Question Pratique n°46 jan/fév/mar 2014
Question Pratique n°46 jan/fév/mar 2014
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°46 de jan/fév/mar 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 19,1 Mo

  • Dans ce numéro : régler les problèmes, 100 astuces pour sortir des conflits.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Vie quotidienne LA V IE QUOTIDIENNE D.R. Faut-il se méfier des statistiques ? ce que ces statistiques peuvent avoir de trompeur. Puisque chaque enseigne proclame fièrement sur son site dédié que le moins cher c’est lui. Auchan, Carrefour et Leclerc s’affirment chacun les moins chers sur un échantillon hautement significatif de produits. Pourtant, en toute bonne logique, il ne devrait y avoir qu’un seul vainqueur. C’est que les statistiques sont souvent trompeuses et nécessitent de faire attention à plusieurs points que les publicitaires se gardent bien de préciser. Une des premières sources d’erreur ou de possible tromperie concerne la façon dont les valeurs statistiques sont élaborées. De multiples exemples peuvent expliquer une augmentation ou une diminution. Par exemple en 2008, l’État s’était vanté d’une augmentation importante du salaire moyen des fonctionnaires sans que celui-ci ne bouge « individuellement ». Comment cela était-il possible ? Tout simplement parce que cette année-là on a intégré des dizaines de milliers de fonctionnaires peu qualifiés de la fonction publique « nationale » à la fonction publique « territoriale ». De même, en 1959, a-t-on assisté à l’augmentation importante des surfaces cultivées en France, conséquence directe d’une modification sur l’impôt foncier (qui rendait intéressant pour les agriculteurs le fait de déclarer comme « prairie » ce qui était autrefois considéré comme friche). Ces questions rendent souvent les comparaisons internationales peu opérantes. C’est pour cette raison qu’on a édicté des normes rigoureuses sur la façon de récolter des chiffres. Il est à noter que peu de « pays émergents » respectent ces normes (en particulier la Chine qui, même si elle fait des efforts, ne respecte toujours pas ces normes). L’organisation internationale du travail (OIT) qui est l’organisme certificateur pour les statis- « Les faits sont têtus, il est plus facile de s’arranger avec les statistiques » disait Mark Twain (écrivain, essayiste et humoriste américain). Le domaine des calculs et des raisonnements statistiques est plein de pièges, d’évidences trompeuses, et même d’arnaques : soyons sur nos gardes, car l’intuition est souvent mauvaise conseillère. Nous sommes de plus en plus confrontés à des statistiques. Que ce soit pour la question du pouvoir d’achat (les prix ont-ils ou non augmenté sensiblement à la création de l’euro ?), des questions liées à l’emploi ou aux salaires mais aussi sur la question des offres de connexions à Internet (le débit moyen permettant d’argumenter sur la qualité de la liaison) des statistiques de toutes sortes nous sont fournies. Les acteurs de la grande distribution se sont lancés à leur tour dans cette inflation, chacun son site « comparateur » afin de constater les différences de prix des enseignes. Et c’est à ce niveau qu’on peut mesurer 6 Question-pratique ? Pourquoi magazine -10 - Octobre/Novembre/Décembre 2013 D.R. Le saviez-vous ? L’indice des prix est fourni par l’Insee mensuellement. Il sert au calcul de divers minima sociaux et du SMIC. Il est basé sur un échantillon de 5 000 produits et services affectés d’un coefficient reflétant leur part dans la consommation globale (on achète moins souvent une voiture que du riz, mais ces deux produits interviennent dans le calcul de l’indice). Cet indice est très discuté, les centrales syndicales fournissant elles-mêmes un indice qu’elles calculent à partir d’un « panier » de produits reflétant la consommation d’un salarié « typique » (au salaire « médian », donc !). ■
Question pratique D.R. Le saviez-vous ? … LE JOURNALISME DE VÉRIFICATION … OU FAST-CHECKING ! Le « fast-checking » est une pratique journalistique venue des États-Unis et consistant à « vérifier » les déclarations des hommes politiques ou des entreprises, en particulier les statistiques qu’ils mettent en avant. Elle comprend une part de vérification, mais aussi de décodage, en particulier quand cela concerne l’usage des statistiques, utilisées abusivement en dehors de leur domaine de validité ou interprétées. ■ tiques relevant de son domaine de compétence déplore par exemple le fait que de nombreux pays refusent de souscrire à ses recommandations. La statistique peut être comme la langue d’Écope la meilleure ou la pire des choses Un autre point susceptible d’induire en erreur concerne la notion trompeuse de moyenne. C’est pour cela qu’on parle non seulement de moyenne, mais aussi de médiane et d’écart-type. Il se trouve qu’il s’agit de plusieurs moyennes, qui ont chacune leur spécificité. La moyenne « arithmétique » est la plus connue et la plus simple. Elle consiste à faire la somme d’une suite de valeurs et à la diviser par leur nombre. Elle n’est pas forcément significative si le nombre de valeurs est faible et qu’une des valeurs est très différente des autres. Par exemple, dans une petite entreprise de cinq salariés payés au salaire minimum et un patron dont les revenus sont de 50 000 € par mois, le salaire moyen est de plus de 10 000 €, ce qui n’est évidemment pas significatif. On utilise D.R. également la moyenne « géométrique » et « harmonique », et la notion « d’écart type », l’écart moyen entre les valeurs (c’est quand l’écart type est faible qu’une moyenne est significative). L’autre notion très utile est celle de « valeur médiane ». Elle concerne 50% des valeurs (dans le cas proposé, la valeur médiane des salaires est le SMIC). Pour exemple, en 2010 le salaire moyen était de 2 082 € mensuels et le salaire médian de 1 608 € selon l’Insee. Un autre présupposé trompeur des statistiques concerne les corrélations. Il s’agit de toutes les informations qui prétendent établir une relation entre un effet et une cause. Par exemple, il y a bien corrélation (et relation de cause à effet) entre la consommation de tabac et certains cancers. Mais cette relation peut aussi être trompeuse. Il y a une statistique qui montre que les gens qui chaussent des souliers d’une taille supérieure à 45 commettent trois fois plus de meurtres que ceux qui chaussent entre 40 et 42. Cela impliquerait-il que les grands souliers induisent des comportements meurtriers ? Rien n’est moins évident… En fait la corrélation réelle est liée au sexe : il se trouve que les comportements meurtriers se retrouvent principalement chez les individus de sexe masculin. Pourquoi magazine -11 - Octobre/Novembre/Décembre 2013 D.R. Au début des années cinquante, on a constaté une corrélation extrêmement élevée entre la consommation de bière sur la côte ouest des États-Unis et la mortalité infantile au Japon. En réalité, ces deux éléments n’avaient bien sûr rien à voir l’un avec l’autre. Sauf que les deux étaient provoqués par une cause commune : une grosse vague de chaleur qui s’était installée dans le Pacifique, causant d’une part de graves problèmes sanitaires dans un Japon exsangue et d’autre part entraînant une consommation accrue de boissons fraîches aux États-Unis. Beaucoup d’études scientifiques ou prétendues telles sont victimes de ces interprétations abusives. En effet, on peut trouver dans bien des domaines des corrélations de facteurs qui ne sont liés que par leur cause commune. Certains industriels et communicants n’hésitent d’ailleurs pas à se servir de calculs de corrélations pour mettre en avant des conclusions avantageuses pour leurs produits. C’est notamment le cas dans l’industrie alimentaire qui nous assène régulièrement de nouvelles vérités sur les vertus supposées de certains aliments pour la santé, la longévité, la protection contre le cancer ou les maladies cardiovasculaires. À force d’erreurs, on en finit parfois par douter des informations contradictoires que l’on reçoit de la communauté scientifique. La statistique peut être comme la langue d’Écope la meilleure ou la pire des choses. Il convient de se méfier des pièges qu’elle recèle tout en se servant de ses résultats malgré tout. ■ Question-pratique ? D.R. 7



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