numéro : automobilistes... arrêtez de vous faire tondre !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne nom difficile à porter. Cela dépend de la personne qui le porte. Quelqu’un bien dans sa peau et à l’aise avec son prénom ne sera pas gêné d’expliquer à chaque nouvelle rencontre pourquoi ses parents l’ont appelé Yves-Marie ou Clitorine, mais pour une personne introvertie de nature, cette question récurrente sera une gêne au quotidien. Une personne qui n’aime pas son prénom aura au départ plus de difficultés à s’aimer et tendance à se dévaloriser. Alors qu’au contraire, un prénom qui est bien vécu donne une confiance en soi plus forte. Un prénom trop original, difficile à retenir ou à prononcer peut être une difficulté pour s’épanouir. Et professionnellement, le prénom pourrait presque être un critère de réussite ! Dans son livre Les Clés du destin, Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des discriminations à Paris, avance que le prénom peut stigmatiser, au même titre que le physique. En clair, s’appeler Loana ou Caroline n’a pas le même impact social. Le prénom peut donc être considéré comme un facteur, faussement anodin, d’inégalités des chances. Ainsi, un garçon s’appelant Charles-Édouard et un autre Bryan ne partiraient pas avec les mêmes avantages. Avis aux futurs parents : si l’originalité est parfois récompensée, elle peut aussi devenir un véritable handicap pour l’enfant… De l’influence sur la personnalité Aujourd’hui, la tendance est aux prénoms courts et originaux et surtout très divers. Autrefois, il était d’usage d’attribuer le prénom du grand-père paternel à l’aîné des garçons et celui de la grand-mère maternelle à l’aînée des filles ou bien de baptiser l’aîné comme son père, pour bien montrer qu’il était l’héritier qui lui succéderait. Le prénom « affichait le programme », indiquant la place sociale et familiale de l’enfant. De nos jours, le choix est beaucoup plus réfléchi. De la recherche étymologique à l’écoute des sons d’un prénom, les parents sont à la recherche du prénom qui leur correspond. Ainsi, il existe pléthore de guides qui répertorient les milliers de prénoms et en 6 Question-pratique ? Le fait que les parents placent beaucoup d’espoir dans leur petit est un puissant moteur pour son développement.Maisilpeutarriverqueledécalagesoit si grand que l’adaptation est difficile. Certains doivent en plus subir les railleries de leurs petits copains à l’école. Une jeune fille a par exemple troqué le prénom choisi par ses parents, « Peggy » pour une « Marie » beaucoup plus conventionnelle pour ne plus être appelée « Peggy la cochonne » de ses camarades. À l’adolescence, certains jeunes au prénom étrange `•.l. t 4b1 J [it `-Ti.:. ALA. faH(T ? 1.O..0 ai h w.a.a..6,s,r,ilnl43 j+. remlR,si`.- révèlent les diverses facettes : caractère, couleur, correspondance astrologique, numérologie, origine, histoire, sans oublier de citer les personnages les ayant portés. « Les Chloé sont actives, curieuses, spontanées, éloquentes » ; « Elle s’appelle Isabelle et aura tous les hommes à ses pieds. » Un prénom, ça peut porter. C’est fait de vibrations affectives. Les chercheurs ont même dégagé une règle sur la « désirabilité sociale » d’un prénom. Plus un prénom est fréquent, plus il sera apprécié car la familiarité engendre souvent la préférence. De même que « certains prénoms accrochent : les adultes et les copains y associent des valeurs positives » rappelle Nicolas Guéguen, chercheur en psychologie sociale et auteur de 100 petites expériences de psychologie des prénoms. L’évocation d’un prénom qui plaît à la majorité sera donc accompagnée > Si on ne l’aime pas, on peut le changer < choisissent d’en changer pour se dégager de son carcan et prendre un nouveau départ. La majorité d’entre nous se contente cependant « d’adopter » son prénom et de trouver un compromis acceptable entre ses propresprojetsetceuxqu’onluiaattribués.Ilfautdireque la tâche est parfois lourde à porter : à la naissance des enfants, les parents projettent sur eux tous les espoirs qu’ils ont nourris sans pouvoir jamais totalement les assumer. Ils choisissent souvent le prénom qu’ils auraient aimé porter ! ■ l
.•1B f fi,r.►..r...'.7..,'see sr• rMft f - - SiDIF-IAlr1 FpyP r - SMIIMP151. b t l'/'_',r i sr t It A i1• 410, irFP, Firma ; E- V• ilswv - n -• kAr : Fr'r• S Wit- poem=.- r 15 ; r9rr-. ► - z.. r _. : I. - - WM. MVP Sabi, a ; ‘ t:L bobdu11 - Fotolia d’une remarque valorisante ou d’un geste de tendresse, une main passée dans les cheveux de l’enfant par exemple. « Un prénom rare, difficile à prononcer, provoquera des questions, des moqueries, ou encore des froncements de sourcils. Cette situation sera vécue des milliers de fois par l’enfant. » Il existe donc un cercle vertueux : un prénom qui plaît engendrera des réactions positives de l’entourage qui viendront renforcer l’auto-appréciation de l’enfant. Si la psychologie des prénoms est un thème de recherches abondant outre- Atlantique, où The American Name Society étudie l’influence des noms et prénoms depuis 1951, la recherche française ne s’y intéresse pas. Une étude américaine datant de 1946 reste la référence. Elle a permis de dresser la liste des critères d’auto-appréciation du prénom : la sonorité agréable, la prononciation aisée, le fait qu’il soit court et qu’une personne aimée le porte également. Et si ces critères affectaient la personnalité ? Le professeur Charles Joubert de l’University of North Alabama, s’est penché sur cette question. Dans une étude de 1991, il a observé qu’il existait une corrélation positive entre l’appréciation de son propre prénom et l’estime de soi. Plus récemment, ce résultat a été complété : à l’estime de soi s’ajoutent la satisfaction dans la vie, une humeur plus positive, une plus grande propontion à être heureux. Au contraire, les spécialistes observent qu’un enfant dépréciant son prénom souffre plus de solitude. Toutes ces études font état de corrélations et ne prétendent pas donner des relations directes de cause à effet entre un prénom et l’état émotionnel de son porteur. Une autre étude datant de 2004 a mis en évidence que certaines sonorités influençaient la perception de l’attrait physique d’une personne. Une chercheuse a demandé aux internautes d’un site américain de rencontres d’évaluer la beauté physique de 24 portraits associés à des prénoms. Surprise : pour une même photographie, l’appréciation variait en fonction D.R. du prénom attribué. Par la suite, la même question était posée une fois que les prénoms aient été changés... Ce qui a montré que le pouvoir de séduction était intimement lié à la sonorité du prénom. Du livre des prénoms Si l’appréciation du prénom est importante dans l’auto-évaluation, notamment de son estime personnelle et de la crédibilité que chacun pense avoir ou non, il n’intervient pas à 100% dans la personnalité et surtout ne définit pas les capacités d’un individu. Le prénom ne donne pas à toutes les personnes qui le portent les mêmes caractéristiques et la même personnalité ! Les porteurs d’un même prénom partageraient simplement des caractères communs. C’est le sens même du Livre des prénoms. On parlerait alors de prénom identificateur. Cela peut s’expliquer par le fait que les lecteurs auraient tendance à respecter ce qui s’y trouve écrit et que les parents piochent dedans pour faire en sorte que leur enfant ait ces caractéristiques. « L’idée qu’il détermine les traits de caractère contient une part d’exactitude, estime Joël Clerget. Mais on ne peut pas ramener tout l’individu à cette interprétation. Et quand on compare les éditions d’un même ouvrage, à vingt ans d’intervalle, elles disent des choses opposées. Par exemple, Stéphane, hier introverti, est devenu un extraverti ! » Même si les croyances peuvent influer sur l’éducation (« C’est un enfant turbulent, pas étonnant, tous les Martin le sont ! »), nombre d’individus partagent le même prénom, non le même destin. Pourtant, le fait de porter celui d’une star, d’un savant ou d’un héros peut entraîner un processus d’identification. N’accorde-t-on pas un intérêt particulier à une personne célèbre qui porte notre prénom ? Certains peuvent avoir envie de l’imiter et en être galvanisés. ■ À lire 100 petites expériences de psychologie des prénoms de Nicolas Guéguen, éditions Dunod Le choix du prénom de Jean-Gabriel Offroy, éditions Martin médias ■ Question-pratique ? Question pratique 7



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